‹ Œuvres de Saint François de Sales (volume 3)Chapitre 261 sur 322 · LXV. Pour LE VENDREDI-SAINT · texte numérisé non relu

LXV. Pour LE VENDREDI-SAINT

contemplative jusques à ce que Dieu l'ordonne, et que ceux qui contemplent ne quittent point la contemplation jusques à ce que Dieu le commande. Que l'on se taise quand il faut, et que l'on parle quand c'en est temps *.

Si nous faisons cela nous pourrons bien dire à l'heure de nostre mort comme nostre cher Maistre : Tout est consommé ; o Dieu, f'ay accompli tout ce qui estoit de vos divines volontés en tous les evenemens. Que me reste-t-il maintenant sinon de remettre mon esprit entre vos mains à la fin et sur le declin de ma vie, comme je vous l'ay remis au commencement et au milieu d'icelle? Mais pour le pouvoir bien faire, mes cheres Sœurs, employons les trois heures de tenebres de cette vie comme nostre cher Sauveur et Maistre les a employées. Demeurons sur la croix où Dieu nous a mis, prions sur icelle, voire plaignons-nous à luy de nos afflictions et aridités et disons, quand il est requis, des paroles de consolation au prochain. En somme, consommons-nous sur cette croix et accomplissons tout ce qui est des divines volontés, et en fin nous recevrons de ce grand Dieu, comme je l'en prie de tout mon cceur, et pour moy particulierement, la grace de remettre nostre esprit entre ses mains. Ainsy il le recevra comme il fit celuy de son cher et unique Fils, pour le faire jouir au Ciel, où nous le benirons eternellement de la gloire qu'il nous a acquise par sa Mort et Passion. Dieu nous en fasse la grace. Ainsy soit-il.

* Eccles., ni, 7.

Page 1