‹ Œuvres de Spinoza (volume 5)Chapitre 39 sur 109 · LU · texte numérisé non relu

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avaient reçues du secours externe de Dieu ; qu'il me suffise, pour le prouver, de citer deux passages des livres saints. On lit dans la Genèse (ùlmp. iiv, vers, 18» 19, âO) que Malkitsedek fut roi de Jérusalem et pontife du Dieu très-haut, qu'il bénit Abraham par le droit que lui donnait le pontiflcat {Nombres, cbap vi, vers, 23), et enfin qii*Abraliam, chéri de Dieu, paya à ce pontife de Dieu la dîme dft tout son butiu; par où l'on voit que DieUj avant la fondation du peuple d'Israël ^ avait établi des rois et des pontifes dans la ville de Jérusalem» auxquels il avait donné des rites et des lois. Les donna-t-il d'une façoi prophétique, c'est, je le répète » ce dont je ne suis certain. Je suis porté à croire cependant qu'Àbrahaia] tant qu'il vécut dans cette contrée, observa rnligieu; ment les lois; car, bien qu*il ne paraisse pas qufi Dieu lui en ait donné de particuhèrcs , il est dit {Genèse ^ chap, ïxvijvers. 5) qu'il garda les préceptes, le culte, les institutions et les lois de Dieu ; ce qui doit sans doute s'entendre des préceptes, du culte, des institutions eldea lois du roi Malkitsedek. Pour le second passage, qu'un lise les reproches que Malacbias adresse aux Juifs {ùh, h vers* 10, 11) ; n Qui d'entre muâ ferme les pories {d\ikmr pie) de peur que î^on ne mette en Vfun le feu sur mon aw^f/1 Je ne me complais pas en vous^ etc.; car depuis le soîéim vantjusçuau couchant , mon noîu est grand pamii les natumm et ron m^offre partout des parfums et de pures oblationti car mon nom est grand pafini les nations, dit le Dieu des <s^J mée». n Or, ces paroles ne pouvant s'expliquer qu'au prM sent, à moins qu'on ne veuille en torturer le sensj il a'eûl suit que les Juifs n'étaient pas plus cUers à Dieu en cfl temps-là que les autres nations^ que Dieu se nianifestaW à celles-ci par plus de miracles qu'aux Juifs» qui a?aieflll déjà conquis une partie de leur royaume avant d'en stcôfl vu un seul, enfin qu'elles avaient des rites et des eéié|d nies qui les rendaient agréables à Dieu. Mais je ne^H point m 'étendre davantage sur ce sujet; qu*Unie suffiv pour le Jbut que je me proço^e , àla^ok montré que r6l0d*j

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tion des Juifs ne concernait que les avantages temporels du corps et la liberté , c'est-à-dire leur empire , les moyens qu'ils employèrent pour l'établir et les lois qui étaient nécessaires & cet établissement, puis d'avoir expliqué comment ces lois leur furent révélées; enfin d'avoir prouvé que sur tout le reste et en tout ce qui touche à la véritable félicité de l'homme, les Juifs n'ont eu aucun avantage sur les autres peuples. Lors donc qu'il est dit dans l'Écriture {Deutéran.y chap. iv, vers. 7) qu'aucune nation n'a ses dieux si près de soi que les Juifs , cela ne se doit entendre que de l'empire juif et des miracles si nombreux qui arrivèrent à cette époque, puisque, sous le rapport de l'entendement et de la vertu ou de la béatitude, nous -venons de voir que Dieu est également propice à tous les hommes. Nous l'avons prouvé par la raison ; ea voici la confirmation par TÉcriture (psaume cxlv, vers. 18) : « Dieu est près de tous ceux qui r invoquent, de tous ceux qui l'invoquent en vérité. » Et dans un autre endroit du même psaume (vers. 9) : < Dieu est bon pour l(m les hommes, et sa miséricorde éclate dans tous ses oumtjfes. » Dans un antre psaume (xxxiii, vers. 1) il est dit clairement que Dieu a donné à tous les hommes le môme entendement : < Dieu qui forme leur cœur d'une même manière. » Or le cœur était chez les Hébreux, comme tout ;.:: le monde le sait, le siège de l'âme et de l'entendement. j.' Ilest évident, par Job (chap. xxviii, vers, 28), que Dieu ^* A donné, la même loi à tout le genre humain : savoir, la as' loi d'adorer Bien et de s'abstenir des actions mauvaises, Ou de faire le bien. C'est pourquoi Job, quoique gentil, (ut particulièrement agréable à Dieu, parce qu'il surpassa les autres hommes en piété et en religion. L'idstoire ^^ de Jonas (chap, iv, vers. 2) nous apprend encore fort "'*' ^lairetnent que ce n'est pas seulement aux Juifs, mais à •> lous les peuples, que Dieu est propice, et qu'il est mlsé- ; ticordieux, indulgent, plein de bonté pour tous les hom- '^ ities, et se repent môme du mal qu'il leur a tavV.. vv ï oxmx ^''ésolu^ dit Jmas, de m'en/uir à Tharse, parce que je %owà%

