LUI
urant ce temps de moissons et van-
[danges Pratique n'est en ma bourse es-
[prouvée; Qu'il soit ainsi la raison est prouvée, Par ce que point ne me vient bon vent d'anges.
Vin en vaisseauh., en cave, ne vidanges A vendre n'ay ; Povreté m'a couvée Durant ce temps.
Blé en garnier ne gerbes n'a y en granges, Richesse en moy ne fut onc approuvée Nécessité, qui tant est reprouvée, Me suyt de près, ce sont choses estranges Durant ce temps.
ur tous humains je veulx bien qu'on
[le sache Qu'en vostre cueur n'y a mauvaise
[tache.
Par quoy avez en tous lieux mérité D'estre estimé, d'autant que charité D'avecques vous ne s'eslongne ne cache.
Le mien esprit à aultre fin ne tache
aia Rondeaux.
Que prier Dieu , d'un voulloir non pas laeehe , De vous donner toute prospérité
Sur tous hufflsûifi.
De veoir voz dictz jamais je ne me fâche Plaisir y prens, et les savoure et mâche ; frondez les voy tous en auctorité ; Veu les vertus dont estes hérité, A vous lou^r je le veulx prendre en tache
Sur tous humains.
e froit m'assault aux dois , piedz ,
[corps et mains, Et me poursuit jusques au bout
[du nez ;
Du ranc je suis de ceulx là qui dont nez De pouvretez, desquelz il en est mainctz.
Gens mal vestuz, sans argent, soient Rom- Ayment bien peu , s'ilz ne sont ostinez, [mains, Le froit.
Aux vents de bize et galeme * inhumaine Mes gaiges sont en yver assignez ; De faire donc gros banquetz et disnez Craindre je doy, non pas riches humains, Le froit.
j . On appeUe ainei le yent ^ Mi geleff let ytgne*.
fioNDBAUX. ai3
raye amitié consiste en dit et faict, En vostre cueur tant la voy im-
[ primée, Qu'elle est de vous $i tresbien exti- Que la tenez estre ung trésor parfaict. [mée,
Bien pratiqué avez d'elle Teffait, En vostre eueor est moult bien exprimée Vraye amitié.
Vous m'avez veu mesgre, pale et 4effait De malladyê, envers moy animée, Mais ciiarité la vostre bien aymée M'a secouru, vous aussi, et refait Vraye amitié.
ng prieuré qui n'est conventuel, Auquel y a assez bon revenu, Se de par vous il m'estoit advenu , Vous acquerriez ung loz perpétuel.
S'il m'advenoit par ung don mutuel, Et en joyr, il seroit bien venu Ung prieuré.
De prier Dieu me fault estre actuel
2i4 RONDBAUX.
Et VOUS aussi, faisant le continu, A celle fin que mon corps soustenu Soit d'ung tel bien qui est spirituel, Ung priouré.