‹ Œuvres de Spinoza (volume 4)Chapitre 43 sur 116 · Voyez les Notes d9 Spmoiaf note · texte numérisé non relu

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prendre avec autant de eertiCiide qa'ik en ont eux-mêmes; et cela, sans le secours de la fol.

Ainsi donc, puisque notre âme, par cela seul qu'elle contient en soi objectiTement la nature de Dieu et en participe, est capable de former certaines notions qui lui expliquent la nature des choses et lui enseignent Tusage qu'elle doit faire de la vie, nous pouvons dire que l'àme humaine considérée en elle-même est la première cause de la révélation divine; car, ainsi que nous l'avons déjà remarqué, tout ce que nous eoQpevons 'clairement et distinctement, c'est ridée de Dieu, c'est la nature qui nous le révèle et nous le dicte, non par des paroles, mais d'une façon bien plus excellente et parfaitement convenable à l^ nature dé notre Ame : j'en appelle sur ce point à l'expérience de tous ceux qui ont goiité la certitude de l'entendement. Mais comme, mon principal objet est de traiter exclasivement de ce qui concerne l'Écriture^ je ne pousserai pas plus loin le peu que je viens de dire touchant la lumière naturelle ; et je passe immédiatement à l'examen des autres causes ou moyens dont Dieu se sert pour révéler aux hommes ce qui excède les limites de la connaissance naturelle et aussi ce qui ne les excède pas, car rien n'empêche que Dieu ne communique aux hommes par d'autres moyens ce qu'ils peuvent connaître par les lumières de la nature.

Or il faut remarquer avant tout qu'on ne peut rien dire sur cette matière qui ne soit tiré de la seule Écriture. i Que dire en effet sur des choses qui surpassent notre en- ^\ t«ndement, si ce n'est ce qui est sorti de la bouche des é\ ^opbètes ou ce qui est consigné dans leurs écrits 7 Et Dr! comme aujourd'hui nous n'avons plus, que je sache, de prophètes, il ne nous reste évidemment qu'à, examiner les Hvres sacrés que les anciens prophètes nous ont laissés ; avec cette condition de prudence, toutefois, que ^OQs n'établirons rien en pareille matière et n'attribuerons rien aux prophètes qui ne résulte avec clarté de leurs propres déclarations,

18 TRÀRf

Une observation essentielle qu'il faut faire d'abord, c'est que les Juifs ne font jamais mention des causes moyennes ou particulières. Par religion, par piété, ou, comme on dit, par dévotion, ils recourent toujours à Dieu. Le gain qu'ils font dans leur commerce est un présent de Dieu; s'ils éprouvent un désir, c'est Dieu qui y dispose leur cœur; s'ils conçoivent une idée, c'est Dieu qui leur a parlé. Par conséquent, il ne faut point croire qu'U y ait prophétie ou connaissance surnaturelle toutes les fois que l'Écriture dit ^ue Dieu a parlé; il faut que le fait de la révélation divine y soit marqué expressément, ou qu'il résulte des circonstances du récit.

n suffît de parcourir les livres sacrés pour reconnaître que toutes les révélations de Dieu aux prophètes se sont accomplies ou par paroles ou par figures, ou par ces deux moyens à la fois ; et ces moyens étaient, ou réels et placés hors de l'imagination du prophète, qui voyait les figures ou entendait les paroles , ou bien imaginaires, i'imagination du prophète étant disposée de telle sorte qu'il lui semblât entendre des paroles articulées ou voir des signes.

La voix dont Dieu se servit pour révéler à Moïse les lois qu'il voulait donner aux Hébreux était uncvoix véritable; cela résulte des paroles de VExode (chap. xxv, vers. 22): Et tu me trouveras /à, et je te parlerai de Venr droit qui est entre les deux chérubins. Ce qui prouve bien que Dieu parlait à Moïse d'une voix véritable ; puisque Moïse* trouvait Dieu prêt à lui parler, partout où il voulait l'entendre. Du reste, je prouverai tout à Theure que cette voix, par qui la loi fut révélée, est la seule qui ait été une voix réelle.

Je serais porté à croire que la voix dont Dieu se servit pour appeler Samuel était véritable, par ces paroles (chap. m, dernier verset) : Dieu apparut encore à Samuel en S kilo, s' étant manifesté à Samuel en Shilo par sa parole.

t. Voyez Im NqU^ de SpinoMiij note i*

TBÉOUMlCO'fÙLmQCE. 19

Ce qni semble dire qne l'apparition de Dien â Samuel ne fat autre chose que la manifestation de Dieu par la parôle, en d'autres termes, que Samuel entendit Dieu qui lui parlait. Mais comme il faut de toute nécessité mettre une dififérence en^ la prophétie de Moïse et celle des autres prophètes, il faut nécessairement aussi admettre que la voix qu'entendit Samuel était une voix imaginaire, surtout si l'on considère qu'elle ressemblait à la voix d'Héli que Samuel entendait tous les jours, et qui était par conséquent plus propre à frapper son imagination ; car Dieu l'ayant appelé par trois fois, il cnit toujours que c'était Hëli. Abimelech entendit aussi une voix, mais qui n'était qu'imaginaire , selon ce qui est marqué dans la Genèse (chap. xx, vers. 6) : Et Dieu lui dit en songe^ etc. Ce ne fut donc pas pendant la veille qu'il put se représenter la volonté de Dieu, mais pendant le sommeil; c'est-à-dire à ce moment où notre imagination est plus disposée que jamais à se représenter comme réel ce qui ne Test point.

