‹ Œuvres de Roger de ColleryeChapitre 82 sur 121 · IHnnaine, sous-entendu tel, qu'il n'est besoin, etc · texte numérisé non relu

IHnnaine, sous-entendu tel, qu'il n'est besoin, etc

COMPLAINGTBS. i65»

N'enregistrer, mais trop inieulx de le taire, Certain je suis que des biens terriens Après la mort n'emporte en terre riens Le riche et piain, soit-il gras ou mesgret, Fors ung linceul. Posé qu'il soit esgret Passer le pas, où le grant, le petit, Comme je croy, n'y prent nul appétit, Ce neantmoins, sans avoir ordonné *, Du Créateur a esté ordonné Qu'il nous convient tous mourir sans appel Et de laisser en la terre la pel.

Où l'âme va, je n'en sçaiurois juger ; A Dieu en est, non à aultre, adjuger Se Paradis ladicte ame possède , Car luy tout seul le permect et concède.

Et pour autant que escuz, ducatz à veoir Sont fort plaisans, il en faict bon avoir, Pareillement revenuz et offices.

Meubles foison ^, et aussi bene^ces, Sans les avoir injustement acquis.

Et en user ainsi qu'il est requis.

Car à la fin il n'y a si ne qua, Rendre il en fault le compte et Tcrliqua.

Trop mieulx vauldroit se veoir 'berger es champs Que d'estre au ranc et nombre des mescfaanf , Et mal mourir. terreur merveilleuse!

povre fini o fin tresperilleuse,

X. Sans richesses rassemblées, a. Grande quantité de menbles.

i66 COMPLAINCTES.

De ceulx qui sont ainsi prédestinez Vivre en péchez et en mal obstinez.

Heltas! hellas! qui bien y penseroit Fier et hautain le pécheur ne seroit.

Nul, quel qu'il soit, n'a le ciel hérité, Si par vertu il ne Fa mérité; Car par avant que le ciel on hérite Fault que premier précède le mérite; Ne pensons point l'acquérir aultrement :

Sans ce point là, on perd l'entendement.

Le bien vivant va à salvation, Le mal vivant va à damnnation; Riens n'emportons de ce monde terrestre Que le bien faict, et le corps en terre estre.

Préméditant mes dessusdictz propos, En ung matin, tost après mon repos, Ma plume prins pour mettre par escript Gomme et comment Fortune m'a prescript :

Car tant ay eu sur ma personne envye Que suis privé de tous biens pour ma vie; Et ' m'a contrainct de me destituer Du bien qu'ay eu, pour aultre instituer.

Or, pour narrer ma fortune invincible, Est que j'ay mis en moy tout le possible De fréquenter les gens dignes d'honneur, Et supplier Jésus, le grant donneur.

De me pourvoir ou de près ou de loiug

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