‹ Œuvres de Roger de ColleryeChapitre 103 sur 121 · Bain · texte numérisé non relu

Bain

otalement desnué de pecune, [cune, D'or et argent, sans aroir bagne an- Tçl je me voy povre et infortuné, Et de malheur autant importuné Qu'oncq homme fut soubz le ciel et la lune.

S'il m'advenoit qu'au beaoing ung ou une Me feist ung don, soit-il noir, elle brune, Je ne serois lors de malheure né Totalement.

Ung mal fur moy, je voy que la Commune Tout mon Taillant el ne prisé une prune.

Par quoy me voy piteusement menûé, Mon cas congnu, et 6ill)rief démené y  mon honneur sa manière répugne Totalement.

essez, cessez, gendarmes et piétons, De pilloter et mei|^er le bon homme Qui de long temps Jacques Bon-

[Home se nomme.

Du quel bledz, vins, et vivres achetons.

D'autant que nous ei luy vous sbuhectons La corde au col, et que mort ^ ouAissomme,

a4o Rondeaux.

Cessez, cessez.

Gîaiges en«r, en monnoye, et testons ' Du Roy avez en assez bonne somme ; Puis que par vous Ton pert repos et somme , Et que du ranc des meschans vous mectons, Cessez, cessez *.

LXXXXVII.

ubricité deffait et corrompt Thomme, Jeunes et viek ell'assault et degaste, De retourner en enfance les haste, Sainct Grégoire nous enseigne bien comme.

Roys, Princes, Ducs, etceulxquejenenomme Subjectz à cCi les rend molz comme paste Lubricité.

Grans et petis, riches, povres, en somme,

T. Le teston changea de valeur et d'apparence sons les divetf rois. Sons Françoto l«r, il yaloit dix sous et qnelqnes deniers. C'étoit nne pièce blanche, portant, d'un cOté, les armes da roi on de la viUe qni Tavoit &it battre ; de l'antre, le nom de la TiUe on la tète du prince.

1. Chateaubriand , dans ses Études historiques , cite les trois premiers yers de cette pièce comme appartenant k nne chanson du xiv« siècle. M. Michelet fiEût , après lui , la même citation, en se demandant, assez naïvement, si ces vers sont bien anciens, n est évident que, sous cette forme, ils ne peuvent appartenir k la langue du xive siècle. Il est possible pourtant que Chateaubriand n*fdt pas tort quant an fond de la chanson : nous avons vu déjà dans R. de GoUerye plusieurs chansons anciennes mises en rondeaux.

Rondeaux. 241

SHivttis ee tram, Mort mordante 4es teste £t faict leur cueur devenir foible et mate En bien brief temps ; car ame et corps consomme M Lubricité.

LXXXXVIII.

rop mieulx vauldroit en tout temps et saison Vivre en soucy, que veoir en sa maison Une putain méchante et desloialle, Laquelle endort, d'une voulenté maie, , Le sien seigneur soubz faincte trayson.

Son dict, son faict, n'est que toute poison; En elle n'a ne ryme ne raison , Gongneu qu'eirest orde, puante et salle, Trop mieulx vauldroit.

De jour en jour pille^ prent à foison.

De luy souffrir ne donne Tachoison ', Yeu que sur elle elle a la grosse galle ; Le sens y fault, si on ne la regale Comme ung larron que Ton tient en prison ; Trop mieulr'vauldroit.

X. De souffrir odit en elle , il n'y en a ancnxie raison, attendu, etc.

a4a Rondeaux.

LXXXXVIIII.

eilleur moy^n je ne sçaurois quérir Que vous prier de cueur, et requérir Faire ma paix, assés aisée à faire.

Envers Monsieuc, qui est de bon affaire, Et de vous deulx vostre amour acquérir.

Soyés certain, sans du cas enquérir, Ung plus grant bien je ne veulx conquérir Que sa grâce, pour mon plaisir parfaire .

Meilleur moyen.

Or de me veôir d'ennuy et dueil périr, Et de regretz mon cueur et corps ferir, Seroit assés pour du tout me deffafre; Se j'ay mespris, content suis satisfaire.

Et si ne veulx pourchas nul perquerir Meilleur.

'ung tel ennuy que je seuffre et

[endure.

Femme, fleur, fhiyt, ne plaisante

[verdure,

Ne me sçauroient nullement iç«6jouyr ; Faulte d'Argent me faict esvanouyr; Jà long temps a que ce malheur me dure.

Bource sans croix n'est que toute froidure,

Rondeaux. «43

Mon corps en est, de dueil, plain de laidure, Et faict mon cueur et mes yeux esblouyr,

D'ung tel ennuy.

Nul ne m'en croit, supposé que j'en jure ; Ck)ntraint je suis d'endurer s'on me injure ; Et qui pis est, on ne me veult ouyr.

Voyant cecy, j'ayme mieulx m'enfouyr Que me monstrer, en povreté, parjure

D'ung tel ennuy.

rgent je n'ay, or massif ne monnoye, Ne lard aussi, pour fricasser mon oye, Dont je me sens pensif et esperdu !

Or ay-je bien mon joly temps perdu Yeu que ne voy qui ma complainte oye.

Impossible est que je ne me desvoye, Car en maints lieux, tant en place qu'en voye, Dis et maintiens , comm'ung homme entendu j Argent je n'ay.

Se biens beaucoup en ce monde j'avoye J'eusse payé à ceulx que je devoye Et lesquelz m'ont longuement atendu.; Et nonobstant que mon cueur ay tendu A prier Dieu affin qu'il me pourvoye, Argent je n'ay.

Rondeaux.

en.

omme m'avez cfxnmandé et requis, J*ay composé*, en ung dict véritable, Le prest susdict estre trop prouffitable, L'usme * aussi, île ce me buis «enquis.

Loix et décrets, bien chercher et bien quis, Ung tel moyen concluent insuportable Gomme m'a?ez.

Et, qu'ainsi ^t, tout héritage acquis En fraulde et dol n'est à Dieu acceptable.

Et moins beaucoup que ses amys de table*, Qui au besoing ne sont trouvez exquiç, Comme m'avez.

e jour en jour, tous îes miens cre-

[diteurs De sepay;er sont tropprecipiteurs; Pressé je suis, et n'ay denier ne

[maille :

Mais si quelqu'un ne m'en délivre et baille.

Possible n'est, n'à^ leurs solliciteurs.

Resveillé suis d'ung grant tas de citeurs,

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