Quant aux paroles du Décalogue, c'est le sentiment de quelques juifs que Dieu ne les prononça pas eflfeetivement, mais que ce fut pendant un bruit confus où aucune parole n'était articulée que les Israélites conçurent ces lois par la seule force de leur esprit. A voir la différence du Décalogue de VExode et de celui du Deatérth nome. Dieu n'ayant parlé qu'une fois, j'ai cru quelque temps avec eux que le Décalogue ne contient pas les propres paroles de Dieu, mais seulement un ensemble de préceptes. Mais, à moins de violenter le sens de l'Écriture, il faut tomber d'accord que les Israélites entendirent une voix articulée et véritable; car il est dit expressément {Deutéron.^ chap. v, vers. 4) : Dieu vous a parlé face à face^ etc.; comme deux hommes se communiquent leurs pensées par Tintermédiaire de leurs corps. n semble donc bien plus conforme au sens de TÉcriture de penser que Dieu créa une voix corporelle par rentremise de laquelle il révéla le Décalogue. On fera voir, du

lette, aa eh^ un de ce Traité ponrqiMBles pandeseC les pensées de l'on de ces IXécalogoes et celles de l'antre diffèrent entre elles. Haàs la difficulté ne disparaît pas toot entière ; car, enfin, il n'est pas médiocrement contraire à la raison de penser qa'nne chose créée, et qui a avec Dien le même rapport qne tonte antre chose, puisse ej4>rimer, on en réalité on par des paroles, l'essence on l'existence de TAeu^ et représenter Dieu en personne en disant: je suis Jéhovah ton Dieu, etc. Sans doute, quand la bouche de quelqu'un prononce ces paroles : J'ai camprisj nul ne s'imagine que c'est la bouche de celui qui parle qui a compris, mais bien son àme. Mais comme la bouche de celui qui parle est rapportée à sa nature^ dont elle fait partie, et que la personne à qui il s'adresse avait auparavant compris la nature de l'entendement, il lui est facile de comprendre la pensée de celui qui j^arle, en songeant que c'est un homme comme lui. Mais je ne comprends pas qne des hommes qui ne connaissaient absolument rien de Dieu que son nom, et désiraient lui parler afin d'être certains de son existeooe, aient pu trouver la satisfaction de leur vœu dans une créature qui prononça ces mots : je suis Dieu ; puisque cette créature n'avait pas avec Dieu un plus intime rapport que toutes les autres, et ne représentait point sa nature. En vérité, je le demande, si Dieu avait disposé les lèvres de Moise, que dis-je de Moïse, d'un animal quelconque , de façon qu'il eût prononcé ces mots : je suis Dieu , cela aurait-il fait comprendre aux Israélites l'existence de Dieu 7

D'un autre côté, rÉcriture paraît bien affirmer d'une manière expresse que Dieu lui-même parla aux Hébreux, puisqu'il ne descendit du ciel sur le Sinaï que pour cela, et que non-seulement les Hébreux l'entendirent parler, mais les principaux de la nation purent le voir {Exode^ chap. 24). Car il faut remarquer que la loi qui fut révélée à Moïse, cette loi à laquelle on ne pouvait rien ajouter» ni rien ôter, et qui était comme le droit de la patrie^

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n'enseigne en au3nn endroit qae Dieu soit incorporel, sans figure, et qu'on ne puisse le représenter par une image, mais seulement qu'il y a un Dieu, qu'il faut y croire, et n'adorer que lui ; et c'est seulement pour que le culte de Dieu ne fût point abandonné que la loi défendit de s'en former et d'en façonner aucune image. Car les Juifs, n'ayant jamais vu d'image de Dieu, n'en pouvaient façonner aucune qui fut ressemblante; elle aurait été nécessairement copiée sur quelque créature, et tandis qu'ils auraient adoré Dieu sous cette fausse image, leur pensée aurait été occupée de cette créature et non pas de Dieu, de sorte que c'est à elle qu'ils auraient rendu les hommages et le culte qui ne sont dus qu'à Dieu. Mais, ^n réalité, l'Écriture dit clairement que Dieu a une figure, puisqu'elle dit que Moïse, au moment où il entendait parler Dieu , regarda sa figure , et sans être assez heureux pour la voir, en aperçut toutefois les parties postérieures. Je sub donc convaincu que ce récit cache quelque mystère, et je me réserve d'en parler plus bas avec étendue, quand j'exposerai les passages de l'Écriture qui marquent les moyens dont Dieu s'est servi pour révéler aux hommes ses décrets.