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(par les paroles de Moïse, Exode ^ chap. xxxiv, vers. 8) que vous êtes un Dieu propice^ miséricordieux^ etc., et conséquemment que vons pardonneriez aux Ninivites. Concluons donc (puisque Dieu est également propice àtoiu les hommes et que les Hébreux n'ont été le peuple éla de Dieu que relativement à la société qu'ils ont formée et à leur empire) qu'un Juif, considéré hors de la société et de Tempire juif, n'avait aucun don qui lui fut propre, et qu'il n'y avait entre lui et un gentil aunme sorte de différence. Et puisqu'il est bien établi que Dieu est également bon et miséricordieux pour tous les hommes, et que la mission des propiiètes fut moins de donner à leur patrie des lois particulières que d'enseigner aux hommes la véritable vertu, il s'ensuit que iiytàlt nation a eu ses prophètes, et que le don de prophétiene fut point propre à la nation juive. C'est la un point également établi par toutes les histoires, tant .«aérées qne profanes. Car, bien que le Vieux Tostnmont ne dise paf que les autres nations aient eu autant de prophètes qui! la nation jui\P, et qu'il ne parle même oxprospémi nulle part d'aucun prophète gentil envoyé par Dienâi nations étrangères, peu importe ; car les Hébreux seulement voulu ('crire leur histoire, et non cello autres nations. 11 sulUt donc que nous trouvions dans Vieux Testament que dos hommes iiicirroncis, des tils, ont prophétisé, tels que Noah, Chanoch, Abiméli Bilham, etc., et que des prophètes hébreux ont envoyés par Dieu, non-soulement à ceux de leur nat» mais aussi à beaucoup de nations étrangères. Ainsi chiel a prophétisé à toutes les nations alors conni Hobadins aux seuls Iduméens, et Jonas a été sartostl prophète des Ninivites. Ce n'est pas seulement des Ji mais aussi des autres nations qu'Isaïe déplore et les calamités et célèbre le rétablissement. « Cestpou\ dit-il (chap. xvi, vers. 0), mçs lûfines feront voir la que me cause Jahzer. i Dans le chap. xix, le même phète prédit d'abord U!& c^\s\\\.^^ âft& I^^SS^mi,

