‹ Œuvres de Roger de Collerye (volume 2)Chapitre 88 sur 123 · Bflin · texte numérisé non relu

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Rondeaux. *i9

otaiement desnué de pecune, [cane, D'or et argent, sans avoir bagne aw- Tel je me voy povre et infortuné, Et de malheur autant importuné Qu'oncq homme fut soubz le ciel et la lune.

S'il m'advenoit qu'au l)esoing ung ou une Me feist ung don, soit-il noir, elle brune, Je ne serois lors de malheure né Totalement.

Ung mal sur moy, je voy que la ConiDnRe Tout mon vaillant el ne prise une prune, P9T quoy me voy piteusement mené.

Mon cas congnu, et en brief démené , A mon honneur sa manière répugne Totalement.

essez, cessez, gendarmes et piétons, De pilloter et menger le bon homme Qui de long temps Jacques Bon-

[Home se nom»e, Du quel bledz, vins, et vivres achetons.

D'autant que nous et luy vous souhectons La corde au col, et que mort ^ous assomme,

24o RONDBACX.

Cessez, cessez.

Gaiges en or, en mônnoye, et testons * Du Roy avez en assez bonne soiâtne ; Puis que par vous Ton pert repos et somme , Et que du ranc des ndeschans vous mectons, Cesser, cessez *.

LXXXXVII.

ubficité defTaiti.et corrompt Thomlne, Jeunes et vîelx eU'assault et degaste, *De retourner en enfance les haste, Sainct Grégoire nous enseigne Jïien comme.

Roys, P^'inces, Ducs, et ceulx que je ne nomme Subjectz à coi les rend molz comme paste Lubricité. ^ ' i

Grans et petis, riches,, povres, en somm^ -

I. Le teston changea de ^leur et d'apparence sous les dlyers rois. Sous François 1er, n valoit dix sous e^nelqnes deniers. C'étoit ^e pièce blanche , portant , #tm côté, les «Kmes da roi on de }fi, villé^qui raroit fieiit battre ; de rantre, le nom de la ville ou la tête du prince.

». Chateaubriand , daps ses Études hUtoriquêê , cite les trois premiers vers de' cette pièce ciftmme appartenant k une chanson du xiv* slbcle. M. Michelet fUt , après lui , la même citation, en se demandant, asyz naïvement, si ces vers sont bien anciens. Il est évident que, sous cette fqrme, ils ne peuvent apimrtenir Si la langue du xive siècle. Il est possible pourtant que Chateaulipriand n*ait pas tort quant au fond de la chanson : nous avons vu déj^ dans R. de Collerye plusieurs chansons anciennes mises en rondeaux.

RONP)SAUX a4i

Siimns ce tram, Mort mordante les taste Et faict leur cueur deveair foible et mate En bien brief temps ; car ame et corps consomme Lubricité.

LXXXXVIII.

rop mieuk vauldroit en tout temps et saison Vivre en "soucy, que veoir en sa maison Une^putain méchante et desloialle, Laquelle endort, d'une voulenté maie, Le sien seigneur soi^bz faincte tra*yson.

Son dict, son faict, n'est que toute poison ; En elle n'a ne ryme ne raison , Congneu qu'ell' est orde, puante et salle.

Trop mieulx vauldroit.

De jour en jour piMe^ prent à foison, De luy souffrir ne donne Tachoigon *, Veu, que sur elle elle a la grosse galle ; ï^e sens y fault, si^on ne la regale Coipmd u|^g larron que ron!tien(^en prison; -

Trop mieulx vaiildroit.

i..De sonScir cela cm eUe, 11 wC^eaa. a.auenaft raison, «ittendu, etc. ^

a4a Rondeaux.

LXXXXVIIII.

eilleur moyen je ne sçaurois quérir Que vous prier de cueur, et requérir Faire ma paix, assés aisée à. faire, Envers Mqnsieur, qui est de bon affaire, Et de vous deulx vostre agiour acquérir.

Soyés certain, sans du cas enquérir, Ung plus grant bien je ne veulx conquérir Que sa grâce, pour mon plaisir parfaire Meilleur moyen.

Or de me veoir d'ennuy et dueil "périr, Et de regretz mon cueur et-corps ferir, Seroit assé& pour du tout me defFaire ; Se j'ay mespris, content suis satisfaire.

Et si neVeulx pourchas nul perquerir Meilleur.

'ung^ tel«ennuy que je seuffre^et

^ [endure, ' Femme, fleur, fruyt, ne plaisante * •. [verdure.

Ne me sçauroient nullement resjdhyr ; Faulte d'Argent me feict esvanouyr; Jèr long temp» a que ce malheur me dure.

Bource sans croix n*est que toute froidure.

Rondeaux.

Mon corps en est, de dueil, plain de laidure, Et faict mon cueur et mes yeux esblouyr,

D'ung tel ennuy.

Nul ne m'en croit, supposé que j'en jure ; Contraint je suis d'endurer s'en me injure ; Et qui pis est, on ne me veult ouyr.

Voyant cecy, j'ayme mieulx m'enfouyr Que me monstrer, en povreté, parjure

D*ung tel ennuy.

rgentjeu'ay, or massif ne monno^'e, Ne lard aussi , pour f ricasser mon oye , Dont je me sens pensif et esperdu !

Or ay-je bien mon joly temps perdu Veu que ifc vey qui ma complainte oye.

Impossible est que je ne mtf desvoye, Car en maints lieux, tant en place qu'en voye, Dis et maintiens , comm'img homme entendu , Argent je ji'ay. • Se biens beaucoup en ce monde j'avoye J'eusse payé à ceuîx que je devoye Et lesquelz m'ont longuement atendu ; Et nonobstant que mon'cueur ay tendu A. prier Dieu affin qu'il me pourvoye, Argent je n'ay.

Rondeaux.

omme m'avez commandé et requis, J'ay composé*, en ung dict véritable.

Le prest susdict estre trop proufifitable.

L'usure * aussi, tie ce me suis enquîs.

Loix et décrets, bien cherchez et* bien quis, Ung tel moyen concluent insuportable Gomme m'avez.

£t, qu'ainsi soit, tout héritage acquis En fraulde et dol n'est à Dieu acceptable, Et moins beaucoup que ses amya dé table', Qui au besoin^ oe sont trouvez exquis, > Comme m'ai^z.*

OfIL

r5<^ . ® jour en joiir, tous' les miens cre-

' [ditçurs De se payer sont trop yrecipiteurs; Pî«8sé je ^is, et n'ay dénier ne •* • . . [maille;

Mais si quelqu'un ne m'en delivf^ et bailltà, ' Possible n'est, ii'à* leurs solliciteurs, Resveillé suis d'ung grant tas de citeurs,

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