Que la révélation ne se soit faite que par des images, c'est ce qui est évident par le premier livre des Parait" pomènes, chap. 22, où Dieu manifeste sa colère à David par un ange qui tient une épée à la main. Il en arrive autant à Balaam. Et bien que Maimonides se soitima-, giné avec quelques autres que cette histoire, et toutes! celles où il est parlé de l'apparition des anges, comme celle de Manoa, d'Abraham, qui croyait immoler son fils, etc., sont des récita de songes, parce qu'il est impossible de voir un ange les yeux ouverts, cette explication n'est qu'un bavardage de gens qui veulent trouver bon gré mal gré dans l'Écriture les billevesées d'Aristote et leurs propres rêveries ; ce qui est bien, selon moi, la chose Sa monde la plus ridicule.

C'est par des images sans réalité et qui ne dépen-

daient que de l'imagination du prophète, que Dieu révéla à Joseph sa future grandeur. *

C'est par des images et par des paroles que Dieu révéla à Josué qu'il combattrait pour les Hébreux, en lui montrant un ange l'épée à la main, et comme à la tête de son armée : ce qu'il lui avait déjà fait connaître par des paroles que Josué avait entendues de la bouche de l'ange. Ce fut aussi par des figures qu'Isaïe connut (ainsi qu'on en trouve le récit au chap. vi) que la providence de Dieu abandonnait le peuple ; savoir : en se représentant le Dieu trois fois saint sur un trône fort élevé, et les Israélites noyés à une grande profondeur dans un déluge d'iniquités, et souillés de la fange de leurs crimes. Voilà ce qui lui fit comprendre le misérable état où se trouvait alors le peuple, et ses calamités futures lui furent révélées de la sorte, comme si Dieu avait parlé. Je pourrais citer beaucoup d'exemples de cette nature, si je ne pensais qu'ils sont suffisamment connus de tout le monde.

Mais la confirmation lapins claire de ce que j'ai avancé se trouve dans un texte des Nombres (chap. xii, vers. 6, 7 et 8) qui porte : SHl est parmi vous quelque prophète de Dieu, je me révélerai à lui en vision (c'est-à-dire par des figures et des hiéroglyphes, puisqu'il est dit de la prophétie de Moïse que c'est une vision sans hiéroglyphes), je lui parlerai en songe (c'est-à-dire sans paroles réelles, sans voix véritable). Mais je n'agis point ainsi avec Moïse ; je lui parle bouche à bouche, et non par énigmes ; et il voit la face de Dieu. En d'autres termes. Moïse me voit et s'entretient avec moi sans épouvante, et comme avec un égal, ainsi qu'on peut voir dans l'^'arorfe (chap, xxxm, vers. 47). Il n'y a donc pas le moindre doute que les autres prophètes n'ont jamais entendu de véritable voix, ce qui est confirmé encore par le Deutéronome (chap. xxxiv, vers. 10): Jamais prophète ne s*est rencontré {littéralement^ fc^^*) en Israël, que Dieu ait connu face à face^ comme Moïse; ce qui doit s'entendre non de la face, mais seulement de

la vbîx, puisque Moïse lui-môme ne vit jamais la face de Dieu {Exode, chap. xxxin).

Je ne vois point dans TÉcriture que Dieu se soit servi d'autres moyens que de ceux-là pour se communiquer aux hommes, et par conséquent il n'en faut imaginer ni admettre aucun autre. Et bien qu'il soit aisé de comprendre que Dieu se puisse communiquer immédiatement aux hommes, puisque sans aucun intermédiaire corporel il communique son essence à notre âme, il est vrai néanmoins qu'un homme^ pour comprendre par la seule force de son âme des vérités qui ne sont point contenues dans les premiers principes de la connaissance humaine et n'en peuvent être déduites, devrait posséder une âme bien supérieure à la nôtre et bien plus excellente. Aussi je ne crois pas que personne ait jamais atteint ce degré éminent de perfection, hormis Jésus- Christ, à qui furent révélés immédiatement, sans paroles et sans visions, ces décrets de Dieu qui mènent l'homme au salut. Dieu se manifesta donc aux apôtres par l'âme de Jésus-Christ, comme il avait fait à Moïse par une voix aérienne ; et c'est pourquoi l'on peut dire que la voix du Christ, comme la voix qu'entendait Moïse, était la voix de Dieu. On peut dire aussi dans ce même sens que la sagesse de Dieu, j'entends une sagesse plus qu'iiumaine, s'est revêtue de notre nature dans la personne de Jésus-Christ, et que Jésus-Christ a été la voie du sdut. •

Je dois avertir ici que je ne prétends ni soutenir ni réjeter les sentiments de certaines ËgUses touchant Jésus- Christ ; car j'avoue franchement que je ne les comprends pas ' . Tout ce que j'ai soutenu jusqu'à ce moment, je l'ai tiré de l'Écriture elle-même; car je n'ai lu en aucun endroit que Dieu ait apparu à Jésus-Christ ou qu'il lui ait parlé, mais bien que Dieu s'est manifesté par

1 . Spinoza s'exprime plus onvertement encore dans nne lettre à Oldenburg : ■ Non minus absurde mihi loqui videntwr quam si quis mifU diceret quod otrculus tfoUram quadratiindu&rit. • (Voyez Lettres de Spinoza, Lettre Y.)

