LETTRE V
A MONSIEUR HENRI OLDBNBURG,
fi. DE SPINOZA*
MONSIBOR ,
Je vous remercie vivement, vous et M. Boyle*, de vouloir bien m'encourager, comme vous faites, à travailler à la philosophie. Je m'y applique de mon mieux, autant que la médiocrité de mon esprit peut le permettre, et je compte toujours sur votre Mooors et votre bienveillance. Vous me demandez mon sentiment sur cette question : Comment chaque partie de la nature s'acœrde-t-elle avec le tout, et quel est le lien qui l'unit aux autres parties ? Je suppose que volis entendez par là me demander les raisons qui nous assurent en général que chaque partie de la nature est d'accord avec le tout et unie avec les autres parties. Car pour dire de quelle façon précise sont unies les parties de l'univers et comment chaque partie s*accorde avec le tout, c'est ce dont je suis incapable, comme je vous le disais tout récemment, vu qu'il faudrait pour cela connaître toute la nature et toutes ses parties. Je me bornerai donc à voua dire la raison qui m'a forcé d'admettre l'accord des parties de l'univers; mais je vous préviens d'avance que je n'attribue à la nature ni