‹ Œuvres de Roger de Collerye (volume 2)Chapitre 80 sur 123 · I. Cbandronnier · texte numérisé non relu

I. Cbandronnier

Rondeaux.

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'il advenoit qu'en toute diligence,

Considéré mon extrême indigence,

On me voulsist ayder et secourir,

Au bon Jésus, sans péché encourir,

Dire pourroy : o benoiste allegence.

A ceuix qui ont des princes la régence Et avec eulx secrète intelligence Par ce temps cher ne vouldrois recourir, S'il advenoit.

En plainctz piteux j'exibe ma science Quant j'ay fin froit *, je prens en patience ; A mon besoin nul n'oze requérir; Et se de moy Ton se veult enquérir, Au Plat d'Argent je faiz ma résidence.

S'il advenoit.

ce bon jour que libéralité Doit avoir bruyt en généralité Par les seigneurs, damoiselles et dames, i II vous plaira, en priant pour voz âmes, De m'estrener sans prodigalité.

T. Très -froid; locution encore nsitée dons le patois picard.

ai6' • RONDEACX.

L'un plus, Tun moins, selon sa qualité, Peult bien monstrer la cordialité Qui est en luy, en charitable dragmes,

A ce* bon joiir.

De suppUer pour mon' utilité Par ce rondeau, ce n'est qu'habilité; Avoir n'en pois nulz blasmes ne diffames, Le roy des roy», qui donne loz et famés , Vous tienne en paix et en tranquillité,

A ce bon jour.

charité, o de vertu princesse, Dont vient cecy que vous avez

[prins cesse Desecourir les honteux despourveuz, Telz comme moy, qui ne suis des poHrveuz, Mais plain d'ennuy de douleur et tristesse ?

De composer Ëpistre m'est simplesse Rondeaulx, Chansons, pour autant qu'on délaisse De me bien faire après qu'on les. a veuz, charité !

Plus que jamais nécessité m'opresse, Car de payer où je doy Ton me presse.

Mes créditeurs je voy sur moy esmeuz ; Et, qui pis est, âujourd'huy sont desmeuz Ceulx qui m'aidoient, et ne sçay pour quoy esse, charité !

RONDEAUX. a 17

ng bon seigneur, qu'on supplie et

( invocque Et auquel Dieu donne prospérité, S'on a de luy réconfort ; Charité A ce rinduyt, Tesmeut et le provoque*

Son franc vouloyr ne desdit, ne révoque, Car de vertu n'est point desheiité Ung bon seigneur.

Se pour coucher Epistre en équivoque, Faire Rondeaulx, j'ay du bien mérité Que n'ay pas eu, neantmoins vérité De secourir les indigens convoque Ung bon seigneur.

e desnué d'habitz de corps et teste N'est pas en point pour se trouver

[en feste, Ne se monstrer aux gens dignes

[d'honneur, Mais au bon Dieu, qui donne le bon eur, De luy ayder souvent fait sa requeste

De son ennuy personne ne s'enqueste, Délaissé est comme une povre beste, Privé, exempt d'ung libéral donneur

aiS RONDBAUX.

Le desnué.

Pour composer Epistres rien n'aqueste, Moins en Rondeaux, où gist toute sa queste ; Recommandé n'est d'aulcun sermonneur, Plus esbahy se voit qu*ung ramonneur Qui peu de bien en ce monde conqueste ,

Le desnué.

LXIIfL

a plume au vent je gecte à l'aven-

[ture, Et me voyant maleureux de nature Partir me fault en ayant regrectz Non obstant ce qu'ay à Sainct Innocent, [cent Jà long temps a, esleu ma sépulture.

S*ung bon seigneur payoit ma nourriture, Quelqu'autre aussi me donnoit ma vesture, Hors de Paris ne me verriez absent , La plume au vent.

Mais charité, qui est la couverture Des nobles cueurs, fera mon ouverture A gens d'honneur d'un courage décent, Et amitié, qui mon affaire sent.

Ne souffrira mon cas mectre en rature , La plume au vent.

RONDBAUX.

u despourveu, qui n'a la seuUe busche, Faulte d'Argent afaict mètre une embusche Pour Texempter de bois et cotterez, Mais espoir a que vous Tescotterez Par charité, qui jamais ne trébusche.

Soubz ung froit vent comme ung coq il se huche, De luy aider il vous appelle et huche, Meu de pitié, ses plains escouterés Au despourveu.

Les grans trésors prise autant qu'une cruche ; Se son estât bien au long on espluche Moult est petit, ce point là notterés.

Et en tous lieux de luy racompterés Que son vaillant ne vault point une huche Au despourveu.

Rondeler et composer Epistre Prosaiquer, coucher en ryme plate.

Ou Ballader, jà ne fault qu'on en flate, N'y ay gaigné la valleur d'ung pulpitre.

D'y acquérir office, croce ou mitre, Au temps qui court ne fault jà que me haste , A Rondeler.

Rondeaux.

Cil qui n'entend des loix ung seul chapitre Est eslevé aussi hault qu'ung Pilate Et vestu de velours et d'escarlate, Mab êaltnié(je>âuis œoiii»qtt!uBg hrlifitse À Bondelte.

'Infortuné le plus des plus du nu)n49 Auquel malheur sur tous humains habonde, Privé, exempt de tous biens terriens, Supposé qu'en ce monde n'a riens, De vivre ea joya et plaisir il se fonde.

Le près tondu besoing n'est qu'on le tonde^ Dire en luy doibt: a Rustre, couvres la blonde.» Quant baiii de poil est sur tous les chrestiena L'Infortuné.

D'entretenir la Dame blanche ou blonde Et y lâcher, ou y lever la bonde Y est expert, ce point là je soustiens, Et de jazer, caqueter, je le tiens MondaÛLet gay; c'est, pour pacotte ronde, L'Infortuné.

BONJDEAUX.

aai

Lxvni.

on iwn Seigneur , -êc^ei %d liien ->renu Autant et plus lâ'ii ni'estoit advenu Quelque bon eur que souvent je souhaite ; Faulte d'Argent jour et nuyt me deshaite Pareillement mon petit revenu.

Or emprunter du gros et du menu Depuis troys ans de fait m*a convenu Pour ung procès qui guières ne me fanide, Mon bon Seigneur.

En y pensant ne sçay qu'est devenu Le mien esprit, tant m'est mesadvenu Que de cerveau j'ay moins qu'une chouette.

Ce nonobstant, au chant de Talouette De prier Dieu pour vous m'est souvenu , Mon bon Seigneur.

LXVIUI.

elle suis, aussi est elle àiney, Puis qu'à moy est, à elle aussi je suis ; Quant mon plaisir avec elle poursuis, Le sien poursuit avec moy sans esmoy.

S'elle me voit, de bon cueur je la voy, De moy jouyt quant d'elle je jouyz, A elle suis.

aaa

Rondeaux.

S*à requoy vit, aussi viz-je à requoy ', A ses plaisirs les miens plaisirs je duictz, Les siens aux miens y sont aussi reduictz, Sans enquérir ne demander pourquoy A elle suis.

etit tetin, mammelle ronde Est bien séant à la mignonne Qui a blanche et joyeuse trongne , Et à la brunette et la blonde.

Mais doulx maintien, belle faconde, Begnin recueil vault, qui qu'en grongne, Petit tetin.

J'en sçay bien qui hantent le monde , Et qui font tresbien leur besongne, Qui ayment bien qu'on les hallongne , Et n'ont pas, c'est où je me fonde, Petit tetin.

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