SECONDE PARTIE DE LA PSYCHOLOGIE RATIONNELLE
Du primitifs ou de Vorigine des prineipei rcUionnels.
Écarter la question contradictoire de l'origine de l'absolu en lui-même ; l'absolu , étant ce qui ne peut pas ne pas être, ne peut avoir en soi ni fin ni commencement.
La seule question est celle-ci : Sous quels caractères l'absolu, immuable dans son essence, nous a4-il apparu d'abord? Question psychologique et non logique.
Réduction de la question à sa plus simple expression : quelle a été la première situation de l'esprit humain relativement à l'absolu ?
Commencer par déterminer avec précision toutes les diverses manières d'être possibles de l'esprit, relativement à l'absolu , ou les diverses positions intellectuelles.
L'absolu ne peut apparaître à l'esprit que dans le concret ou dans l'abstrait (i).
Ces deux positions en contiennent encore deux autres: soit dans l'abstrait, soit dans le concret, l'esprit aperçoit l'absolu d'une aperception pure et spontanée, ou il le conçoit nécessairement et réflexivement.
Tableau detpotiOûHt ùiieUêctueUes.
J Aperception pure.
ConcepUon nécessaire.
I Aperception pure.
Aperception de Tabsolu dans le concret, j concepUon néoeasalre.
Reste à déterminer l'ordre chronologique de ces positions.
Déterminer d'abord la priorité chronologique du concret et de l'abstrait. Le concret est antérieur à l'abstrait.
Déterminer ensuite Ui priorité chronologique du réflexif et du spontané. Le spontané est antérieur au réflexif.
Ordre chronologique des diverses positions intellectuelles :
i<> Aperception pure de l'absolu dans le concret ;
(0 Voir le précédent programme.
PROGRAMME SUR LES VÉRITÉS ABSOLUES
2^ Conception nécessaire de FabsoludansTabstratt.
Ce n'est là que la première partie du primitif. Les principes rationnels dont Forigine vient d*étre déterminée se composent ou paraissent se composer de notions. Par exemple, le principe de causalité se compose des notions de cause et iï effet, le principe des sal>stances des notions de tubslanee et de qualité. Les notions sont dans les principes, mais ne les constituent pas. 11 s'agit de savoir si ces notions sont antérieures aux principes , on si elles résultent de Tapplication des principes.
Distinction des principes dont les notions sont directes, puisées dans la perception directe d'un objet quelconque; ou indirectes, relatives à un objet qui échappe à toute perception directe.
Les notions directes peuvent être antérieures aux principes.
Les notions indirectes ne le peuvent pas.
D'où il suit que les principes composés de notions directes y peuvent avoir leur origine ; que les principes composés de notions indirectes ne peuvent trouver leur origine dans des notions qui les présupposent.
Or il ne peut y avoir de notion directe que des phénomènes , du fini , du visible : l'être , l'infini , l'invisible, fuient toute prise immédiate.
Donc il n'y a que les principes relatifs aux phénomènes dont on puisse chercher l'origine dans des notions antérieures , et tout principe relatif à l'être est indécomposable.
Donc , ou le jugement (car un principe ne se manifeste que dans et par un jugement) comprend deux termes finis et visibles , et alors la connaissance de leur rapport, ou le jugement, suppose la comparaison des deux termes ; ou il comprend dans ses deux termes un terme qui est dans l'infini et dans l'invisible, et alors la supposition d'une comparaison antérieure des deux termes est absurde , et la connaissance de leur rapport ou le jugement repose sur la vertu d'un principe qui , un des deux termes donné , donne l'autre et le rapport de tous les deux.