Jésus-Christ anx apôtres et qu'il est la voie du saint, et enfin que Dieu ne donna pas l'ancienne loi immédiatement, mais par le ministère d'un ange, etc. De sorte que si Moïse s'entretenait avec Dieu face à face, comme im homme avec son égal (c'est-à-dire par l'intermédiaire de deux corps), c'est d'âme à âme que Jésus-Christ communiquait avec Dieu.

Je dis donc que personne, hormis Jésus-Christ, n'a reçu des révélations divines que par le secours de l'imagination, c'est-à-dire par le moyen de paroles on d'images, et qu'ainsi, pour prophétiser, il n'était pas besoin de posséder une âme plus parfaite que celle des autres hommes, mais seulement une imagination plus vive, ainsi que je le montrerai plus clairement encore dans le chapitre suivant. U s'agit maintenant d'examiner ce que les saintes lettres entendent par ces mots : l'esprit de Dieu descendu dans les prophètes, les prophètes parleront selon l'esprit de Dieu. Pour cela, nous devons premièrement rechercher ce que signifie le mot hébreu ruagh^ que le vulgaire interprète par le mot esprit.

Dans le sens naturel, le mot ruagh signifie, comme on sait, vent y et bien qu'il ait plusieurs autres significations, toutes se ramènent à celle-là; car il se prend pour signifier : i"" le soufOie, comme dans le psaume cxxxi, vers. <7 : ce Aussi il ny a point d'esprit dans leur bouche ; » 2^ la respiration, comme dans Samuel (1, chap. xxx, vers. 12) : f Et l'esprit lui revint, » c'est-à-dire il respira; 3®lecoiitage et les forces, comme dans Josué (chap. u, vers. 2) : c Et aucun homme ne conserva Vesprit\ » de même dacos Éxéchiel (chap. n, vers. 2): a Et l'esprit me revint (c'est-idire la force), et me fit tenir ferme sur mes pieds; » 4o la vertu et l'aptitude, comme dans Job (chap. uxu, vers. 9) : a Et certes l'esprit est dans tous les hommes, » c'est-à-dire il ne faut pas chercher exclusivement la science dans le» "neîUards, car je trouve qu'elle dépend de la vertu et de la capacité particulière de chaque homme; de même dans les Nombres (chap. xxvin, vers. 18} : « Cet homme esk fia

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Vesprit; » 5® Tintention de Tâme, comme dans les inbres (chap. xiv, vers. 34) : a Parce qu'il a eu un autre nty » c'est-à-dire une autre pensée, une autre intent. De même dans les Proverbes (chap. i, vers. 23) : ; wms dirai mon esprit^ o c'est-à-dire mon intention. e prend encore dans ce même sens pour signifier la 3ntô, le dessein» l'appétit, le mouvement de l'âme, ime dans ^zecAi^/ (chap. i, vers. 12): a Ih allaient 'bavaient l'esprit (c'est-à-dire la volonté) d*aller. » De ne dans IsaHe (chap. xxx, vers, i): a Et vos entreprises iennent point de mon esprit. » Et plus haut (chap. xxix, s. 10) : « Parce que Dieu a répandu sur eux l'esprit st-â-dire le désir) de dormir. » Et dans les Juges ip. vni, vers. 3): a Et alors leur esprit (c'est-à-dire le ayement de leur âme) fut adouci. » De même dans les werbes (chap. xvi, vers. 32); « Celui qui dompte son rit (c'est-à-dire son appétit) vaut mieux que celui qui «d une ville. » Et plus haut (chap. xxv, vers. 27) : lamme qui ne réprime point son esprit. » Et dans Jsate ap. xxxiu, vers. 11) : u Votre esprit e$t un feu qui vous tume. » Enfin, ce mot ruaghy en tant qu'il signifie le» sert à exprimer toutes les passions de l'âme et si toutes ses qualités, comme : esprit katU pour signi-

rorgneU, esprit bas pour l'humilité, esprit mauvais ir la haine et la mélancolie, «s/9rtV6o9i pour la douceur.

