‹ Œuvres de Victor Cousin (volume 2)Chapitre 43 sur 141 · SECONDE PARTIE DE LA PSYCHOLOGIE RATIONNELLE · texte numérisé non relu

SECONDE PARTIE DE LA PSYCHOLOGIE RATIONNELLE

Du primitifs ou de Vorigine des prineipei rcUionnels.

Écarter la question contradictoire de l'origine de l'absolu en lui-même ; l'absolu , étant ce qui ne peut pas ne pas être, ne peut avoir en soi ni fin ni commencement.

La seule question est celle-ci : Sous quels caractères l'absolu, immuable dans son essence, nous a4-il apparu d'abord? Question psychologique et non logique.

Réduction de la question à sa plus simple expression : quelle a été la première situation de l'esprit humain relativement à l'absolu ?

Commencer par déterminer avec précision toutes les diverses manières d'être possibles de l'esprit, relativement à l'absolu , ou les diverses positions intellectuelles.

L'absolu ne peut apparaître à l'esprit que dans le concret ou dans l'abstrait (i).

Ces deux positions en contiennent encore deux autres: soit dans l'abstrait, soit dans le concret, l'esprit aperçoit l'absolu d'une aperception pure et spontanée, ou il le conçoit nécessairement et réflexivement.

Tableau detpotiOûHt ùiieUêctueUes.

J Aperception pure.

ConcepUon nécessaire.

I Aperception pure.

Aperception de Tabsolu dans le concret, j concepUon néoeasalre.

Reste à déterminer l'ordre chronologique de ces positions.

Déterminer d'abord la priorité chronologique du concret et de l'abstrait. Le concret est antérieur à l'abstrait.

Déterminer ensuite Ui priorité chronologique du réflexif et du spontané. Le spontané est antérieur au réflexif.

Ordre chronologique des diverses positions intellectuelles :

i<> Aperception pure de l'absolu dans le concret ;

(0 Voir le précédent programme.

PROGRAMME SUR LES VÉRITÉS ABSOLUES

2^ Conception nécessaire de FabsoludansTabstratt.

Ce n'est là que la première partie du primitif. Les principes rationnels dont Forigine vient d*étre déterminée se composent ou paraissent se composer de notions. Par exemple, le principe de causalité se compose des notions de cause et iï effet, le principe des sal>stances des notions de tubslanee et de qualité. Les notions sont dans les principes, mais ne les constituent pas. 11 s'agit de savoir si ces notions sont antérieures aux principes , on si elles résultent de Tapplication des principes.

Distinction des principes dont les notions sont directes, puisées dans la perception directe d'un objet quelconque; ou indirectes, relatives à un objet qui échappe à toute perception directe.

Les notions directes peuvent être antérieures aux principes.

Les notions indirectes ne le peuvent pas.

D'où il suit que les principes composés de notions directes y peuvent avoir leur origine ; que les principes composés de notions indirectes ne peuvent trouver leur origine dans des notions qui les présupposent.

Or il ne peut y avoir de notion directe que des phénomènes , du fini , du visible : l'être , l'infini , l'invisible, fuient toute prise immédiate.

Donc il n'y a que les principes relatifs aux phénomènes dont on puisse chercher l'origine dans des notions antérieures , et tout principe relatif à l'être est indécomposable.

Donc , ou le jugement (car un principe ne se manifeste que dans et par un jugement) comprend deux termes finis et visibles , et alors la connaissance de leur rapport, ou le jugement, suppose la comparaison des deux termes ; ou il comprend dans ses deux termes un terme qui est dans l'infini et dans l'invisible, et alors la supposition d'une comparaison antérieure des deux termes est absurde , et la connaissance de leur rapport ou le jugement repose sur la vertu d'un principe qui , un des deux termes donné , donne l'autre et le rapport de tous les deux.

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