SUR LA MORT DE LOYS DU GAST
MAISTIUB DE CAlfP DE IJk GARDE Dl' ROT
Ne seiuez point des lleurs sur la tombe sacrée Du valeureux le Gast, vive flame de Mars,
i Le cardinal de Lorraine (Gharies de Guise) était né & JoinviUe le 17 février 1525. il fut ministre sous François H, sous Charles IX, et sacra Henri III. Adversaire déclaré de la tolérance, il essaya d'introduire ches nous l'inquisition et provoqua le fameux colloque de Poissy. La ligue n'eut |>as de chef plus lélc. Il aimait, prolAgeait néanmoins les savants et k» StF» tiralcurs. Le iô décembre 1574, il termina sa funeste carrière. Le cardoal du Guise (Louis I*' de Lorraine) vint au monde le 81 octobre lUT. ta haute naissance lui ouvrit le chemin des honneurs. « C'estoit, dit nSitoia, un l)on homme, peu remuant. On Tappeloit le cardinal des bouteilles, pares qu'il les aimoit fort et ne se mêloil guer^ d'autres affaires que de eafloi de la cuisine. »
* Louis Béranger du Gu»st, fevori de Henri 111, fut enivré par sa fa
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Mais des marques de guerre, escus, lances et dards; Antre ornement funèbre à sa cendre n'agrée.
Qu'on n'entende à l'entour les accens misérables Des nymphes, des pasteurs, des Amours lamentans ; Mais que la forte Yoix des meilleurs combattans C(;Iebre son obseque et ses faits mémorables.
Jamais le ciel ne mit plus d'addresse et de grâce, Ni de force en un corps^ ny cœur plus asseuré; Et s'il ne l'eust si-tost d'entre nous retiré, La France auroit son Mars aussi bien que la Thrace.
Dès sa première enfance, en vertus accomplie, Ayant d'un beau désir le courage embrasé, Il s'estoit comme un but en l'esprit proposé Que pour aimer la gloire il faut haïr la vie.
En cent et cent combats, dont France est trop fertile, Soustenant de son roy le fldelle party, Cent fois les plus vaillans son effort ont senti. Et l'estimoient des siens le rampart et l'Achile.
En un demeuré sauf des guerres plus cruelles. Durant qu'en tans de paix il se va moins gardant, Un soir on le massacre, et tombe en respandant Plus d'honneur que de sang de vingt playes mortelles.
0 rigoureux destins dont France est combatuC ! Mais au discord commun luy ravit ses enfans, i*uis, ceux qu'on voit rester vainqueurs et tiionfans, Au giron de la paix laschement on les tué.
DE LUY-MESME
Le Gast, qui sous Brissac, nourriture avoit prise. Et qui seul imita ses desseins généreux, Eut le cœur grand et beau, l'esprit avantureux. Pour luy du plus haut ciel basse estoit l'entreprise.
En ce tans triste et feint il vescut sans feintise, IS'estima les plus grands, mais les plus valeureux; D'argent il fit jonchée, et ne fut désireux Pour tout bien que de gloire ouvertement acquise.
lune au poiiilde Iraiteravec insolence les plus grands personnages. Un'épar^ ijii.iit pas les dames de la cour et diffamait publiquement la reine Hargu»i-iiu de Nav.niTc. Cette princesse, d'accord avec le duc d'Alençon, le fit tuer dans son lit par le baron de Viteaux, alors caché au monastère des Augustins pour éviter les coAséquencee d'un meurtre précédent. Il avait luiincine lue beaucoup de schismaliques pendant la Saint-Barthélémy. Sa mort eut lieu le Si octobre 1575, à dix heures du soir. L'asiiassin fut recueilli p >r le duc d'Alenyon et condamné seulement à des dommages-intérêts. Le roi m enterrer pompeusement son mignon.
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Il aida ses amis, ses ennemis chassa, Et tous ses compagnons en faveurs surpassa, Fut fidelle à son maistre et gaigna son courage.
En An, la nuict, au lict, foible et mal disposé. Se voit meurtrir de ceux qui n'eussent pas osé En plein jour seulement regarder son visage.