dit encore : un esprit de jalousie^ un esprit (c'est-â- 3 un appétit) de fornication^ un esprit de sagesse^ de con^ y de force^ c'est-à-dire un esprit sage, prudent, fort r nous nous servons en hébreu de substantifs plutôt ) d'adjectifs), une vertu de sagesse, de conseil, de ce. On dit encore : un esprit de bienveillance. 6* Ce mot BÎfie encore l'àme, comme dans VEcdésiaste (III, s. 10): « L'esprit (c'est-à-dire l'âme) est le même en I les hommes^ et l'esprit retourne i Dieu; » 7* enfin, les lies du monde (à cause des vents qui soufflent de en côtés), et aussi les parties d'une chose quelconque itivea à ees différentes régions. (Voy. Ézéchitl^ n. 3

chap. xxxvn, vers. 9; chap, xui, vers. 16, 17, 18, 19, etc.) Remarquons maintenant qu'une chose se rapporte à Dieu et est dite chose de Dieu : l^' quand eUe appartient à la nature de Dieu et en est comme une partie, comme la puissance de Dieu, les yeux de Dieu ; — 2» quand elle est en la puissance de Dieu, et agit suivant ses volontés ; c'est ainsi que les cieux sont appelés les cieux de Dieu^ parce qu'ils sont le char et la demeure de Dieu ; dans le même sens, l'Assyrie est appelée fléau de Dieu^ et Nabuchodonosor le serviteur de JDieuy etc.; — 3" quand elle est consacrée à Dieu, comme le temple de Dieu^ le Nazaréen de Dieu, le pain de Dieu, etc.; — 4« quand elle nous est révélée par les prophètes, et non par la lumière naturelle ; c'est ainsi que la loi de Moïse est appelée loi de Dieu; — 5** quand on veut exprimer d'une chose le plus haut degré d'excellence, comme les montagnes de Dieu, c'est-à-dire de très-hautes montagnes ; un sommeil de Dieu, c'est-à-dire très-profond ; et c'est dans ce sens qu'il faut entendre Amos (chap. iv, vers. 11), quand il met dans la bouche de Dieu ce langage : « Je vous ai détruits, comme la destruction de Dieu {sl détruit) Sodome et Gomorrke;n destruction de Dieu marque ici une mémorable destruc- . tion ; car puisque c'est Dieu qui parle, cela ne peut s'entendre autrement, La science naturelle de Salomon est aussi appelée science de Dieu , c'est-à-dire science divine, science extraordinaire. Les Psaumes parlent aussi des cèdres de Dieu pour en exprimer la prodigieuse hauteur. Dans Samuel (chap. xi, vers. 7), pour signifier une crainte extrême, il est dit : « Et une crainte de Dieu tomba sur le peuple, » .C'est ainsi que les Juifs rapportaient à Dieu tout ce qui passait leur portée, tout ce dont ils ignoraient alors les causes naturelles. Ils appelaient b tempête un discours menaçant de Dieu; les tonnerres, les éclairs étaient les flèches de Dieu; car ils s'imaginaient que Dieu tient les vents enfermés dans des cavernes qu'il* appelaient les trésors de Dieu, ne différant en cela d^ païens qu'en ce point qu'au lieu d'Éole, c'est Dieuqi^

THfOLOGIGOHPOUTIQUB. ^

38t le maître des vents. C'est encore pour cette raison que les miracles sont appelés ouvrages de Dieuj ce qui vent dire des choses très-merveillenses^ puisque toutes les choses naturelles sont des ouvrages de Dieu, et n'existent et ne se développent que par la seule puissance de Dien. On doit donc prendre dans ce sens le Psalmiste quand il appelle les miracles d'Egypte des effets de la puissance de Dieu ; ce qui veut dire que les Hébreux^ qui le s'attendaient à rien de semblable, ayant trouvé dans les plus extrêmes périls un moyen de salut, en furent frappés d'étonnement.

Ainsi donc, puisque ce sont les ouvrages extraordioaires de /a nature que l'on appelle ouvrages de Dieu, si que les arbreS d'une hauteur prodigieuse sont nommés aibres de Dieu, il ne faut point s'étonner que dans la Genèse les hommes d'une grande force, d'une grande stature soient appelés fils de Dieu, quoique impies du reste, ravisseurs et libertins. C'est donc une coutume BUitique, non-seulement des Juifs, mais aussi des païens, de rapporter à Dieu tout ce qui donne à un objet un caractère d'excellence et de supériorité. Aussi nous lisons que Pharaon, dès qu'il eut entendu l'interprétation du BOnge qu'il avait fait, dit à Joseph .que l'esprit des dieux était en lui. Nabuchodonosor en dit autant à Daniel. Rien de plus fréquent chez les Latins, qui disaient d'un ouvrage fait avec art : cela est fait de main divine ; ce qu'il faudrait traduire ainsi en hébreu (comme tous les hébraïsants le savent fort bien) : cela est fait de la main de Dieu,

