‹ Œuvres de Spinoza (volume 5)Chapitre 27 sur 109 · NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE

Cette notice comprendra deux parties : je parlerai d'abord dei œuvres de Spinoza, puis des écrits publiés sur sa doctrine par ses disciples et par ses adversaires.

I. Le premier ouvrage de Spinoza est celui qui Ait publié wui ee titre : Renati Deseartes principiorum Philosophiœ pars I et II, mon geometrico demonstratasy per Benedictum de Spinoza, ÀmslelodamemM, '^Àcceuerunt ejttsdem Cogitata metaphysiea , quitus difficUiores, (ffitt tam in parte metaphysices gênerait quam speciali occurrunt, quoutiMif breviter explicantur, — Amstelodami, apud Joliannem lÛeowtftii

Cet ouvrage est un résumé très-bien fait de la philosophie de D01cartes. Spinoza l'avait dicté en partie à un jeune homme dont il solgmi^ l'éducation philosophique. Ses amis le pressèrent d'achever ce travail et de le publier. L'ouvrage parut, avec une préface de Louis Meyer,oà le lecteur est expressément averti que Spinosa ne lui donne pas sa propre pensée, mais celle d'autrui^

II. Le Traité théologico-politique est donc véritablement le pttukt ouvrage orighial de Spinoza ; il a été publié pour la première fois KM* ce titre :

Tbactatus THEOLOGico-POLiTiGUS , continens dissertaiiones aliquot qé^ ostenditur libertatem philosophandi non tantum salva pietate et reipubUc^ pace posse concedi; ud eamdem nisi cumpace reipi^flicœ ipsaque pietate tolli non posse.

Avec cette épigraphe : « Per hoc cognoschnus quod in Deo maD«nQ* M et Deus manet in nôbls, quod de spiritu suo dédit nobis. » (loi^' Epist, 1, cap. IV, vers. 13.) — Hamb., apud Henricum Ktlnrath. 167 Of in-4<>. 233 pages.

I . Yoyes particulièrement le Scholie de la Proços. 1 5, part. 1 , «t dam lai ^ fgiUUa^ le chapitre xii, part. 2. — Un passage plus remarquable encore ote^^ ci ; après aToir défini la substance en général, puis la substance pensante et 1* fuiwtance étendue, selon les sentiments de Descartes, Spinoza ajoute cà li|^

signiÛcAtire» : t An vero tma et eadem substatUta «i(, qvue vocaiur tnt^^f ^

corpus, an duœ divers», poitea erit inquirendwn. »

NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE. LVU

Ce titre est bien celui que Spinoza a donné à son Traité. Mais ce i*est point à Hambourg, ni chez Henri KUnrath, c'est à Amsterdam, liez Christoph Conrad, que ie Theologico-politicus a été imprimé.

Proscrit dès sa première apparition, le Theologico~potiticus ne put irculer que clandestinement et sous divers faux titres destinés à donner e ctiange à l'autorité. En voici la liste ' :

lo Danielis Heinsii P. P. operum historicorum coUectio prima,

Edilio secunda, priori editione multo emendatior et auctior.

Accedunt quœdam hactenus inedita.

Lugduni Batavorum, apud Isaacum Hercnlis, 1678, in-8*. 884 lages.

2^ Fr, Henriquez de Villacorta M, Doc, a cubiculo Philippi IV, !)aroli H. archiatri opéra chirurgica omnia, Sub auspiciis polent. Hispan. régis.

Amstelodami, 1673, in-S^.

3^ Franc, de la Boe Silvii totius medicinœ idea nova, Edit. sec. Amstelod., 1673.

Après que Spinoza eut publié le Theologico-politictu, il écrivit sur les marges du livre un certain nombre de notes destinées à éclaircir ou à confirmer quelques points qui avaient suscité une opposition plus vive de la part des théologiens '. Ces curieuses notes ont été publiées pour la première fois par le savant Théoph. de Murr, d'après le manuscrit original que Spinoza avait laissé en mourant à Van der Spyk pour être remis entre les mains de Timprimcur Rieuwertz d'Amsterdam :

Hened, de Spinoza Àdnotationes ad Tract, theol -polit, ex autographe edidit ac prœfatus est Christ. Th. de Murr imagine et chirographe.

Hagee comitum, 1 802 , in-4<>.

