RESPONCE
«or TEpistre «nvoyée mi roi par CMment Hàrot >.
A toy, Clément Marot, j'envoye Sur la tienne épistre Tespoace; Mais la mienne, en place et en voye De bén esprit ne poise une once.
lement Marot, ton Ëpistre excellente, Trop plus que roze en doulceur redolente, A mes espritz de souefve liqueur Entièrement resjouiz, et mon cueur.
I. Voyez Œuvres de Marot, édition Lenglet Dnfresnoy, La Haye 1731, épistre a8, au roy, pour aroir esté desrobé tome n, p. 93«
4<{ ËPI8TEBS.
Et pour aiabuai qu'eUeesi de haaltei touchiei , De t'exai^lcM* par escripl et de bouche Desirm'es^ prias, voyant Um dit et stiio,.
Qui n'QâVauïjeot n'a gloae &!à pastille* * >
Tant test ardu et fondé, en sçavoir, Que ne m» puis assouvir de le veoir.
S'en ton Qpiatre au Roy tu 4e complainst.
Tes moyens sont de juste raison plains; - ' Ton serviteur, garay d'iniquité, S'est envers toy meschanunent aoquké' De s'essaiyer mectre en peyne les mains ^ Pour te rober ; ce sont cas inhujQains,.
Et mesmement à gens qui ont /art gent , De se trouver sans or et sans aident.
Tu n'es pas seul , car en telz accidens, Que je maintiens périlleux incidens, Par plusieurs fois, dont trop il m'a mescheu, Souvent y suis malheureusetnent cheu , Et m'a £Bdltt , maulgré moy, prendre en gré, Et de malheur descendre le degré.
Mais ung moyen meilleur tu as que moy; Car, pour oster de ton courroux l'esmoy, Le Roy ne fault à bien garnir ta bourse Quant il te veoit desplaisant ou rebourse.
Riens né me Vault de me plaindre et crier Qu'on m'a robbé, supposé • que prier J'en sçay assez la manière et ^açon ; Povre je suis trop plus qu'ayde à niaçon ,
K. Pourtant, en ce qni regarde prier, etc»
ÉPrstRBS. 47
Et par fortuné autant infortuné
Qu*oncq homme fat , et d'elle importuné.
Remède aucun n'y puis appercevoir
Ne mon esprit ne le peult coûcepvoir, '
Si mon bon Dieu, par sa grande amitié,
Il n'a de moy en bien brief temps pitié, '
D'autant que n'ay, délaissant grant langaige
De prince ou roy ne pention ne gaige.
Or, par la peur de te fastidier
Ou ennuyer, ou trop t'attedier,
Je feray fin à ma lettre inutile,
Où il n'y a art, ne façon subtile.
Gomme pourras congnoistre en la lisant ;
Te suppliant, comme bon devisant,
Me retenir d'ung franc cueur magnanime
Ton serviteur d'esprit pusillanime, ^
Et m'excuser, comme homme qui reeaeuvre
Quelque prouffît au moyen de son œtfvre ;
Priant à Pieu te donner ea monjoye
Escus, ducas, santé, honneur etjoye*
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