SUR LA MORT DE LOYS DU GAST
MAISTRE DE CiMP DE LA GARDE DU ROT
Ne semez point des fleurs sur la tombe sacrée Du valeureux le Gast, vive flame de Mars,
i Le cardinal de Lorraine (Charles de Guise) était né h Joinville le 17 fè. vricr 1525. il fut ministre sous François 11, sous Charles IX, et sacra Henri III. Adversaire déclaré de la tolérance, il essaya d'introduire chei nous l'inquisition et provoqua le fameux colloque de Poissy. La ligue n'eut pas de chef plus zélé- 11 aimait, protAgeait néanmoins les savants et les StF* tirateurs. Le 23 décembre 15'. i, il termina sa funeste carrière. Le cardiari de Guise (Louis I" de Lorraine) vint au monde le 81 octobre ISIT. ta haute naissance lui ouvrit le chemin des honneurs. « C'estoit, dit rGilob, un bon homme, peu remuant. On l'appeloit le cardinal des bouteilles, pares qu'il les aimoit fort et ne se méloit gueres d'autres affaires que de ttBm de la cuisine. »
* Louis Béranger du Guast, favori de Henri III, fut enivré par sahmltfcr"
EPITAPUËS. 475
Nais des marques de guerre, escus, lances et dards; Autre ornement funèbre à sa cendre n'agrée.
Qu'on n'entende à l'entour les accens misérables Des nymphes, des pasteurs, des Amours lamentans ; Mais que la forte voix des meilleurs combattans Célèbre son obseque et ses faits mémorables.
Jamais le ciel ne mit plus d'addresse et de grâce, Ni de force en un corps^ ny cœur plus asseuré; Et s'il ne l'eust si-tost d'entre nous retiré, La France auroit son Mars aussi bien que la Thrace.
Dés sa première enfance, en vertus accomplie, Ayant d'un beau désir le courage embrasé. Il s'estoit comme un but en l'esprit proposé Que pour aimer la gloire il faut haïr la vie.
En cent et cent combats, dont France est trop fertile, Soustenant de son roy le fidelle party, Cent fois les plus vaillans son effort ont senti, Et l'estimoient des siens le rampart et l'Achile.
En fm demeuré sauf des guerres plus cruelles. Durant qu'en tans de paix il se va moins gardant. Un soir on le massacre, et tombe en respandant Plus d'honneur que de sang de vingt playes mortelles.
0 rigoureux destins dont France est combatufi ! Mars au discord commun luy ravit ses enfons, Puis, ceux qu'on voit rester vainqueurs et trionfans, Au giron de la paix laschement on les tué.
DE LUY-HESHE
Le Gast, qui sous Brissac, nourritm'e avoit prise. Et qui seul imita ses desseins généreux, Eut le cœur grand et beau, l'esprit avantureux, Pour luy du plus haut ciel basse estoit l'entreprise.
En ce tans triste et feint il vescut sans feintise, IS'estima les plus grands, mais les plus valeureux; D'argent il fit jonchée, et ne fut désireux Pour tout bien que de gloire ouvertement acquise.
itinc au point de I raiter a vec insolence les plus grands personnages. Il n'éparijii.iil pas les dames de la cour et diffamait publiquement la reine Hargu»i-ite de Nav.-irre. Cette princesse, d'accord avec le duc d'Alençon, le fit tuer dans son lit par le baron de Viteauz, alors caché au monastère des Auguitins pour éviter les coAséquencee d'un meurtre précédent. Il avait hiinu'ine lue beaucoup de schismatiques pendant la Saint-Barthélémy. Sa mort eut lieu le 3t octobre 1575, à dix heures du soir. L'assassin fiit recuailli p ir le duc d'Alençon et condamné seulement à des dommages-intir^s. Le roi m enterrer pompeusement son mignon.
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Oue fcroHs-iious, ô chetifs! desonnais?
L'appuy des bons, le recours et la paix Ucvole au ciel, sa première origine.
Ton cœur, ù Dieu 1 devoit estre assouvy I>u sang gaulois, du roy si-tost ravy, î^ans arracher cette plante divine.