II AVANT-PROPOS
n'existât que dans mon imagination; mais peut-être les observateurs placides qui me trouvent trop effrayé font-ils comme ces personnes d'humeur prudente qui dans les grands incendies ne manquent pas de dire : ce n'est rien, c'est un feu de paille qui de lui-même s'éteindra. Puis on rentre chez soi pendant queles autres courent au feu.
Quoi qu'il en soit, j'espère au moins que mes sincères inquiétudes et mes longues réflexions me vaudront d'être écouté avec quelque indulgence au moment où je viens enfin présenter au public mes conclusions sur Spinoza.
J'ai conservé de la première Introduction tout ce qui m'a paru irréprochable, non toutefois sans de fortes retouches et de nombreux remaniements. J'ai ajouté un chapitre sur la politique de Spinoza, addition d'autant plus opportune que je complétais en même temps mon travail de traducteur, en donnant le Traité politique omis dans l'édition de 1844 ^
Dans la seconde partie de l'Introduction nouvelle, j'ai usé Ubrement de tous mes travaux antérieurs; mais je ne me suis pas borné à retoucher et à combiner; j'ai développé et ajouté partout où il a été nécessaire. Ainsi le chapitre sur les origines de la philosophie de Spinoza est entièrement nouveau.
Telle qu'elle est, ainsi agrandie, refondue et com-
1. nn*y a plus en dehors de ma traduction que la Grammaire hébraïque, ouvrage de peu d'intérêt, même pour les pliilologucs , et le tienati Descartes Principia, qui n'est vraiment pus un écrit original de Spinoza, mais un résumé de la philosophie de Descartes destiné à un jeune écolier.