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or rétablissement (voyez les vers. 19, 20, 21, 25). Il ar fait connaître que Dieu leur enverra un sauveur qui s délivrera et se révélera à eux, qu'ils Thonoreront par îs sacrifices et des présents ; enfin il appelle cette nation peuple d'Egypte béni de Dieu^ toutes choses qui nous iraissent très-dignes d'être remarquées. Enfin J(»rémie est pas seule.mcnt le prophète des Ih^breux, mais de lUtes les nations (chap. v, vers. 5), parc-^ qu'il déplore : prédit les calamités des nations étrangères, et prédit Qssi leur délivrance. 11 s'exprime ainsi (chap. xiviii, * ers. 31) sur les Moabites : « Cest poin-quoi fé le Lierai iim oixà cause de Moab, et tmt Moab excitera mes clameurs y » te.; et : « Mon cœur fréinit comme un tambour ô cause de Ifoaô, » Puis il prédit le rétablissement des Moabites et îdûi des Égyptiens, des Ammonit«>s et des Hîlamites. Il î3t donc hors de doute que les autres nations ont eu somme les Juifs leurs prophètes qui ont prophétisé pour -Des et pour les Juifs, quoique l'Écriture ne fasse meu- >Wi que d'un seul, Bilham, à qui fut révélé l'avenir des ■ife et des autres nations. Il ne faudrait pas croire que «îDiam n'eût prophétisé qu'(in cotte occasion que l'Écri- Ife a marquée; car il rébulto du récit môme de TÉcri- ^ qu'il s'était distingué bien avant cette époque par don de prophétie et autres qualités extraordinaires. mnd, en effet, Balak le fit venir, il lui dit {Nombres, ^p, XXII, vers, 6) : « /<? sais que celui que tu bénis est ^', et que celui que tu maudis est maudit , n Bilham Ut donc cette même vertu dont parle la Genèse, et que iU avait donnée à A^braham (chap. xii, vers. 3). Il remit, suivant l'usage des prophètes, aux envoyés de ^, de rester auprès de lui jusqu'à ce que Dieu lui révélé sa volonté. Quand il prophétisait, c'est-à-dire Ldd il interprétait la volonté de Dieu, voici ce qu'U Ut ordinairement de lui-même : « La voix de celui qui Pàd la parole de DieUy qui connaît la science (c'est-à-dire [feUigence ou prescience) du Très-Haut , qui mit face (e» ù Tout-Puissant, gui tombe à terre^ mais qui a le»

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yeux ouverts. j> Après avoir béni les Hébreux selon sa coutume, par Tordre de Dieu, il commence de prophétiser aux autres nations et de prédire leur avenir. Ce qui prouve bien que Bilham a été prophète toute sa vie, ou du moins qu'il a très-souvent prophétisé ; et il faut remarquer aussi quil possédait ces qualités morales où était la source de la certitude qu'avaient les prophètes de la vérité de leurs prédictions, je veux dire une âme uniquement portée à l'équité et au bien; car il ne bénissait pas et ne maudissait pas selon son caprice, comme Balak se l'imap^inait, mais selon les ordres de Dieu. Aussi il répond à Balak en ces termes : « Balak me donnerait assez d'argent et d'or pour remplir son palais, que je ne pourrais transgresser le commandement de Dieu et produire à mon gré du bien ou du mal. Ce que Dieu dira, Je le dirai, » Que si Dieu s'irrita contre Bilham pendant son voyage, la même chose arriva à Moïse en allant en Egypte par ordre de Dieu (Exode, chap. iv, vers, 24); s'il prophétisait pour de l'argent, Shamuel en prenait aussi (Shamuel, liv. I, chap. ix, vers. 2, 8) ; enfin s'il eut quelques faiblesses (voyez sur ce point Épîtresde Pierre^ éplt. II, chap. II, vers. 15 et 16; et Jude, vers. 11), on peut lui appliquer ces paroles de l'Écriture (Ecoles, ^ chap. VII, vers. 20) : « // n*est point d'homme si juste qu'il agisse toujours bien et ne pèche jamais, » Et certes il faut croire que ses discours avaient auprès de Dieu une grande autorité et que sa puissance de malédiction fut très-forte, puisque l'Écriture dit si souvent, en témoignage de la miséricorde de Dieu à l'égard des Israélites, que Dieu refusa d'écouter Bilham et changea sa malédiction en bénédiction (voy. Deutéron,, ch. xxiii, vers. 6; Jos.t chap, xxiv, vers. 10; Néh,, chap. xiii, vers. 2). D'où il suit que Bilham devait être très-agréable à Dieu, Dieu n'étant nullement touché des discours et des malédictions dés impies. Ainsi donc, puisque Bilham a été un vrai prophète et que Josué VapçcWe ivèanmoins (chap. xffl, v^ers. 20) un devin, un augure /ùia\x\\À«ïicç\^^^\«svfiL^

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pilt en bonne part et qae les hommes qn*dli nommait chez les gentils devins on augures aient été de ttûs prophètes» ceux que l'Écriture accuse et condamne ayant été de faux devins qui trompaient les gentils, exactement comme les faux prophètes trompaient les JuICb. C'est ce qui résulte d'ailleurs de plusieurs passages de inËcriture. Nous sommes donc finalement amenés à cette conclusion, que le don de la prophétie n'était pas propre aux Juifs, mais commun à toutes les nations.

