‹ Œuvres de Spinoza (volume 3)Chapitre 85 sur 96 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Note I ( page 67 delà traduction). — Les mots hébreux qui signifient prophète, prophétie, ont é(é bien entendus par R. Salomon Jaschi, mais mal traduits par Âben-Hczra, qui était loin d*ètre aussi versé dans Tintelligence de la langue hébraïque. 11 faut remarquer également ici que le mot hébreu qui répond à prophétie a une signification générale, et comprend toute façon quelconque de prophétiser. Les antres mots qui ont à peu près le même sens sont plus particuliers, et marquent tel ou tel genre de prophétie. C'est ce que les doctes savent parfaitement'.

Note II (page 68 de la traduction). — Quoiqtie la science naturelle soit divine, il ne s'ensuit pas cependant que ceux qui renseignent soient autant de prophètes, c'est-à-dire autant d'interprètes de Dieu. Celui-là seul, en efîet, est interprète de Dieu qui découvre les décrets divins, que Dieu même lui a révélés, à ceux qui n'ont pas reçu cette révélation, et dont la croyance n'a, par conséquent, d'autre appui que l'autorité du prophète et la confiance qu'elle inspire. S'il en était autrement , si les hommes qui entendent les prophètes devenaient prophètes

1. Sur les Notes marginales, voyez la notice biographique dont j'ai fait précéder la traduction du Traité Théologico-Politique.

2. Je dois prévenir ici le lecteur qu'il m'a été impossible , ne sachant pas l'hébreu, de traduire complètement et littéralement deux ou trois notes de Spiuosa , qui s'adressent surtout aux hébraïSants. En pareil cas j'ai tâché seulement de ne pasm'écartcr du sens général de la note , aimant mieux omettre une ligue que de l'entendre mal.

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eux-mêmes, comme deviennent philosophes ceux qui entendent les philosophes, le propliète cesserait alors d'être Tlnterprète des décrets divins , puisque ceux qui entendraient sa parole en connaîtraient la Tëribf, non sur la foi du prophète, mais par une révélation toute divine, comme la sienne , et par un témoignage intérieur. C'est aiusi que le souvenia, dans un Éti^t, est l'interprète du droit, |)arce que son autorité seule le défend, et que son seul témoignage rétablit.

Note m (page 70 de la traduction). — Partout où il voulait entendre ; lisez : Toutes les fois qu'il voulait l'entendre.

Note lY (page 81 de la traduction). ^ Les prophètes se distinguaient par une vertu singulière et au-dessus du commun » Bien qu'il y ait des hommes doués de certains avantages que la nature a refusés à tous les autres, on ne dit pas que ces hommes soient au-d|essus de la nature humaine; car il faudrait pour cela que les qualités qu'ils ont en propre ne fussent pas comprises dans l'essence ou la définition de l'humanité. Une taille de géant, par exemple, voilà une chose rare, mais tout humaine. De même, c'est un talent peu commun que celui d'improviser des vers; mais il n'y a rien là qui surpasse l'Iiorame. J'en dirai autant , par coitté> queut, de cette propriété qu'ont quelques individus de se représenter certains objets par l'imagination , je ne dis pas en dormant , mais les yeux ouverts , d'une manière aussi vive que si ces objets étaient devant eux. Que s'il se rencontrait une personne qui possédât d'autres moyens de percevoir que les nôtres et un autre mo<le de connaissance, il faudrait dire alors, sans contredit, qu'elle est au-dessus des limites imposées à la nature humaine.

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