DU VRAI COMMENCEMENT DE L'HISTOIRE DE LA PHILOSOPHIE
particolière, nuit rempreinte d^une idée sans nom et presque tans date , ti mystérieuse dans son origine , si imposante dans ses formes et dans tout son aspect , que même 4 la distance de tant de siècles la pensée individuelle ose à peine aujourd'hui 8*y appliquer avec les procédés modernes , Texaminer et l'analyser comme le résultat d'une pensée semblable à elle. Le philosophe se sent en présence d'un monde qui n'est pas le sien, et qu'il ne peut comprendre que précisément à condition de déposer toutes ses habitudes , et de ressaisir, dans le silence de la réflexion, ce sens de l'inspiration qui seul peut nous révéler le secret de la haute antiquité et des inspirations primitives. L'Orient, avec ses religions, son symbolisme universel et ses formidables sacerdoces, appartient au mythologue
plus qu'au philosophe. Le philosophe fera donc bien de peu s'arrêter à l'Orient, et de se transporter d'abord en Grèce. En effet c'est surtout avec la Grèce que commence pour l'humanité le sentiment et l'exercice de l'activité volontaire et libre, cette énergie individuelle qui ose regarder en face les dogmes régnants, cette réflexion solitaire qui fait abstraction de toutes choses, hormis d'elle-même, et se prend elle-même pour son point de départ et sa règle unique, c'est-à-dire la philosophie. C'est la Grèce qui a donné la philosophie au genre humain : c'est donc en Grèce que commence l'histoire de la philosophie proprement dite, et c'est là qu'il faut d'abord la chercher; c'est là qu'elle a son enfance , ses tâtonnements et ses progr^. Tout ce qui précède lui est étranger.
XÉNOPH ANE ,