Les pharisiens soutiennent an contraire avec force que ce don de prophétie fut exclusivement réservé à leur nation ; et ils expliquent la connaissance de l'avenir qu'ont eue les autres nations par je ne sais quelle vertu diabolique (que n'invente pas l'esprit de superstition !). Leur principale preuve, tirée du Vieux Testament, c'est ce passage de VExode (chap. xxxni, vers. 16) où Moïse dit à IHeu : « Comment connaîtra-t^cn que votre peuple et moi nottt avons trouvé grâce devant vos yeux? Ne sera-ce pas guand vous marcherez avec nous, et que nous serons séparés, votre peuple et moi, de tous les autres peuples qui couvrent h surface de la terre? » C'est de là qu'ils veulent conclure 9ue Moïse demanda à Dieu d'être présent à son peuple, de se manifester à lui par des révélations prophétiques, et de ne faire cette grftce à aucune autre nation. Mais ne Serait-il pas étrange que Moïse eût envié aux nations la présence de Dieu et qu'il eût osé adresser à Dieu une I' Semblable prière 7 Voici l'explication véritable : Moïse, l Voyant l'opiniâtreté de son peuple et l'esprit de révolte ' ^l'animait, jugea que son entreprise ne réussirait pas 1 i <ans de très-grands miracles et des marques particulières du secours externe de Dieu^ et même que les Juifs, privés i 4'on tel secours, ne pouvaient échapper aune perte cer- 1^ t^ine. Il implora donc le secours de Dieu afin que les Juifs - ^e pussent pas douter que c'est à Dieu qu'ils devaientlens 1^ Conservation, c Seigneur ^ dit-il (chap. xxxw^ N^t«* %^^ •f/fli trouvé ffré^ dewmt vos yeux, que le Seigneur moarcKt

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au milieu de nom; un esprit d'aveugle obstination anime es peuple, » etc. L'aveugle obstination des Juifs fut donc la raison qui le détermina à Invoquer le secours externe de Diou ; et c'est ce qu'on voit plus clairement encore dans le passage suivant : Dieu répond (vers. 20) : a Voici que je forme avec vous une alliance, et /accomplirai devant votre peuple des merveilles qui n ont jamais été faites sur toute la terré ni parmi toutes les nations. » Il ne s'agit donc pour Moï:»c, ainsi que je l'ai déjà expliqué, que de la seule élection des Juifs, et il ne demande pas autre chose à Dieu. Cependant je trouve dans l'épitre de Paul aux Rouiains un autre texte qyi fait sur moi quelque impression; car Paul (chap. m, vers. 2) y semble exprimer une doctrine opposée à la mienne : c Quelle est, dit-il, la supériorité du Juif? quelle est futilité de la circoncision? elles sont grandes de toutes façons, et avant tout en ce que les paroles de Dieu leur ont été commises. > Mais si nous examinons de près le dessein de Paul en ce passage, nous n'y trouverons rien de contraire à notre doctrine ; tout au contraire, il y a parfait accord, puisqu'il dit au même cliap. (vers. 29) que Dieu est le Dieu des Juifs et des gentils; et au chap. ii, vers. 25, 26, il s'exprime ainsi : (i Si le circoncis transgresse la loi, la circoncision deviendra prépuce ; et si Vincirconcis garde les préceptes de la loi, son prépuce deviendra circoncision, » Plus bas (chap. iv, vers. 9) il dit que tous les hommes, les gentils comme les Juifs, sont dans le péché, et il n'y a pas de péché là où il n'y a pas un commandement et une loi. La conséquence évidente de ce passage, c'est ;donc que la loi a été révélée à tous les hommes sans exception (comme nous l'avons prouvé déjà par le chap. xxviu de Job^ vers. 28), et qu'ils ont tous vécu sous son empire; je parle de cette loi qui se rapporte uniquement à la pratique de la vertu, et non de celle qui est établie pour le maintien de chaque em^ pire et appropriée au génie de chaque nation. Voici donc Ja cûDclasion où Paul veut abouWt ; tf Çi*\»c^^ ûiftu étant Jle Dieu do toutes les nations^ c'ôal-^-dÀx^ fe^A«ia«si^^tsh

