‹ Œuvres de Spinoza (volume 5)Chapitre 6 sur 109 · LA VIE DE SPINOZA. XIII · texte numérisé non relu

LA VIE DE SPINOZA. XIII

grande panyreté qu'il n'eût pu faire plus de dépense s'il l'eût touIu; asseide gens lui offraient leur bourse et toute sorte d'assistance; maig il était fort sobre naturellement et aisé à contenter, et ne TOidait pas aToir la réputation d'aToir vécu, même une seule fois, aux dépens d'autrui. Ce que j*aYance de sa sobriété et de son économie se peut justifier par différents petits comptes qui se sont reneoBtrés parmi les papiers qu'il a laissés. Ou y trouve qu'il a Técn un jour entier d'une soupe au lait accommodée a?ec du benrre, ce qui lui reyenait à trois sous, et d'un pot de bière d'un 8oa et demi; un autre jour il n'a mangé que du gruau apprêté arec des raisins et du beurre, et ce plat lui avait coûté quatre 8008 et demi. Dans ces mêmes comptes il n'est fait mention que de deux demi-pintes de vin tout au plus par mois; et quoiqu'on TinTitàt sourent à manger, il aimait pourtant mieux vivre de ce qu'il avait cbes lui, quelque peu de chose que ce fût, que de se trouver à une bonne table aux dépens d'un autre.

C'est ainsi qu'il a passé ce qui lui restait de vie chez son dernier hdte pendant un peu plus de cinq ans et demi. Il avait grand soin d'ajuster ses comptes tous les quartiers, ce qu'il faisait afin de ne dépenser justement ni plus ni moins que ce qu'il avait à dépenser diaque année. Et il lui est arrivé quelquefois de dire à ceux du logis qu'il était comme le serpent qui forme un cercle la queue dans la bouche, pour leur marquer qu'il ne lui restait rien de ce qu'il avait pu gagner pendant l'année. 11 ajoutait que ce n'était pas son dessein de rien amasser que ce qui serait nécessaire pour être enterré avec quelque bienséance, et que, comme ses parents ne loi avaient rien laissé, ses proches et ses héritiers ne devaient pas s'attendre non plus de profiter beaucoup de sa succession.

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