Mais il parait certain que l'exemplaire de Rieuwertz n'est pas le 1^1 où Spinoza eût écrit des notes marginales. La bibliothèque de Kœnigsberg possède un autre exemplaire du Theologico-politicus, où l'on trouve aussi des annotations qui semblent bien être de la main <le Spinoza. Elles ont été communiquées par ie bibliothécaire, M. Bock, à M. le docteur Dorow, qui les a publiées sous ce titre :

Benedikt Spinoza'a Randglossen zu seinem Tractatus theologico-poli- Ucus, ans einer in Kônigsberg beflndiichen noch ungedruckten Handschrifi bekannt gemacht,

Von Dr Wilhelm Dorow, mit einer stéindrucktafel, ein fac simile der Banschrift des Spinoza enthaltend. Berlin, 1835. Du reste les annotations publiées par M. Dorow ne diffèrent qu'en

i. Voyez Paulus, Praefatio iter. edif., p. 10 iqq. — Théoph. de Murr, Àdnatat, ^ Tract, theol. -polit., p. tO *qq. — Gfrcerer, Prsef, edit,, p. 15 tqq. — Tenne- "Mnn, Man. de VHiet. de la Philos,, ii, p. 101 iqq.

^> Reimann fait mention expresse de ces notes marginales de Spinoza ( Hist, '^^ judaic, p. 643) ; mais il y a un témoignage plus décisif, c'e%\. c^Vmx 4% ¥&oza lui-même. IlécriTait en 1 67b à Henri Oldenbourg; «Cupio islwnv TroAla* wi» notiê cuibwdam illustrare, et concepta de eo prajudicia, ai ^eT\ çoa^W, 'of^m., (ûEuvr.posth,, éd, de i677,p. 448.)

LVIII NOTICE BlBLIOGRAPHIQTnS.

quoique! endroits de celles qu'a, données de Murr. Celles-ci sont prèhnblement les premières que Spinoza ait écrites, et il est vraisenfblable cpi'H les copia plus tard, en les modifiant, sur un autre exemplaire dei-. Uni À un de «es amis. L'exemplaire de Kœnigsberg porte, en effet, tnr la première page ces mots visiblement tracés do la main de Spinon : NobiiissimQ J>o jy* Jocobo Staiio Klemann^ dono D. Auctor et nevmvTIii notis illustravkf iHasque propria manu scripsit die 25 julii anrm KS')^.

Voyez encore sur ces notes marginales de Spinoza une récente pOr blioatioa que nous aurons à mentionner tout à l'heure à un autre ttlre : B, de Spinoza Tractatus atqne udnotationes ad tractatum tfteotoglcth pBiiticiim, — Edidit. £d. Boelimer Halee ad Salam, 1852.

Le Theofogicopoiiiicus est'Ie seul ouvrage de Splnofza qui ait été traduit en français jusqu'à ce jour. Encore est-il difficile de considérer comme une traduction véritable l'ébauche grossièrement infidèle attribuée par les uns < au médecin Lucas de la Haye , par les autres' au sieur de Saint- Glain, capitaine au service des états de Hollande.

Nous avons eu cette traduction sous les yeux en faisant la nMre, «t nous pouvons affirmer qu'il ne s'y rencontre pas une seule page sans erreur grave ou sans contre-sens.

Elle parut d'abord sous ce tif re :

La Ciefdu sanctuaire^ par un savant homme de notre tiècle; wm cette épigraphe : « Là où est l'esprit de Dieu, là est la liberté, n {É^, U aux Corinih,^ chap. 8, vers. 17). — Leyde, 1678, In-lî. 53! pages.

On intitula easuite cette traduction : Traiité (sic) de$ eérémoHki superstitieuses des juifs tant anciens que modernes, Amsterdam , eliez Jacob Smilh, 1678, ou bien : Réflexions curieuses d'un esprit dft-îMf^ ressé (sic) sur les matières les plus importantes au salut tant public queperiiculier, A Cologne, ctiez Claude Emmanuel , 1 6 7 8 . Ce ne sont pas là trois éditions de l'ouvrage, mais une seule et même édition, où le premier feuillet seul est changé.