(kl voit donc qu'il est aisé de comprendre et d'interpréter les passages de l'Écriture où il est question de Vesprit de Dieu. Car V esprit de Dieu, Vesprit deJéhovah ne âgDifient en certains endroits rien autre chose qu'un vent très-violent, très-sec, un vent funeste; ainsi dans /«ate, chap. xl, vers. 7) : a Et un esprit de Jéhovah souffla «w /ta, » c'est-à-dire un vent sec et funeste ; et dans la Genèse (chap. i, vers. 2) : « Et le vent de Dieu (c'està-dire ^venttrès-vident) soufflerr/^ ' ux. » — Esprit signi-

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fie encore un grand courage. Ainsi le courage de Gé* déoD , celui de Samson sont appelés , dans les saintes lettres, esprit de Dieu ^ c'est-à-dire cœur intrépide et prêt à tout. C'est encore dans ce sens qu'une vertu ou une force extraordinaire, de quelque espèce qu'eUe soit, est appelée esprit ou vertu de Dieu, comme dans V Exode (chap. XXXI, vers. 3) : « Et je le remplirai (Beizaléel)€tu^ esprit de Dieu, » c'est-à-dire, ainsi que TÉcriture elle-/ même l'expUque, d'une intelligence et d'une adresse] au-dessus du commun. De même, dans Isaïe (chap. xi, '} vers, 2) : « Et Vesprit de Dieu reposera sur lui, » c'est-àdire, suivant l'usage de l'Écriture et les explications que donne Isaïe lui-même un peu plus loin, un esprit de sagesse, de conseil, de force, etc. — De nlême, la mélancolie de Saiil est appelée mauvais esprit de Dieu, c'est-àdire une mélancolie très-profonde; car les serviteurs de Saiil, qui appelaient sa mélancolie une mélancolie d0 Dieu, furent justement ceux qui lui conseillèrent de faire venir un musicien qui le pût distraire en jouant de la lyre; ce qui prouve bien que par mélancolie de Dieu ils entendaient une mélancolie naturelle. — Enfin l'esprit de Dieu signifie l'àme ou l'intelligence de l'homme, comme dans Job (chap. xxxvu, vers. 3) : « Et l'esprit di Dieu était dans mes narines, » faisant allusion à ce qui est écrit dans la Genèse, savok : que Dieu souffla aux narines de l'homme une àme vivante. Ainsi Ézéchîel, prophétisant aux morts, leur dit (chap. xxxvn, vers. 44) : « «fe vous donnerai mon esprit, et vous vivrez, n c'est-à<<lire je vous rendrai la vie. C'est dans ce sens qu'il faut ententke Job (chap. XXXIV, vers. 14) : a Quand il voudra (Dieu), il retirera à soi son esprit et son souffle » (c'est-à-dire la vie qu'il nous a donnée) ; et la Genèse (chap. vi, vers. 3) : « Non esprit ne raisonnera plus (ou ne gouvernera plus) unis l'homme, parce qu'il est chair, » c'est-à-dire l'homme désormais ne se gouvernera plus que par les instincts de la chair, et non par les décisions de la raison que je hd ai donnée pour discerner le bien du mal. De môme, dans

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& Ptaumes (ps. u, vers, 42, id) : a Créez en moi un cceur uTf à Dieuy et renouvelez en moi un esprit droit (c'est-àire une volonté bien réglée); ne me rejetez pas de votre résence, et ne m'àtez pas l'esprit de votre sainteté. » On voyait alors que les péchés avaient pour cause unique L chair, Tesprit ne conseillant jamais que le bien; c'est onr cela que le Psalmiste invoque le secours de Dieu 9ntre les appétits de la chair, et prie ce Dieu saint de li conserver seulement Tàme qu'il lui a donnée. On ^marquera aussi que l'Écriture représentant d'ordinaire ieu à l'image de l'homme, et lui attribuant une âme, un sprit, des passions, et en même temps un corps et un raffle, tout cala pour se proportionner à la grossièreté a vulgaire, Vespr^^ de Dieu est souvent pris dans les livres ncrès pour l'àme de Dieu» pour son esprit, ses passions, a force, le souffle de sa bouche. Ainsi nous lisons dans sme (chap. xl, vers, id) : « Qui a disposé l'esprit de Dieu?)) 'est-4-dire son âme ; ce qui signifie : Qui a pu détermier l'âme de Dieu, si ce n'est Dieu lui-même, à vouloir e qu'il veut? et dans le chap. lxiu, vers. 10 : a Et ils ont Qoablé d'amertume et de tristesse f esprit de sa sainteté. oilà pourquoi esprit de Dieu se prend ordinairement oiur loi de Moïse, laquelle en effet exprime la volonté le Dieu. Ainsi on lit dans Isaie (même chap., vers. 11) : i Ok est celui qui a mis au milieu d'eux l'esprit de la sain- Héf » c'est-à-dire la loi de Moïse, comme cela résulte le toute la suite du discours ; et dans Néhémias (chap. ix, ven. 20) : « Et vous leur avez donné votre bon esprit pour h rendre intelligents, o Le prophète parle ici du temps de la Loi, et fait allusion à ces paroles de Moise dans le Jkuiéronome (chap. iv, vers. 6) : a Parce quelle est (la Loi) wftie science^ votre prudence^ » etc. De même dans le puame cxliii, vers. 11 : a Votre bon esprit me conduira imsunpays uni;')) c'est-à-dire, votre volonté, qui nous a 6lé révélée, nous conduira dans une voie droite. Esprit le Dieu signifie aussi, comme on Ta déjà dit, le souffle^de Xeo» lequel est attribué à Dieu dans le même sens gros*

