‹ Œuvres de Roger de Collerye (volume 2)Chapitre 30 sur 123 · I. An nid · texte numérisé non relu

I. An nid

a. Sans doute, en un petit coin; cuinet, petit coin, encore msité dans le patois Boulonnois.

DU RÉSOLU. 6i

L'autrier soir, mon œil guignoit Une mignonne fort humaine Qui contre moi se desdaignoit , Ou à tout le moins se faignoit, D'une face assez mondaine '.

Devant son huys je me pourmaine Soubz Tespoir de parler à elle.

Son mari vient, qui se demaiae Et me dit : « Galant, qui vous meine?

» De ce quartier tirez de Telle. »

Pour garder Thonneur de la belle Je n'y feiz pas longue demeure.

Puis le mari à sa fumelle Hongne, frongne, grongne, grumelle Par l'espace d'une grosse heure.

Près la maison , je vous asseure, Mot à mot je ouyz leur devis.

Le mari brait , la femme pleure :

a Enné ! Si Dieu ne me sequeure , » Je mourray d'ennuy, se je vis ; » Vous avez très mauvais advis, » Car sans cesser me tourmentez.

» Si mignons sont d'amours raviz » En leurs espritz joyeulx et vifz » Qu'en puis-je mais? Brief , vous mentez, » Mon mary; si vous y sentez » Quelque chose, si me le dictes. »

I. Quoique d'une face trop mondaine pour autoriser une telle apparence de réserve.

6>» MONOLOGVH

— « Ouy, par Dieu , car vous les t«mptez ,

» D'ung tas de souhaictz les crettez * ,

» Et voz yeulx en font les poursuictes. »

Après plusieurs autres redictes

Proférées par ledict mari ,

Tost après se trouvèrent quictes

De leurs parolles trop despites,

De quoy je ne fuz pas marry.

Ung mot fut dict, dont je me ry.

Par la mignonne, fort propice,

Moult bien taillé et escarry

Qu'elle avoit aprins en Becry.

C'estoit unjg mot de haulte lice.

Qu'il y ayt cautelle ou malice

En elle, non , comme je pence,

Aussi ne suis-je pas si nice.

Ne pareillement si novice ,

D'en dire mal en son absence,

Encores moins à sa présence.

S'ainsi estoit, je mentiroye.

Elle est belle, bonne, en substance.

Je le prens sur ma conscience

Dire autrement je ne sçauroye ;

Or, en effect, je me feroye

Tuer pour elle et assommer

Batre, navrer jusqu'à grand playe.

' X. Vos» le» mettez en t6te, voiu leur fUtes relever la <ftt»<f«ri«e dMai^fae^temi Inff loifiNs. VmP*Ht0 fimt-il Ure: quêtez.

BU Ri€OLV. 0^

Foy de mon'ocvpg, elle «t taat ^y« Que je sukiGoiitramct de r«ymer.

Si quelcun m'im vsDoit UauDer Contrefaisant le loriqniit, Je lui dirais tost, sans cbommar»

Ung bien brief mot, pour to<aif nwr Et faire taire le coquai:t.

Tantost je me .tire à J'.escact, La nuyct survint, piu0 Je .me MHete.

De soupper j'en donne ma paii.; Le Résolu , comme il appart , N'est pas fort subject à fia.bQiMib0.

Le jour venu je me deacouch».

Fu&-je ' accouatfé,ins-j6 agencé.

Bien pigné, miré, je jae moueha; Je sors, je pars, -pois je m'appooidie Près son huys, où je fuz tenté, Pour en estre recompenaé.

Fortune «nToya le milaurt Jouer aux champs, meagre, aâkeMoé, Triste et pensif, presque iauniaé.

De jalousie sot et lourt.

La dame me veit sur le j;ûiirt *, Gay «t gaillart , eelon la mode ; Elle m'appelle brief et court; J'entre gayment dedans sa court Aussi fier qu'ung ray Herode *.

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