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pice à tous les hommes^ et fous les hommes ayant également reçu la loi et également pécbé^ Dieu a envoyé son Christ pour tous les hommes, af]n de les délivrer tous de la servitude de la loi, et de leur faire pratiquer le bien désormais, non par Tordre de la loi, mais par une résolution inébranlable de leur âme.

La doctrine de Paul s'accorde donc ici à merveille avec la nôtre ; et lorsqu'il dit que les Juifs seuls ont eu le dépôt des paroles de Dieu, ou bien il faut entendre que ces paroles de Dieu n'avaient été écrites que chez les Juifs, les autres nations ne les ayant connues que mentalement et par une révélation tout intérieure ; ou bien que Paul, qui n'a d'autre objet en cette rencontre que de repousser les objections des Juifs, se met à leur portée et s'accommode aux opinions du temps : fidèle à l'habitude qu'il avait prise, en parlant des choses qu'il avait vues et entendues, d'être Grec avec les Grecs et Juif avec les Juifs.

Il ne nous reste plus qu'à répondre à quelques autres raisons que donnent les pharisiens pour se persuader à eux-mêmes que l'élection des Juil's n'a pas été temporaire et relative à l'étabHssement de leur empire, mais étemelle. Nous voyons les Juifs, disent-ils, dispersés depuis la ruine de leur empire en mille endroits divers, et pendant tant de siècles rejetés des autres nations, se maintenir et durer encore, ce qui n'est jamais arrivé à aucun peuple ; et de plus, l'Écriture sainte nous apprend eu plusieurs endroits que Dieu a fait du peuple juif son peuple éin pour toute l'éternité^ d'où il résulte que maleri la destruction de son empire il reste le peuple de Ken. Voici les passages qui témoignent le plus clairement, à leur sens, de cette élection étemdle : i° Xérémie (chap. I, vers. 36) déclare cpie la race d'Israël restera éterâellement le peuple de Dieu^ et il compare cette élection divine à l'ordre des cieux et de toute la natote; 1"^ t^A^ ehiel fchap. xx, vers. 32) semble assurer qu'alors m^tnft goe les JaWs renonceraient au culte du SeiguewTTli\eaii^

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au milieu de mm; un esprii d'aveugle obstination &nté peuple^ n etc. L'aveugle obstination des Juifs fut doncl raison qui le déterniina à invoquera s^rour^i (^-xt(^m*} i Biou; et c'est ce qu'on voit plus clairement encore dan le passage suivant ; Dieu répond (vers. 20) : *t Voici qu jûfûtme avnc voits um alliance^ êtfaccùmpHrai demni totn peuple des merveilie$ qui n&ni jamais été faides êiir toute i terre ni parmi toutes les TtatifMS. m II ne s'agit donc poQ Moïse, ainsi que j*ï l'ai déjà expliqué, que de la Skm% élection des iaîfs, el il ne detnaode pas autre chos^j Dieu. Cependant je trouve dans répître de Paul aux I ^aiûs un autre texte qui fait sui- moi quelquii impre sion; car Paul (eliap. ni, vers* 2) y semble exprimer uû docti-ine opposée à ia mienne: t Qmiie es(^ dlt-iJ, la , périorité du Juif? quelle est l'utilité de la circmcisiQ eiks sont grandes de toutes façons ^ et avant tout en ce les paroles de Dieu leur ont été commisea, » UnU si no examinons de près le dessein de Paul en ce pas€ag(ït| nous n'y trouverons rieti de contraire 4 notre doctrinal tout au rontraire, il y a parlait accord» puisqa*il dit nu même cbap. (vers* 2Dj que Dii?u est le Di*fu des Juifs H des gcutiU; et au eliap. u, vers, 2o, 26, il s'exprime aim* : « Si le circoncis transgresse la ioi^ la drcomisi&n deviendm prépuce; el si tineirconeis garde le$ pi'écepte» de In ki, ''' prépuce det)iendra€ifTonçisiùn. n Plus ba^ (eîiap, iv» ver- U dit que tous les hommes, les gentils comme l**s JuU 6oat dans le péché, et il n'y a pas de péché là où il u'yi pas un commandement et une loi. La ounséqueiiciî i dente de ce passage, c'est, donc que la loi a été i tou» lei hommes sans exception (comme non prouvé déjà par le diap. ativm de Joù^ veà'§- 28), etciail ont tous vécu sous son em^piJ*e; je parle de eette loi ' se rapporte uniquement à la pratique delà veriu, et m de celle qui est établie pour le maintien de char[at) eo pire et appropriée au génie de chaque nation. Voici do la eonçlasion oii Paul veut aboutir : c'est que Di<îU (' te Dieu de toutes les nalious» c,'^fcVÏ^-^\t^ fe^®à»ti

