II
rop or et argent amasser Sans en bien user n'est licite; Trop son ennemy pourchasser N'est pas tout eur, comme on recite;
Trop longue guerre mort suscite,
Au peuple mauvais peu en chault ;
Trop malverser, grant mal incite ;
Tant plus y a trop, et moins vault.
Trop empoigner, trop embrasser
Est ung trop assez illicite,
Trop avoir et trop tracasser
N'est pas bon. S'il n'y a poursuitte
Prisée n'est une lâche fuitte,
Ne trop fin homme, ne trop cault,
Ne pareillement trop grant suitte ;
Tant plus y a trop et moins vault.
Trop noiser et trop menasser
Est un trop dont on n'est pas quicte ;
Trop passer et trop rapasser
C'est un trop de sotte conduite ;
Trop voit-on pruiience petite
Régner sur plusieurs bas et hault
I. Cette baUade présente une tournure analogne k e^e de Villon :
Tant g rate chèvre que mal gist, etc.
riMMto
i?' Ballades.
Trq> Yoitron mourir geas d'esLite; Tant plus y a trop, et m<nii8 yault.
Prince, ma parolle doaduyte.
Puis que par trop conclure fault.
Je dis en substance ïûesk diÂtte :
Tant pins f a trop et moiiiB vaiilU
ar le saufconduyt inutffle De malheur et Dame Fortune, En ceste cîlé malutille Je n'ay gaigné chose aucune ;
Car soubz Juppiter et Saturne,
Gonjoinctz à Venus pelle melle,
On le faict pour de la pecune ;
Trot à lo ', chascun s'en mesle.
Les preudes femmes de la ville
Sont moins estimez qu'une prune,
Et croy qu'on sera bien habille
S'on en peult rencontrer quelcune :
La blanche le faict et la brune
Aussi faict la layde et la belle,
Car, par l'edict de la commune,
z. Faut-il lire Irot tayaut ou trotta /o? Nous anrons sniTi le texte, et noua laiesons aux mythologues le «oia il\ex^iquer par quelle bizarre tradition la course d'Io serolt 4êyenue un proverbe ohes les Tignerons de la Bourgogne.
Balladbs.
Trot à lo, chascoH s'en mesle.
Aussi vray comme rEyangiile, Autant la vieUe que la jeune Du jeu des rains sçaTenrt le stille, Car ne Tung ne Tautre n'en jeusne, Et si le masle se desjeune Du deduyt avec la fumelle, Elle dict que trois n'en font qu'une ; Trot à lo, chascun s'en mesle.
Prince, pour éviter rancune, Et le danger qu'on ne groumeiie, Fut conclud, au soir, à la hine, Trot à lo, chascun s'en mesle.
Bon Temps.
r qui m'aymera si me suyve !
Je suis Bon Temps, vous le voyez ;
En mon banquet nul n'y arrive
Pourveu qu'il se fume ou estrive, Ou ait ses espritz fourvoyez :
Gens sans amour, gens desvoyez Je ne veulx, ne ne les appelle, Mais qu'ilz soient gectez à la pelle.
Je ne semons en mon convive Que tous bons rustres avoyez ; Moy, mes supportz, à plaine rive
'74 BtLLADBS.
Nous buvons, d'une ^^on vive, A ceulx qui y sont convoyez.
Danceurs, saulteurs, chantrea, oyes'.
Je vous retiens de ma chapeUe, Sans estre gectez à la pelle.
Grongnars, fongnars, hongnars, je prive, Les biens leur Boni mal employez ; Ma voluntô n'est point rétive.
Sur toutes est consolative, Frisque, gaillarde, et le croyez ; Jureurg, blasphémateurs, noyez ; S'il vient que quelcun en ajqtelle Qu'il ne soit gect^ à la pelle.
Prince Bacchus, lelz sont rayez, Car d'avec moy je les expelle ; De mon vin clairet essayez, Qu'on ne doibt gecter à la pelle.
s:ensuyvknt