LcUre àJacobi, Voyez JacobVs Werke, tome IV, page 16G
lï INTRODIXTION.
comme Jacobi Ta fort solidement remarqué ' , sa méthode elle-même ; c*en est seulement Fenveloppe, et il y a ic^ une question tout autrement grave que celle de Fexposition et du style, c*e$t la question des véritables .conditions de la science .et de la portée même de resprit humain.
Spinoza veut que la science prenne son point d* appui dans l'objet le plus élevé de la pensée, et que, descendant ensuite par degrés des hauteurs de l'Être en soi et par soi, elle suive la chaîne des êtres et reproduise dans le mouvement et Tordre de ses conceptions Tordre vrai et le réel mouvement des choses. Si cette méthode est la véritable, il importe fort peu que Spinoza ait employé ou non la forme géométrique. En connaît-on d'ailleurs 4pelqu'une qui soit mieux appropriée à une méthode essentiellement déductive, et qui paraisse plus capable d'en assurer la marche, d'en tempérer la hardiesse, d'en corriger les excès?
Si, au contraire, cette méthode ri*est pas la véritable, il faut condamner alors, jeTavoue, la forme géométrique, mais avec elle et avant tout la méthode ambitieuse et téméraire qu'elle recouvre. Laissons donc de côté la forme géométrique des pensées de Spinoza, et rendonsnous compte de sa méthode.
Génie essentiellement réfléchi, élevé à l'école sévère de Descartes , Spinoza n'ignorait pas qu'il n'y a point en philosophie de problème antérieur à celui de la méthode. La nature et la portée de l'entendement humain. Tordre légitime de ses opérations, la loi fondamentale qui les doit régler, tous ces grands objets avaient occupé ses
i. JacobVs Werke, l.c.
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premières méditations, et il ne cessa de s'en inquiéter pendant toute sa vie. Nous savons qu'avant d'écrire son Éthique, ou, comme il l'appelle avec raison, sa philosophie, il avait jeté les bases d^ùn traité complet sur lar méthode', ouvrage informe, mais plein de génie, plusieurs fois abandonné et repris sans jamais être achevé, où toutefois les vues générales de Spinoza sont suffisamment indiquées à des yeux attentifs par des traits d'une force et d'une hardiesse singulières.
Au commencement die cet ouvrage, Spinoza nous trace le tableau d'une âme à qui les biens périssables ne Suffisent plus, et qui cherche, loin de ta volupté, de la glbife, et déboutes lies chfnnéfes dont la poursuite occupe et fetigue les âmeis tulgaii^s, là sérénité durable et la paix.
<c L'expérience, dit-il, m'ayant appris à reconnaître que tous les événements ordinaires de to vie commune sont choses vaines et ftttiles,.... j'ai pris enfin la résolution de rechercher s'il eri^e un bien véritable,.... un bien qui puisse remplir à lui seul l'âme tout entière, après qu'elle a rejeté tout ïe reste , en un mot, un bien qui donne à l'âme, quand efife le trouve et le possède, l'éternel et suprême bonfaetïr *• *
Pourquoi de telles pensées au début d'un traité sur la méthode? c'est que Spinoza ne sépare point dans la science deux choses ïnséparabtes dans la réalité : la poursuite du vrai et celle dti bien. A ses yeux, l'homme est essentiellement un être qui pense, et, pour prendre^ sa forte exprefssion, une idée, te bonheur d'un tel être
1 . C'est le traité qui a pour titre : De la^ RéfofVM. de l'ErUendemenL Voyf i notre tome III. \