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sier qui laî fait donner dans TÉcriture une âme, une intelligence, un corps, comme dans le psaume xxxiu, vers. 6. Esprit de Dieu se prend ensuite pour la puissance, la force^ la vertu de Dieu, comme dans Joh (chap. XXXIII, vers. 4) : a L esprit de Dieu m'a fait^ » c'est-àdire sa vertu, sa puissance, ou, si vous aimez mieux, sa volonté. Car le Psalmiste dit aussi, dans son langage poétique, que les cieux ont été faits par l'ordre de Dieu, et que toute l'armée des astres est l'ouvrage de son esprit ou du souffle de sa bouche (c'est-à-dire de sa volonté, exprimée en quelque sorte par un soufDe). De même, dans le psaume cxxxix, vers. 7, il est dit : « Où irai'je (pour être) hors de ton esprit ? Ou fuirai-je (pour être) Aor5(fe ta présence^ n c'est-à-dire? d'après la suite même du discours où le Psalmiste développe cette pensée, où puis-je aller pour échapper à ta volonté et à ta présence? — Enfin, esprit de Dieu s'emploie dans les livres saints pour exprimer les affections de Dieu, sa bonté, sa miséricorde, comme dans Michée (chap. ii, vers. 7): « L'esprit de Dieu (c'est-à-dire sa miséricorde) a^t-il diminué^ et ces pensées cruelles sont-elles son ouvrage ?» De même, dans ZacAam (chap. 4, vers. 7): « Non par une armée, non par la force, mais par mon seul esprit, » c'est-àdire par la miséricorde de Dieu. C'est aussi^ans ce sens que je crois qu'il faut entendre le même prophète (chap. vu, vers. 12) : « Et ils ont usé de ruse dans leur cœur pour ne pas obéir â la loi et aux ordres que Dieu leur « donnés dans son esprit (c'est-à-dire dans sa miséricorde) par la bouche des premiers prophètes. » J'entends aussi de la môme façon Haggée (chap. n, vers. 5) : a Et mm esprit (c'est-à-dire ma grâce) demeure parmi vous. Cesser de craindre. » Quant au passage àUsaie (chap. XLvni» vers. 16) : a Et maintenant le Seigneur Dieu et son esprit m'ont envoyé, » on peut entendre l'âme, la miséricorde de Dieu, ou sa volonté révélée par la loi ; car il dit: « P^ le commencement (c'est-à-dire dès que je siils venu ver* vous pour vous annoncer la colère de Dieu et la sentence

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qu'il a portée contre vous) je n'ai point parlé en termes obscurs; aussitôt qu'elle a été (prononcée), je suis venu (ainsi quîl Ta témoigné au chap. vn) ; mais maintenant je suis un messager de joie, et la miséricorde de Dieu m'envoie vers vous pour célébrer votre délivrance. » On peut aussi entendre, je le répète, la volonté de Dieu révélée par la Loi, c'estnà-dire que le prophète est venu les avertir suivant Tordre de la Loi, exprimé dsins le Lévitique, au chap. XIX, vers. 17. n les avertit donc dans les mêmes conditions et de la même manière que faisait ordinairement Hoise. Et enfin il termine, comme Moïse, en leur prédisant leur délivrance. Toutefois la première explication me semble plus d'accord avec l'Écriture.

Pour en revenir enfin à notre objet, on voit par toute la discussion qui précède ce qu'il faut entendre par ces phrases de l'Écriture : L'Esprit de Dieu a été donné aux prophète ; Dieu a répandu son Esprit sur les hommes; les hommes sont remplis dé F Esprit de Dieu, du Saint-Esprit, Elles ne signifient rien autre chose sinon que les prophètes se distinguaient par une vertu singulière et audessus du commun, qu'ils pratiquaient la vertu avec une constance supérieure, enfin qu'ils percevaient l'àme ou la volonté ou les desseins de Dieu. Nous avons montré en effet que cet Esprit, en hébreu, signifie aussi bien l'àme elle-même que les desseins dé l'àme ; et c'est pour cela que la Loi, cjui exprime les desseins de Dieu, est appelée l'esprit ou l'âme de Dieu. L'imagination des prophètes , en tant que les décrets de Dieu se révélaient par eUe, pouvait donc être appelée au même titre l'àme de Dieu ; et les prophètes , dans ce sens, avaient l'âme de Dieu. Mais quoique l'àme de Dieu et ses étemels desseins soient gravés aussi dans notre ftme , et que nous percevions en ce sens l'àme de Dieu (pour parler comme l'Écriture), cependant, comme la connaissance naturelle est commune à tous les hommes, elle a moins de prix à leurs yeux, ainsi que nous Tavons déjà expUqué ; surtout aux yeux des Hébreux, qui se vaih-

