‹ Œuvres de Victor Cousin (volume 2)Chapitre 45 sur 141 · LOGIQUE · texte numérisé non relu

LOGIQUE

ou LÉGiriMITÉ DO PASSAGE DE l'u>ÉE A l'ÉTBB.

Après avoir considéré l'absolu comme idée , c'està-dire dans son rapport d'aperceptibilité avec la raison, et l'avoir considéré hors de ce rapport , il faut le tirer de cet état d'abstraction pour le rattacher à la suIh stance qui le constitue et du sein de laquelle il apparaît à la raison. Mais pour aller de l'idée à l'être, de la vérité à la substance , il faut s'être bien assuré de posséder la vérité , et la logique seule peut conduire à l'ontologie. Or, comme on ne peut savoir de la vérité que ce que la raison en apprend , il s'ensuit que la logique ne peut être qu'un retour sur la psychologie rationnelle.

Le juge unique du vrai est la raison ; car le raisonnement en dernière analyse repose sur la raison , qui lui fournit ses principes.

La raison établie juge unique du vrai , reste à savoir de combien de manières , sous combien de formes , la raison le connaît ; c'est-à-dire quelles sont les diffé-» rentes espèces de certitude.

Or la raison a quatre degrés , comme nous l'avons vu ; de ces quatre degrés , les trois premiers rentrent les uns dans les autres et se rencontrent tous dans le caractère commun de réflexivité et de subjectivité. Restent donc deux degrés, celui de la réflexivité, c'est-à-dire, de la croyance , et celui de la spontanéité ou de l'aperception absolue.

Or la croyance comme croyance est subjective , et alors elle n'implique qu'une certitude renfermée dans les limites du sujet croyant; ou , bien que croyance , elle a un cêté non subjectif.

En effet , la croyance n'est qu'un d^;ré ; dégagée du rapport au înoi réflexif qui la constitue , elle se résont dans l'aperception pnre qui la précède et la fonde

nécessairement et réellement. Savoir est antérieur et supérieur k croire.

Là est la certitude absolue , non pas aux yeux du raisonnement , ni aux yeux de la croyance , mais à ceux de Faperception pure, se légitimant elle-même, de sa propre lumière. Accord de la psychologie et de la logique.

Examen logique du fait psychologique de Taperception pure. Ce fait n'a de subjectif que ce qu*il est impossible qu'il n'ait pas, savoir, le je ou moi aperceptif qui se mêle au fait sans le constituer. Le moi entre nécessairement dans toute connaissance ; le moi , étant le sujet de tout savoir humain , entre dans la connaissance, mais non pas dans la vérité.

I^a raison , impersonnelle de sa nature , est en rapport direct avec la vérité ; là est l'absolu pur ; mais la raison se redouble dans la conscience , et voilà la connaissance. Le moi ou la conscience y est comme témoin , non comme juge ; le juge unique est la raison , faculté pure, impersonnelle, bien qu'elle ne puisse entrer en exercice si la personnalité, ou le moi n'est posé et ne s'ajoute à elle.

L'aperception pure constitue la logique naturelle.

L'aperception pure , devenue croyance nécessaire , constitue la logique proprement dite.

La première repose sur elle-même : verwn index sut

La deuxième repose sur l'impossibilité où est la raison de ne pas croire à la vérité.

La forme de la première est l'allirmation pure, spontanée, irréfléchie , où l'esprit se repose avec une sécurité absolue, c'est-à-dire sans soupçon d'une négation possible.

La forme de la deuxième est l'affirmation réflexive , c^est-à-dire l'impossibilité de nier ou la nécessité d'affirmer, l'affirmation négative et la négation affirmative. L'idée de négation domine la logique ordinaire, ses affirmations n'étant que le fruit plus ou moins laborieux de deux négations. Théorie de l'affirmation pure et de l'affirmation logique.

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