XLV. Pour LE ive DIMANCHE DE CARÈME
tant d'embarrassemens. Mais, mes cheres Filles, nostre bon Dieu vous a tant aymées qu'il vous a fait entendre son inspiration sacrée malgré ces tracas, encores que vous luy fissiez la sourde oreille et que possible vous n’y pensiez pas.
Galilée signifie aussi transmigration*. Il faut que vous sçachiez que nous naissons tous enfans d'ire* et de perdition, mais par le Baptesme nous sommes transportés en l'estat de grace *. Cependant la pluspart des hommes ne demeurent gueres en cet estat, car aussi tost ils tombent en des fautes desquelles neanmoins ils se peuvent relever par le moyen de la Confession. Dieu a esté si bon en nostre endroit qu'il a institué des Sacremens en son Eglise pour toutes sortes de vocations, et sa Providence a voulu qu'en toutes les conditions il y eust des Saints : des rois, des empereurs, des princes, des prelats, des mariés, des vefves, des clercs, des religieux. Tous se peuvent sauver en observant les commandemens; et pourtant il y en a si peu dans le Christianisme qui s'adonnent à la veritable vertu! Grace à Dieu il y a par tout des Chrestiens : en France, en Europe, en Asie, en Afrique, en fin dans tous les pais du monde ; mais le malheur est qu'il y en a si peu qui fassent profession de vrays Chrestiens que c'est grand pitié. Ils pensent faire prou quand ils se gardent des gros pechés, comme de desrober, de tuer et choses semblables ; et on dit : C'est un homme de bien. Neanmoins ils ne se soucient point des conseils que Nostre Seigneur donne, lesquels sont : Qui veut venir apres moy, qu'il renonce à soy mesme, prenne sa croix et me suive *, et tant d'autres beaux enseignemens qui nous. peuvent faire arriver à la perfection. Mes cheres Filles, vous avez mieux fait que tous ceux-là, car encores qu'ils se puissent sauver chacun selon sa vocation, bien qu'avec grande peine,ils sont si enfoncés dans la terre, dans les richesses, dans les vanités, que malaysement ils s'acquittent de leurs devoirs envers Dieu; bienheureux neanmoins sont-ils si, parmi tant d'empeschemens, ils suivent Nostre Seigneur selon leur capacité.
* S. Gregor. Mag., hom.xxiin Evang.,
3 Ébhes., I, 3.
* Coloss., 1, 15.
* Matt., xvi, 24.
* Caast:t. XXATIT
33 SERMONS RECLEILLIS
Passons à la seconde consideraron, car je ne veux pas esre lonz à fin que vous puissiez mieux faire vostre profit de cette petite exhortatoz. Nostre Sauveur voyant la muitrude qui lavoit tousiours suivi par ces montagnes st ce desert, ez un chemin aspre et raboteux, il en eut compassion* et pourveut à sa recessité. Si nous voulons que Nostre Seigneur avt soir de nous il le faut suivre emmi les croix st les espizes. Pour mov. je n'av pas accocstum- de riatter horement qu'il ne taut pas
en ces occasionrs: j2 dis tout entrer en Rei:z:on pour avoir des consolazions *. Je ne dis pas aussi que vous n'en aurez point. parce que je meazro:s. car je av bien que vous en aurez: mais pourtant il n'v faut pas venir 2 cette intentioa, mes cheres Fits. aizs pour v faire la volonté de Dieu et pour luy estre tan: soit peu plus aggreables.
Sçachez qu'il faudra mortier vos « sens exterieurs » et interieurs * : vostre memoire. vous ne ia devrez pius occuper sinon à ce qui est de i'obe:ssance. oub:tant ce que vous sgaviez au monde, quov quil tust bon. pour appreadre ce que l'on voudra: et quant à vostre volontà, il la faudra conformer à celle de vos Superieurs. Il ne vous sera point lovsible d'ouvr des choses inutiles, non pas mesme ce que vous pouviez bouaement entendre dans le monde: car il faut tout qui:ter en la Religion pour se dedier tout eatiere è la plus grande gioire de Dieu. Ainsy vos mains. vous ne ies tienórez plus dans des manchons. vous ne prendrez pius tant de peine pour les entretenir, mais les emploverez è tout ce que l'obeissance oriourera. Vos veux. vos vreilles. seront assujettis pour ne regarder ni entendre des choses vaines comme les passetemps. ains vous porterez la vele basse. De mesme vos SITES sens, les mortifini tous selon qu'on vous ecsetgnera. Vous n'aurez plis aucun souci de vous COGSeTveT, 3:315 .a'sserez tout ie sein de vous mesmes: en
fin. mes cheres Filles, i! vous faudra toutes conformer au boa piaysir de Dieu. et noz à vos inclinations.
Exam:nrez
dre (a de dire. Vous avez vostre volonté iibre pour faire ce que vous voudrez . SOrtir ou
dea si vous avez le courage d'entrepren-
ce que nous venoas
VA