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talent d'être au-dessus du reste des mortels , et mépri.* soient, en conséquence, les autres hommes et la science qui leur était commune avec eux. Enfin , les prophètes passaient pour avoir l'esprit de Dieu, parce que les hommes, dans l'ignorance des causes de la connaissance prophétique, avaient une grande admiration pour elle, et, la rapportant à Dieu lui-même, comme ils font toutes les choses extraordinaires, lui donnaient le nom de con- ' naissance divine.

Nous pouvons donc maintenant dire sans scrupule que les prophètes ne connaissaient ce qui leur était révélé par Dieu qu'au moyen de Pimagination , c'est-à-dire par l'intermédiaire de paroles ou d'images , vraies ou fantastiques. Ne trouvant en effet dans l'Écriture que ces moyens de révélation, nous n'avons pas le droit d'en supposer aucun autre. Maintenant, par quelle loi de la nature ces révélations se sont-elles accomplies ? J'avoue que je 11gnore. Je pourrais dire, comme beaucoup d'autres , que tout s'est fait par la vobnté de Dieu; mais j'aurais l'air de parler pour ne rien dire. Car ce serait comme si je Tcjulais expliquer la nature d'une chose particulière par quelque terme transcendantal. Tout a été fait par la puissance de Dieu; et comme la puissance de la nature n'est rien autre que la puissance même de Dieu ^, il s'ensuit que nous ne connaissons point la puissance de Dieu , en tant que nous ignorons les causes naturelles des choses, n y a donc une grossière absurdité à recourir i la puissance de Dieu quand nous ignorons la cause naturelle d'une chose, c'est-i-dire la puissance de Dieu elle-même. Mais il n'est pas nécessaire pour notre dessein d'assigner la cause de la connaissance prophétique; car nous avons expressément averti que nous nous bornerions ici à examiner les principes dans l'Écriture, afin d'en tirer» comme nous ferions de données naturelles, certaines conséquences, sans rechercher d'ailleurs d'où sont

i. Éthi%v§f part. 1, SefaoL de U Pcopoi. IS i Propos. 13, td, i6| 19, ete.

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Teiras ces principes, ce qui ne nous intéresse en rien.

Ainsi donc^ puisque les prophètes ont perçu par Tima* gination les révélations divines , il en résuite que leur faculté perceptive s'étendait bien au delà des limites de Tentendement; car avec des paroles et des images il est possible de former un plus grand nombre d'idées qu'avec les principes et les notions sur lesquels toute notre con naissance naturelle est assise.

On voit en outre clairement pourquoi les prophètes on toujours perçu et enseigné toutes choses par paraboles et d'une manière énigmatique, et exprimé corporellement les choses spirituelles; tout cela convenant à mer* veille à la nature de l'imagination. Nous ne nous étonnerons plus maintenant que l'Écriture et les prophètes parlent en termes si impropres et si obscurs de l'esprit ou de l'àme de Dieu, comme dans les Nombres^ chap. xi^ vers, il, et le premier livre des Rois^ chapitre xxii, vers. 2, etc., que Michée nous représente Dieu assis, que Daniel nous le peigne comme un vieillard couvert de blancs vêtements, Ézéchiel comme un feu , enfin que les personnes qui entouraient le Christ aient vu le Saint- Esprit sous la forme d'une colombe, les Apôtres comme des langues de feu , et Paul , au moment de sa conversion , comme une grande flamme ; tout cela s'accorde en effet parfaitement avec les images vulgaires qu'on se forme de Dieu et des esprits. D'un autre côté, l'imagination étant volage et inconstante , le don de prophétie ne restait pas attaché constamment aux prophètes; ce don n'était donc pas commun , mais très-rare, je veux dire accordé à très-peu d'hommes, et dans ceux-là même s'exerçant très-rarement. Or, puisqu'il en est ainsi, nous devons rechercher maintenant d'où a pu venir aux propbèteisla certitude qu'ils avaient touchant des choses qu'ils percevaient, non par des principes certains, mais par l'imagination. Et tout ce qui peut être dit à ce sujet, il ne faut le demander qu'à l'Écriture elle-même , puisque Q0U8 n'avons de ces objets, je le répète, aucune science

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vraie 9 et ne pouvons les expliquer par leurs premières causes. Gherciions donc ce qu'apprend rÉcriture sur la certitude des prophètes ; c'est le sujet du chapitre suivant.

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