‹ Œuvres de Roger de Collerye (volume 2)Chapitre 64 sur 123 · COMPLAINCTE DE L'INFORTUNÉ · texte numérisé non relu

COMPLAINCTE DE L'INFORTUNÉ

Et de regrectE importuné *.

onsiderant le cours de vie humaine, Mon simple estât, train tel quel, et

[domaine *, Qu'il n'est besoing le mettre en in-

[ventaire,

I. Cette plëoe est ineontestablemeni 1a pins belle de tout le yolnme ; les cinquante premiers vers surtout sont écrits avec «ne grandeur et une simplicité de style remarquables; ees deux qualités, dont la réunion est très-rare )i cette époque, encadrent , . dans des vers corrects et énergiques, des pensées tantôt naïvement dites , tantôt rendues avec un grand bonheur d'images, tontes choses qui font de oe morceau un modèle de Téloquenoe de ce temps.

a. Domaine, sous-entendu tti, qu'il n'est besoin, etc.

COMPLAINGTBS. i6S

N'enregistrer, mais trop mieulx de le taire, Certain je suis que des biens terriens Après la mort n'emporte en terre riens Le riche et plain, soit-il gras ou me^ret, Fors ung linceul. Posé qu'il soit esgret Passer le pas, où le grant, le petit, Gomme je croy, n'y prent nul appétit.

Ce neantmoins, sans avoir ordonné *, Du Créateur a esté ordonné Qu'il nous convient tous mourir sans appel Et de laisser en la terre la peL Où l'âme va, je n'en sçaurois juger; A Dieu en est, non à aultre, adjuger Se Paradis ladicte ame possède , Car luy tout seul le permect et concède.

Et pour autant que escuz, ducatz à veoir Sont fort plaisans, il en faict bon avoir.

Pareillement revenuz et offices.

Meubles foison *, et aussi bénéfices, Sans -les avoir injustement acquis, Et en user ainsi qu'il est requis, Car à la fin il n'y a si ne qua, Rendre il en fault le compte et reliqua.

Trop mieulx vauldroit se veoir bei^er es champs Que d'estre au ranc et nombre des mescfaans^ Et mal mourir. terreur merveilleuse I povre fin! o fin tresperilleuse,

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