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pice à tous les hommes^ et fous les bommes ayant également reçu la loi et également pécbé^ Dieu a envoyé son Christ pour tous les hommes, af]n de les délivrer tous de la servitude de la loi, et de leur faire pratiquer le bien désormais, non par Tordre de la loi, mais par une résolution inébranlable de leur âme.

La doctrine de Paul s'accorde donc ici à merveille avec la nôtre ; et lorsqu'il dit que les Juifs seuls ont eu le dépôt des paroles de Dieu, ou bien il faut entendre que ces paroles de Dieu n'avaient été écrites que chez les Juifs, les autres nations ne les ayant connues que mentalement et par une révélation tout intérieure ;. ou bien que Paul, qui n'a d'autre objet en cette rencontre que de repousser les objections des Juifs, se met à leur portée^ et s'accommode aux opiiiions du temps : fidèle à l'habitude qu'il avait prise, en parlant des choses qu'il avait vues et entendues, d'être Grec avec les Grecs et Juif avec les Jaifs.

H ne nous reste plus qu'à répondre à quelques autres raisons que donnent les pharisiens pour se persuader à eux-mêmes que l'élection des Juifs n'a pas été tempo* raire et relative à l'étabHssement de leur empire, mais étemelle. Nous voyons les Juifs, disent-ils, dispersés depuis la ruine de leur empire en mille endroits divers, et pendant tant de siècles rejetés des autres nations , se maintenir et durer encore, ce qui n'est jamais arrivé à aucun peuple ; et de plus, l'Écriture sainte nous apprend en plusieurs endroits que Dieu a fait du peuple juif son peuple élu pour toute l'étemitéy d'où il résulte que mal- ^é la destruction de son empire il reste le peuple de Uea. Voici les passages qui témoignent le plus claicement, à leur sens, de cette élection éternelle : i° Xérémie {chap. I, vers. 36) déclare que la race d'Israël restera éterâellement le peuple de Dieu^ et- il compare cette élection divine à-I'ordre des deux et de toute la natote^^t^A^ diiel fehi^. xx, rersr 32) semble assurer qu'aloTS xatau^ ImiesJwisrenoneereàent an culte au SeigneWr^'ieuiift