DE REHY BELLEAU*
0 qu'un grand reliquaire est clos en peu d'espace! Viateur, prens-y garde : en ce lieu si sacré Avec un seul Belleau tu peux voir enterré Phœbus, Amour, Mercure et la plus chère Grâce
J*avois creu jusqu'icy que fa céleste race S'exemptoit du passage aux moitels préparé, Hais je voy par sa fin le contraire avéré, Voyant mourir en luy tout le chœur de Parnasse.
Jamais plus rare esprit d'un corps ne fut vestu; Ce n'estoit que. douceur, que sçavoir, que vertu, Dont mainte grand' lumière en terre estoit randuë.
Maintenant d'un cercueil tous ces biens sont enclos; Non, je faux, le tombeau n'enserre que les os, Et par tout l'univers sa gloire est espanduê.
son LA MORT DE JACQUES DE LEVY
SŒCR QCELUS*
QuELus, que la nature avoit fait pour plaisir. Comme une œuvre accomplie, admirable et divine, Portoit Amour aux yeux et Mars en la poitrine; Rien d'égal, entre nous, ne se pouvoit choisir.
Le voyant, on brûloit d'envie ou de désir;
> Voyez la note de la page SI.
- Mignon de Henri 111, mort à la suite d'un duel. Le ST avril 1578, pour vider une querelle légère qu'il avait eue, le jour précédent, avec d'Entr»gues, protégé des Guises, il se rendit, à cin-{ heures du matin, au marehi aux chevaux, près de la Bastille. Maugiron et Livarot lui servaieiA de seconds : I.iberac et Schomberg accompagnaient son antagoniste. Maugiroo et Schombers; demeurèrail morts sur la place ; Riberac décéda le lèttdemain ; Livarot fut six semaines au lit et guérit ; Quelus rt*çot dix<4ieuf coups, Innguit trente-trois jours et expira le 9 mai, au grand dègespoir du roi- Le prince avait fait tendre des chaînes dans ki nie Saint-Aiilonie po*ir le préserver du bruit des voilures. « Il aidoil k le panser et le a ses propres mains, u dit l'Estoile.
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Il fut de grand courage et d'antique origuie, Ayant l'âme invincible, aux vertus toute encline, Que la soif d'amasser n'eust sçeu jamais saisir.
En fin, croyant trop fort son cœur et sa jeunesse, Un combat sans pitié de tnûs à trois se dresse, Où, comme ils monstrent tous maint valeureux effort,
L'un des siens est tué, deux du parti contraire. Lui, blessé, peut guarir, mais il ne lèvent faire. Ayant honte de vivre après son amy mort
DE LCY-MESME
QuELos avoit du ciel les beautez plus parfaites : Il n*estoit point humain, l'œil, le geste et le port L'accusoient pour un dieu. Croyons, puis qu'il est mort, Que les deîtez mesme an trespas sont sujettes.
La fin de Sarpedon, de Menmon et d* Achille Jamais au cœur des dieux n'esmeut tant de douleurs ; Phebus sur Hyacinthe espandit moins de pleurs, F.t Tennuy de son fils * luy sembla plus facile.
Au bruit de son trespas, soudain. Venus la belle Eschauffa tout le ciel de soupirs infinis, Renouvellant l'obseque et le dueil d'Adonis, Et pour mourir sur luy se souhaita mortelle.
Diane aux noms divers, qui les forests habite, Encor que la pitié peu la puisse esmouvoir. Brisa son arc d'angoisse, estimant de revoir Le beau corps tout sanglant du trop chaste Hippolyte.
Les Grâces sans confort rompant leurs blondes tresses En semoient son tombeau, qui de lys blanchissoit; La Jeunesse affligée à l'entour gemissoit, L'Honneur, la Courtoisie et mille autres déesses.
Et, bref, les deîtez Airent toutes contraintes. En ce triste accident, de monstrer leur eimuy; La beauté seulement ne fit lors point de plaintes, Car elle print naissance et mourut quand et luy.