On trouve, à la iUi du volume, des Remarques curiettsts et néeestvirm pour l* intelligence de ce livre. C'est là la première édition de ces DOtes marginales de Spinoza dont nous avons parlé ci-dessus, mais tenemeii défigurées par le sieur de Saint-Glain qu'on a de la peine, maintenai que l'original est publié, à le reconnaître dans cette incroyable traduction.

m. L'orage excité en Europe par la p«bllcatkm dn Theohfieê'foli'

i. Brucker [Hist. crît., pWfo5., t. IV, part. î, p. 991) «t BekotM (J*»**, j catal, crit., p. 1029) attribuent cette traduction à Lucas, médecin de It Bi}*i^ ami de Spinoza et son biographe. Voyez sor ce point Bajle, LeUrts, Z1TU*1^'.'| p. 1 1 9 ; et les Nouvelles liUéraireSy t. X. part, i, p. 60. '1

S. Nicéron {Mémoires pour servir à l'hisU, etc., t. IIII, p. 46 •VI*)''{!?J Maiseaux (Notes sur les lettres defiayle. Toit Bayle, Œuvres diverses^ 1711) (•'^l lettre XXXm) prouvent fort bien q«e la traduction dont ii s'agit ailda-lii'*| Saint'Clain, Angevin, auteur de laOasetls d'Anutordom, qui abtndfoaai*^ riniBme pour se faire Tami et \e d^tV^Jl* à» &çi»»u.« ~ Xa^as Pari»»'' ^j P- i 3 sqq,, et Th. dé Murr, 1. 1.

NOriCB BlBUOâRàPBHmKir LU

ijevi éégtùUi SpiaMa de plus ri«n donner au publie. Ge ne Ait donc qp'àii Mort que paturtmi YÉthique, le Traité ée la Héf<nnm€ de i'£». miimmtt le TrmHé poUtiquêf les Lettrée et la Grammaire hébraïqtie.

U pvaU'que Spteoaa a»ail d'alMrd écHt VBtkttiiie en hoUandaia; U U iril mwiie en latin, probaMenent à l'épociue où il voulut la donner au piUie*;maii fl renoofa bientût à ee dessein*, et l'ouvrage ne parut fi*!! 1^77 , iinelquei mois après sa mort, par les soins de Fiaaprishenr Biiimsrtiyé'Âmstefdatt, à qcd Spinoea fit remettre en Bsourant le pth |itn ^ eonteDait ses pafâers'. Deux amis de l'ilhistre oiort, Louis Hejwr et iarig Jettis , surveillèrent ki publieaiion de ses éerits pas* thaoMs ; JarigielBa en eomposa la préfixe, qae Meyer aitt en latine L'ouvrage portait ee titre : B. B. &. Opéra pestkMma, faoru» eeriea pott ftœfêiimtem exkibeur; 1677-, sans autre indication. Ces Optra pea* l*iaM sont : YStàteOy le Traetatuê p^iHicus , le Tractatus de emenda- <iM0 iateUeetuëf «I enfin le CoiHj?eR0{ï/(in frammatUeê linguœ kebreœ^ «Rage de peu d'bitérôt, même, à ee cpi*fl paraît, pour les hé« kiSîiaBls.

11 est ioyportaat et en même temps difileile de fixer la date précise de Iseooiposilion de VEthiea, Un point certain, e'est qu'en 1 67 &, roun*age ^lealièrementtemiiné, puisque, dans une lettre à 01denbourg(du SjuUlet 1(^7 6), Spinoza lui marque l'intention où H est de publier un Traetatum pmqut'partitum *, qui ne peut être que YEikiea^f et nous voycms par lae autre lettre, à Oldenbourg.'', que Spinoza se rendit à AmstesdamB (Is M Juillet 177&) tout exprès pour y £aire Imprimer son livre. On iroufcra dans cette dernière lettre tes raisons qui le détournèrent de ce desaeki. Déjàil s'était opposé de toutes ses forces^ à ce qu'on publiât vote Iradnctien en hollandais du Theologico^politieus. Ce n'est pas que Spi- ■on fût indifférent à la gloire, mais il mettait deux choses au-dessus d'elle, la liberté et le repos. 'On sait quelle était sa devise : Caute, et li y fut toujours fidèle, non sans doute dans la spéculation, mais dans la Tiei«.

Un second point Incontestable, c*est qu'avant 1675, Spinoza avait communiqué VÉthique , en tout ou en partie, à plusieurs de ses amis, à OJdenburg^S à Simon de Vries'*, à Louis Meyer*', à d'autres encore.

I. Voy. 0pp. poeth,, Epist. XVUI. ~ Comp., ibid, Epist., XLYII.

5. Yojtx 0pp. potth-t Eptst. XIX i Lettre YI de notre traduction.

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