LXIII. Pour LE DIMANCHE DE LA PASSION
qui se contente de peu, et qui n’a point d’esgard à tout ce qui se passe à la partie inferieure.
En fin il faut conclure en disant que nous ne devons point rejetter la parole de Dieu ni les documens que Nostre Seigneur nous a laissés, à cause des defauts des predicateurs qui nous les proposent, d’autant que nostre divin Maistre les ayant proferés le premier par sa divine bouche, nous sommes inexcusables de ne les pas recevoir, parce que si bien ce baume pretieux nous est presenté dans des vases de terre, tels que sont les predicateurs, il ne laisse pas pourtant d’estre infiniment propre à guerir nos playes, et ne perd point ses proprietés et sa force. Nous ne serons pas non plus excusables si nous doutons que ce qui nous est enseigné soit la verité, d'autant que Jesus Christ, qui est la verité par essence, nous a enseignés luy mesme et s’est rendu nostre tres cher Maistre. Il ne faut pas non plus nous mettre en danger de nous perdre en ne demeurant pas en la verité, c'est à dire en ne vivant pas selon icelle, ou en ne nous rendant pas capables de bien l'entendre quand elle nous est proposée ou expliquée de la part de Dieu. Nous nous devons au contraire bien preparer, ainsy que nous avons dit, pour l'ouyr avantageusement, car c'est un tres bon moyen pour la bien comprendre. Or, la bien comprendre sert grandement à la bien garder, et ceux qui la gardent sont declarés bienheureux au saint Evangile* par * Luce, xs, 28. Nostre Seigneur et Sauveur. Amen.
* Gen., 1, 36, 37.
* B. Raym. de Caua, in Vita ejus, ars II, c. 1v.