I. A l'écart
Rondeaux. 223
aulte d'Argent est douleur nompareille'; Faulte d'Argent est ung ennuy parfaict; Faulte d'Argent est, par dit et par faict, Qui bons rustres de tristesse traveille.
Et pour soûlas nous l'envoyé en effect
Faulte d'Argent.
Faulte d'Argent n'emplist point la bouteille ; Faulte d'Argent rend l'homme tout deffait, Triste et pensif, non pas gras et reffaict, Mais mesgre et sec, tremblant comme la fueille,
Faulte d'Argent.
LXXJI.
our le plus seur, philosophale vie Je veulx mener, et prendre les adresses, En contemnant les mondaines richesses, Si qu'avec Dieu soit mon ame ravye. Dès à présent de bon cueur me convye
I. Ce vers se retronye dans Rabelais, liv. n, chap. XVI, dans Gringore, Jeu du Prince des Solz. Il parolt, du reste, qu'il étoit passé en proverbe ; on le voit firéquemment dans les chansons du xyi« siècle.
a. Le vers précédent se trouve ici répété.
»24 Rondeaux.
De délaisser tous soulas et lyesse, Pour le plus seur.
Patiemment, affin que ne desvye, Me fault souffrir douloureuses tristesses, Et pour fouyr les amères destresses Ou*oût les dampnés, de bien vivre ay envye Pour le plus seur.
'il m'advenoit que pour rhetoriquer En ryme et prose, et le communiquer A gens qui sont de bien riche maison Et avoir d'eux argent peu ou foison, Le plus du temps n'y vouldrois appliquer.
De composer et ne rien pratiquer, Et de mes yeulx veoir Tor, l'argent cliquer, Sans en avoir, il n'y auroit raison S'il m'advenoit.
De deviner, ne de pronostiquer, Nygromancer, ni aussi magiquep- N'est pas mon faict, ains on toute saison Faire Ronde&uhc, Ballade, ou oraison; Plaisir j'y prens, mais c'est, sans répliquer. S'il m'advenoit.
lus sain qu'en ]*eau n'est le poisson, Frians morceaux, bonne boisson, Voilà le point que je souhaicte, Et jouyr d'une mignonnette,
Quant je luy liève son plisson.
Oyant du tabourin le son ,
L'accoUer en ung verd buisson,
Au tanps d'Esté, qu'on se délecte Plus sain qu'en l'eau.
Et qu'elle et moy nous ouyason
Près de nous chanter le pinçon.
Le roussignol et l'alouette ;
Et d'escus la plaine bougette
FDur tousjours gaudir nous easson, Plus sain qu'en l'eau.
Uttitvous Youldrés je suis tout prest, Dictes le mot, je vous supply; [. En le disant', d'amour remply Me verrez la lance en l'arrest.
Il vtms plaira me dire où c'est Que lïion désir soit accomi^y, Quant vous vouldrés.
%%<i RONDBAUX.
Avoir ne sçay meiflear acquest Que voir vQstre corps assouply Avec le imen en doux reply Par ung vray amoureux conquest Quant vous vouldrez.
mon advis la Dame, s'on y vise, Qui a grant dueil s'^ie voit qu'on y vise, f oieusement avec aultre queteune, Soit belle ou laide, ou blanche ou clère Geste façon taât soit peti ]e ae prise' [brune,
Si en beaulté elle n'est fort exquise, Ou> que d'amour n'est priée ou requise, Ce neantmoins sa manière'tepugne - A nUMA advis.
Et supposé que Dame bien aprise D'aymer quelcun en a faict l'entrepriae, Et sans avoir de luy or ou pecune, En ce cas là avoir envye aucune, Elle ne doibt de -peur d'estre reprise, A mon advis.
ROMDRACX. 337
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e smik^^eiix Qt honteux indigent Qui vous prier n'a esté négligent Le secourir en sa nécessité, NXpgint congau que soyez in^iAé De luy ayder d'ung youlloir diligent.
De dbsrobef son or et son argent, Que plusieurs ont en coffres par art gent, Larron ne craint, n'en ville n'en dté,.
Le souffï-eteux.
Se biens avoit comice prince ou régent, Ne doubteroit cicaneux ne sergent Et seroit bprs de grant perplexité ; ' D'ennuy qu'il a ne scet son entregent, Le souCfreteux.
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ar le rapport d'un moyne trop hastif , Et par son dict indiscret et hastif, file Yostre ^mour je me sens retardé, Car d'ung^^miuy altérant esgardé *
En est mon cueur, et tout desolatif.
Le t«np3 nOi m'est ainsi récréatif.
Ne vous aussi ami consolatif ,