‹ Œuvres de Roger de ColleryeChapitre 121 sur 121 · L'EPITAPHE · texte numérisé non relu

L'EPITAPHE

de Bâchas, chanoyne tortryer ' en l'eaglise d'Anxerre.

y gist Bachus, le vaillant champyon, Qui en son temps, ainsi qu'ung franc pyon, A mainct godet et mainct verre esgouté ; De bien boire ne fut oncq desgouté ; En son vivant bon chanoyne tortrier D' Ausserre fut, en ville et champs trotier.

Preud'homme estoit et de grant renommée Et en maincts lieux sa vie estoit nommée.

Le bruyt avoit de se lever matin Soubz le vouloir de boire ung bon tatin.

Aux et oignons mieulx aymoit que le sucre ; Peu frequentoit des deffuncts le sépulcre ;

I. Petite yiUe du diocèse d*Anxerre, située k douze ou treiie Uenes de cette ville.

%. Qai a une demi-pr^ende.

Epitaphbs. 385

A Dieu faisoit, en tout temps et saison, Songneusement briefve et courte oraison.

Trouvé n'estoit en rochers ne cavernes, Dévotement visitoit les tavernes.

Il allegoit plusieurs auctoritez Qui contenoient bourdes et veritez, Au flux, au cent, au glic, au tricquetac.

Il s'esbatoit, souvent estoit à flac.

Jeux et esbas desiroit à ouyr.

Noises, debatz tousjours vouloit fiiyr.

Si quelque chose à quelcun promectoit , De le bailler bien peu s'entremectoit.

Subgect estoit à sa complexion, Et en faisoit floible confession.

Or et argent voluntiers empruntoit, De le rendre ennuyé se sentoit ; A ses debteurs disoit des paraboles Et les payoit doulcement en parolles.

Aucunesfois, au sexe féminin Se demonstroit gratieux et begnyn ; De leur prester or, argent, ou pecune, Jamais n'en eust dévotion aucune ; Et supposé qu'il aymoit le combatre, Pour les dames ne se feist jamais batre.

Parfoiz hentoit, et sans estre devin.

Vielles vertes, et buyoit du bon vin ; Foumy estoit de seurpliz et chemises Par icelles, et dessus son corps mises.

Et lesquelles ne luy coustoient denyer.

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