‹ Œuvres de Roger de Collerye (volume 2)Chapitre 66 sur 123 · I. Souft-entenda tUe (cette envye · texte numérisé non relu

I. Souft-entenda tUe (cette envye

COMPLAINCTBS. 167

De 6e qui m'est nécessaire au besoing A l'ame et corps, avant finer mes jours, Et délaisser du monde les séjours, Le requérant m'estre misericors • A l'ame plus quMl ne convient au corps.

Nonobstant ce, ma requeste signée Encores n'est, n'aussi entérinée.

Las ! je ne sçay si c'est pour mon péché Que n'ay esté ouy et despesché, Ou que mon cueur n'a voulu consentir De ne fleurer ce qu'il devoit sentir.

Or, povreté joieuse et voluntaire, Seure vie est, et tresfort salutaire, Mais tant y a, avant que s'y offrir , Comme l'on dit, elle est griefve à souffrir.

Peu de gens a qui aujourd'huy la quièrent, Ne de l'avoir le bon Dieu ne requièrent ; Ce neantmoins, pour mon cas avérer Délibéré je suis persévérer De le prier de tresbon cueur, affin D'estre pourveu de luy avant ma fin.

Plus ne me fault actendre à mes amys, Décédez sont, et en la terre mys.

Qui m'a esté une excessive perte Que j'ay congnu et congnois bien aperte, Car j'ay depuis leur trespas et decez De povreté enduré les excès.

Nécessité tant m'a importuné Que me voyant ainsi infortuné

x68 COMPLAINCTES.

Et desnué d'amys de grant valeur, Avec lesquelzjsouventesfoys va Ubeur, Advis m'est prias de tout point me tyrer Devers quelcun (et de moy retirer) Plain de valleur et de noble vouloir Qui puissance a de me faire valloir ; Et lequel m'a doulcement accueilly Et de bon cueur reçeu et recueuilly Dont et de quoy en rends grâces à Dieu, Le suppliant luy donner place et lieu Lassus es cieulx, au partir de ce monde> Où tout soûlas et toute joye habonde, Et inspirer le dict seigneur prédit De me pourvoir, comme autrefoys m'a dit, De quelque bien, sans y contrevenir, Gomme il verra, pour le temps advenir.

Faire le peult, s'il s'y veult employer.

Sans son trésor nullement desployer ; S'il me failloit, je n'ay aucune attente De nul qui soit, de quoy ne me contente.

Mais attendant sa grâce expectative Plaine d'amour et tresconsolative Je vacqueray, en dévote oraison, Prier Jésus de luy toute saison Si que de cueur et de bonne amitié L'Infortuné il regarde en pitié.

S'ENSDYVENT LES BALfcADE&

BALLADE

CONTBE LB8 FLATTEURS OK GOUATl.

our succumber ' le train imbecial Qui court en court, de flatteurs im-

[pudiques Préméditant d'ung sens trop bestial Villipender bons servans domestiques, Tympaniser par criz baulx et publiques Et organer d*un chant vil, sans accord Convient leurs noms ; par moyens ebloiqyes ', De raporteurs vient tout mal et discord.

I. Dans cette pièce, CoUerye se sert de la méthode en honnenr dans Tëcole savante de la fin du xve sibcle ; n tire la pins grande partie de ses mots du latin et du grec directement; il y Joint aussi plusieurs mots empruntés k Targot. n arrire par là & une collection de mots étranges dont le sens est asses difBcile k rencontrer.

Page 1