‹ Œuvres de SpinozaChapitre 147 sur 199 · LETTRE XII · texte numérisé non relu

LETTRE XII

REPONSE A LA PR£C£DËNT£

A MONSIEUR HENRI OLDENBURG,

Monsieur ,

Quand j'ai dit dans ma dernière lettre que ce qui nous rend inexcusables, c'est que nous sommes en la puissance de Dieu comme l'argile entre les mains du potier, j'entendais par là que nul ne peut accuser Dieu de lui avoir donné une nature infirme ou une àme impuissante. Et, de même qu'il serait absurde que le cercle se plaignît de ce que Dieu lui a réfusé les propriétés de la sphère, ou l'enfant qui souffre de la pierre, de ce qu'il ne lui a pas donné un corps bien constitué ; de même un homme dont Tâme est impuissante ne peut être reçu à se plaindre, soit de n'avoir pas eu en partage et la force , et la vraie connaissance, et l'amour de Dieu, soit d'être né avec une constitution tellement faible qu'il est incapable de modérer et de contenir ses passions. En effet, rien n'est compris dans la nature de chaque chose que ce qui résulte nécessairement de la cause qui la produit. Or, qu'un certain homme ait une âme forte, c'est ce qui n'est point compris dans sa nature ; et personne ne peut contester, à moins de nier l'expérience et la raison, qu'il ne dépend pas plus de nous d'avoir un

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