COMPLAINCTE DE LA PARTYE
que faict nng amy de son amye.
n pleurs et plainctz, faisant mille regretz, Je me complainctz de ma treschère amye Qui jour et nuyct me tient termes esgretz.
Je Tayme bien, mais el ne m'ayme raye,
En dictz et faictzje la trouve endormye;
Puis certain temps eir est toute changée,
Pour ung villain où elle s'est rengée.
Long temps y a que d'elle fuz surpris
En vraye amour, loyalle de ma part.
Mais j'apparçoy que j'ay perdu le pris
Puisque de moy veult faire le départ.
Je m'atendois, ainsi comme il appert,-
Que nostre amour dureroit à jamais.
Certes non faict. Hellas, je n'en puis mais.
D'elle je suis si trèsprins etravy.
Que quant ce vient que je la baise ou taste
i6a COHPLAINCTES.
Pour en jouyr, ce que jamais ne vy Mon instrument devient mol comme paste.
Lors de grant dueil je me trouve tant maste Que je vouldrois estre en terre perdu.
J'ay veu le temps que j'estois son souhait, Son seul plaisir, sans autre aymer ne querre. Le jeu d'amours elle faisoit dehect * Autant et myeulx que femme sur la terre.
En y pensant le povre cueur me serre Voyant qu'il fault d'elle me départir, Prandre congé, dire adieu et partir.
En ung pays où ne croissent nulz vins, Je m'en yray faire griefve complaincte ; Huyt ou neuf moys il y a que j'en vins Et ay depuis enduré douleur maincte, Ma pensée est de couleur noire taincte.
Et mes espritz environnez de deuil, Gecter m*en fault mille larmes de l'œil.
Or adieu donc celle qu'ay tant aymée Qui m'a laissé pour ung autre choisir.
Des vrays amans vous en serez blasmée Lesquelz ont prias à aymer grant plaisir.
Vous seuUe estiez ma joye et mon désir, Vous seuUe estiez mon amoureux soûlas ; Pour reconfort me convient dire, helas.
Adieu, Paris, cité de grant renom.
Adieu vous dis, mon hoste et mon hostesse, Doibs-je partir sans vous dire adieu ? Non,