‹ Œuvres de SpinozaChapitre 174 sur 199 · Voyez V Ethique, part. 1, de AjffiUlivLS · texte numérisé non relu

Voyez V Ethique, part. 1, de AjffiUlivLS

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de celte dasse de théologiens qui distinguent entre le discours d'un devin qui dogmatise et un simple récit. Car si i^axiome dont on parle se rapporte à la doctrine d*un certain R. Jeboda Âlpakhar, dont j*ai parlé au chapitre xv, de quel droit supposer entre lui et moi une communauté quelconque de sentiments , puisque, dans le même chapitre où j*ai parlé de lui, j*ai rejeté son axiome comme faux ? Que si on a voulu parler d*un autre axiome, je déclare que je ne le connais pas, et, partant, que je D*ai pu m'y référer en aucune façon.

Je ne vois pas non plus pourquoi Ton me fait dire que tous ceux qui nient que la raison et la philosophie soient les interprètes de rÉcriture donneront les mains à mes sentiments. J'ai réfuté juste* ment l'opinion de ces personnes, tout comme celle de Maimonide.

Il serait trop long de marquer tous les endroits où l'auteur du libelle fait voir que le jugement qu'il porte sur moi n'est pas d'un çsprit rassis. Je passe donc immédiatement à sa conclusion, qui est qu'f7 ne me reste plus aucune raison pour prouver que Mahomet n'a pas été un vrai prophète. Voilà ce qu'il s'efforce d'inférer de mes principes, lesquels prouvent au contraire que Mahomet a été un imposteur. Mahomet, en effet, a nié absolument cette liberté que la religion catholique, révélée par la lumière naturelle et par la lumière des prophètes, a reconnue à l'homme, et qu'il faut, conune je l'ai montré , nécessairement reconnaître. Mais quand tout cela ne serait pas, est-ce que je suis tenu, je le demande, de montrer qu'un certain prophète est un faux prophète? C'était bien plutôt aux prophètes de montrer qu'ils l'étaient véritablement. Dira-t-il que Mahomet a enseigné, lui aussi, la loi divine et donné des signes certains de sa divine mission , comme ont fait les autres prophètes ; alors je ne vois pas quelle raison il aurait de lui refuser cette qualité.

Pour ce qui est des Turcs et des autres peuples étrangers au christianisme, je suis convaincu que, s'ils adorent Dieu par la pratique de la justice et l'amour du prochain, l'Esprit du Christ est en eux, et leur salut est assuré, quelque croyance qu'ils professent d'ailleurs sur Mahomet et ses oracles.

Voyez- vous maintenant, mon ami, combien cet homme s^est écarté de la vérité dans ses affirmations ? Mais cela ne m'empêche pas de tomber d'accord que ce n'est pas à moi , mais à lui-même

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qu'il a fait injure, quand il n'a pas rougi de prétendre que je me sers de raisons détournées pour introduire en secret l'athéisme.

Je ne pense pas , du reste , que vous trouviez rien dans ce qui précède qui vous paraisse trop sévère pour cet homme. Si vous rencontriez toutefois quelque mot trop dur, je vous prie de le retrancher ou de le corriger selon que vous le jugerez convenable. Mon dessein n'est point d'irriter personne, qui que ce puisse être, ni de travailler à me faire des ennemis. Or, comme c'est la suite ordinaire de ce genre de disputes , je ne me suis décidé qu'avec peine, je le répète, à vous envoyer cette réponse, et je n'aurais certainement pu m'y résoudre si je n'avais été lié par ma promesse. Adieu ; je confie cette lettre à votre prudence, et vous prie de me croire, etc.

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