JaXXVU* des Opp. posth
2. Simon de Yries est ce riche bourgeois d'Amsterdam dont Spinoza rerusa d'r* tre l'héritier. Voyez Colérus, Fï> de Spinoza, p. 21 et 22 de notre édition.
LETTRES DE SPINOZA , etc. 353
serait se moquer. Ainsi donc, de deux choses l'une : ou la déGnition explique la chose définie , telle qu'elle est hors de l'entendement , et alors elle doit être vraie et ne diffère d'une proposition ou d'un axiome qu'en tant qu'elle regarde seulement l'essence des choses ou celle de leurs affections ; au lieu qu'un axiome a une portée plus grande et s'étend jusqu'aux vérités .éternelles ; ou bien elle explique la chose définie telle qu'elle est dans l'entendement, et alors elle diffère d'un axiome et d'une proposition en ce qu'elle n'est assujettie qu'à une seule condition, savoir, d'être absolument intelligible, sans cette autre condition d'être vraie. C'est pourquoi une définition qui ne s'entend pas est une mauvaise définition. Pour rendre la chose plus claire encore , je me servirai de cet exemple même de Borellus qui vous embarrasse. Supposons que quelqu'un vienne nous dire : J'appelle figurales deux lignes droites comprenant un espace déterminé. S'il entend par ligne droite ce que tout le monde appelle ligne courbe, sa définition est bonne^ et il est aisé de concevoir une figure qui y satisfasse ; mais elle n'est bonne qu'à cette condition, qu'il ne se représente pas ensuite un carré ou telle autre figure semblable. Mais s'il entend la ligne droite dans l'acception commune, la chose est parfaitement inintelligible, et partant, la définition mauvaise. Borellus, dont vous semblez disposé à admettre le sentiment, confond tout cela; Mais je prends encore un exemple, celui que vous citez vous* même à la fin de votre lettre. Si je dis : Chaque substance n'a qu'un seul attribut, voilà une proposition pure et simple qui a besoin de démonstration ; mais si je dis : J'entends par substance ce qui est constitué par un seul attribut, la définition est bonne, à condition que vous désigniez ensuite par un autre nom les êtres qui sont constitués par plusieurs attributs.
Vous dites que je ne démontre pas que la substance (ou l'être) puisse avoir plusieurs attributs ; c'est que vous n'avez pas regardé de près mes démonstrations. J'ai donné deux preuves de la proposition que vous contestez : la première , c'est qu'il n'y a rien de plus évident que ce principe, que tout êlre est conçu par nous sous un certain attribut*, et que plus il a de réalité on d'être, plus
l. Ethique, part. 1, Propos. IX.
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il a d'attributs ; d'où il suit que l'être absolument infini doit 4tr8 défini , etc. Ma seconde preuve , et à mon avis , la principale , c'ert qu*à mesure que j'assigne à une chose un plus grand nombre d'at» tributs, j'en suis d'autant plus forcé de reconnaître son existence, c'est-à-dire de la concevoir comme vraie >. Or, ce serait tout le contraire si j'avais.imaginé une Cbimère ou quelque choee de aeii>> biable.
Vous dites encore que vous ne concevez la pensée que par les idées , à cause que si l'on ôte les idées la pensée n'est plus. Cela vient de ce qu'en faisant abstraction des idées, vous qui êtes ime chose pensante, vous faites abstraction de toutes vos peoaéea et de Ions vos ocmoepts. Or ce n'est pas merveille qu'après avoir tranché toutes vos pensées il ne vous reste plus rien à penser suite. Mais, quant au fond de la chose, je crois avoir déoioolré, avec toute la clarté et toute l'évidence d^irables, que renteodement, quoique infini, se rapporte à la nature naturée et mm à la naturante *. Du reste, je ne vois pas en quoi tout cela peut servir à l'intelligence de la troisième définition, ni quelle difficulté vous y trouvez. La voici telle que je crois vous l'avoir communiquée^ : Par êubitance, j'entends ce qui est en soi et est conçu par toi, c'eil* à^ire ee dont le concept n'enveloppe pas le concept d'une au^ chom. Par attribut, j'entends eosactemetit la même chose, avec oeitê seule différence que Vatiribut se rapporte à ^entendement, en tant qui! attribue à la substance telle nattère déterminée. Cette définition, je le répète, explique assez clairement ce que je veux entendre par substance et par attribut. Vous désirez toutefois que j'explique par un exemple comment une seule et môme chose peut être désignée par deux noms. Pour ne point vous sembler avare, au lieu d'un exemple, je vais vous en donner deux. Je dis d'abord que par Israël j'entends le troisième patriarche ^; et je n'entends pas autre
L Sthtque, part. 1, Propos. XI, et son Scholie.
S. Ethiqme, part. 1, propos. XXXL
8. On voit par t'enaemble de ce passage t !• que BpiAoxa avait ecmmn»iit(atf tea IHhiquê, en tout ou ea partie, à Simon de Vries, comme il avait fait 4 Oldsabaig (▼oyez Lettres II, III, I V) ; ~ 2<> la réponse de Spinoza à Simon de Vrien étaMt de 1663, il s'ensuit qne VEthiqtie était composée, au moins en partie, à cette ^poqor .