ET LA PIÉTÉ ELLE-MÊME
fl Nous connaissons par là cpie nous demeurons en Dieu et que Dieu demeure en nous, parce qa*U nous a fait participer de son esprit. • (Jeah, Ép. /,ch. iT,t. 13.)
Si les hommes étaient capables de gouverner tonte la conduite de leur vie par nn dessein réglé, si la fortune leur était toujours favorable, leur àme serait libre de toute superstition. Mais comme ils sont souvent placés dans un si fâcheux état qu'ils ne peuvent prendre aucune résolution raisonnable , comme ils flottent presque toujours misérablement entre Tespérance et la crainte, pour des biens incertains qu'ils ne savent pas désirer avec mesure, leur esprit s'ouvre alors à la plus extrême crédulité; il chancelle dans l'incertitude ; la moindre impulsion le jette en mille sens divers , et les agitations de l'espérance et de la crainte ajoutent encore à son inconstance. Du reste^ observez-le en d'autres rencontres, vous le trouverez confiant dans l'avenir, plein de jactance et d'orgueil.
Ce sont là des faits que personne n'ignore, je suppose^ bien que la plupart des hommes, à mon avis, vivent dans l'ignorance d'eux-mêmes; personne, je le répète, n'a pu voir les hommes sans remarquer que lorsqu'ils sont dans la prospérité, presque tous se targuent, siignorants qu'ils puissent être, d'une telle sagesse qu'ils tiendraient à injure de recevoir un eonseU. Le jour de l'adversité vient-il les surprendre, ils ne savent plus quel parti choisir: on les voit mendier du premier venu un conseil, et si inepte, si absurde, si frivole qu'on l'imagine, ils le suivent aveuglément. Mais bientôt, sur la moindre apparence, Us re-