I.OLAH
Est-il vrai que, devant les hommes, II en est qui , comme nous sommes , Souvent, le soir, chantent en chœur?
TOUTES
Ah ! quelle horreur !
D. JUAN
Et même aux regards idolâtres.
Elles dansent sur les théâtres Et de tous enivrent le cœur.
TOUTES
Ah ! quelle horreur !
KATINKA
Nous dansons, nous chantons, mais c'est pour notre maître.
Pour notre maître redouté ; Plus heureuses du joug où le ciel nous fit naître
Que de leur folle liberté.
que notre paisible vie Est douce en ce sacré séjour !
Est-il rien si digne d'envie Que d'obéir avec amour !
Plu!=i favorable qu'on ne pense Au roseau , par le vent battu , JiC harem l'abrite, et dispense De veiller même à sa vertu.
Vers les coutumes étrangères Porterions-nous de vains regrets?
Aux Européennes légères, Nos voluptés sont des secrets.
Les parfums , le chant et la danse , La toilette et les longs loisirs , Et le bain parfumé d'essence , Et l'amour, ce sont nos plaisirs.
Ailleurs , follement entourées De vœux, d'amants et de mépris.
Ici, nous marchons honorées A régal des chastes houris.
Dans les prés, autour du Bosphore, Aux vallons de Bouyoukdèré, Si nous passons, on nous honore Comme un sexe pur et sacré.
I^s hommes, à notre passage, N'osent lever les yeux sur nous,