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I laissera pas ûe les tirer de toutes les régîoos où Us seront dispersés pour les ronduire an désert des peuples, comme il conduisit leurs pères aux déserts d'Egypte ; et que, ensuite j après les avoir séparés des rebelles et des faibles, il les fera montor sur la montagne de sa sainteté, oii toute la maison d'Israël le servira» Outre ces den; passages, les pharisiens en prodnîsent encore quelqna autres du même genre; mais je croirai avoir suffirai Dnent répondu à tous si j'explique les deux que je Tien! de citer, ce (pxi ne sera pas fort difficile. Il est clair en efletj par rEcriture elle-même, que Dieu avait élu le» Hébreux, non pour toujours, mais aux mêmes conditions qu*il avait fait auparavant les Chananéens, lesquels avaient aussi leurs pontifes, comme nous l'avons montré plus haut, et rendaient à Bien un hommage religieux; mais Dieu les rejeta dès qu'ils se furent plongés dansli^ -luxe, les délices et Tidolàtrie. C'est pour cela que MoM avertit son peuple de ne point se souiller d'incestes, comme avaient fait les Chananéens, de peur que la terre ne les vomît, comme elle avait vomi les nations qui bâlïi* talent jadis ces contrées. Dans un autre endroit il te menace dans les termes les plus exprès d'une ruine tlh taie (Deutéron.^ chap, xvni» vers, 19, 20) : it Je vompiit teste aujourd'hui que vous périrez comme les natiam jfl# Dieu fait périr devant vous, i On trouve ainsi dans la loi une foule de passages analogues qui marquent pvidpmment que l 'élection des Hébreux n'avait rien d'absolu ci d'éterneL Si donc les prophètes leur ont prédît une alliance nouvelle et éternelle, alliance d*a m our, de eotinaissance et de grâce» il est facile de se convainere qu'elle ne regarde que les justes ; car nous avons vn dans le chapitre d'Ézéchiel cité plus haut que Dieu $bp^ rera d'avec les justes les faibles et les rebelles; et W phonias dit formellement (chap. m, vers. i2 et 13) m^ Il Dieu détruira les superbes et sauvera les pauvres; ^ comme cette élection des ç^^uvres est le prix du la vftft^ l ^ériîable, il n'y a aucuu^i t\iv^oTi 4^ c,ïw^& ^^^

TniOLDGlCO-POLlTIQUB,

ïmîse senlement aux justes d*eatreles Juifs, à l'exclï!* mon des antres justes* U faut croire au contraire que les prophètes dfis gentils fnous avons prouvé que toutes les nations ont eu des propliètes) Toot également promise

aux Gdèlps de leur pays et les ont consolés par cette espérance* Ainsi donc, puisque cette éternelle alliance de connaissance et d'amour est une alliance universeUe^ ainsi qu'il suit le plus é videra. ment du monde du chap, m de Tsépkonias (vers. 10 et 11), il ne faut admettre aucune diiïêrence à cet égard entre les Juifs et les gentils, ni par conséquent aucime autre élection particulière du peuple ^ hébreu* One si les propliètes qui ont parlé de cette élec- fl tion relative a la seule vertu y ont raèté beaucoup de " clioses touchant les sacrifices et autres cérémonies^ ainsi que sur le rétablissement du temple et de Jérusalem^ fl c*est quiîs ont parlé en prophètes (dont la coutume était ^ d'envelopper les choses spirituelles souscestî^arcs), afin dlndîquer par là en même temps aux Juifs, dont ils étaient spécialement les prophètes» que leur temple devait être rebâti sous le règne de Cyrus et leur empire levé. Il ne faut donc point que les Juifs s'imaginent ^ jourd'liui avoir eu quelque avantage sur le reste des ^ nations. Quant à leur longue dispersion, il n'est point surprenant qulls aient subsisté si longtemps depuis la mine de leur empire, puisqu'ils se sont séquestrés des autres peuples et se sont attiré leur haine, non-seulement par des coutumes entièrement contraires, mais par ^ k signe de la circoncision qu'ils observent très-rclîîïieu- fl sèment. Or, que la haine des nations soit pour les Juifs ' m principe de conservation, c'est ce que nous avons vu ^ expérience* Un roi d'Espagne les ayant autrefois ' ontraints ou de quitter son royaume ou d'en embrasser iT^ligiôn, il y en eut une infinité qui prirent ce dernier parti, Et comme en se faisant chrétiens ils devenaient ^ capables de tous les privilèges des autres citoyens et fl liîgries de tous les honneurs, ils se mèlèrenl &\ felt^SX^- Unx Espagnols qu'il ne reste plus tfexix asx^^aa^^

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