‹ Œuvres de Victor CousinChapitre 92 sur 212 · C. Son Manuel pour les exercices de style allemand · texte numérisé non relu

C. Son Manuel pour les exercices de style allemand

D. Baumgarten , Plans et matériaux pour des compositions ;

E. Petit Epistolaire de Baumgarten, Schlez et Dolz, etc.

VIII. Arithmétique. Il ne s'agit ici ni de méthodes de calcul élevé , ni de calcul pratique. On ne demande à l'élève que de se servir sans difficulté des chiffres , et de calculer de tête.

Secours :

A. Pestalozzi , Tableaux d unités et de fractions ;

B. Son Explication dss rapports des wim!bre$;

C. J. Schmidt , Éléments des nombres , et les £2^ ments d* algèbre;

D. Kawerau , Livre de calcul.

IX. Chant , piano et violon. Formation de l'ordlle et de la voix. Dextérité et fermeté à produire les sons. Exercices de chant élémentaire. Chant d'église ou plain-chant.

Pour le piano et le violon le plus possible de dextérité , et un bon doigté pour le premier inslrument.

Si ces avis servaient à engager un maître conscieDcieux à bien préparer quelques jeunes aspirants, leur but se trouverait atteint. En indiquant un très-grand nombre de secours , on en facilite au moins le choix.

POSITION EXTÉRIEURE DES ÉtfeVES, ET LEUR RAPPORT AYEC L'ÉCOLE NORMALE.

Si les jeunes gens n'ont pas de parents à Potudam qui nous répondent des bonnes mœurs et du travail de leurs enfants, ils sont tous sans exception tenus de demeurer dans l'école normale , et d'y prendre leur nourriture en payant d'avance au directeur une pension de 12 écus par trimestre.

Chaque élève, codtant par an 100 écus à l'élablii^ sèment, ne paye que la moitié des frais, même en pyant la pension légale de 48 écus. Une bourse entière donne droit au logement , au chauffage, à la pension, à l'éclairage et à l'enseignement. Avec une demi'bourse on ne paye que 24 écus de pension par an. Il ne reste à l'élève qu'à acheter ses habits , à payer son blanchissage , ses livres , son papier, ses plumes , son encre , et ce qu'il lui faut pour le dessin et la musique.

Les élèves ont encore à payer les médicamenjs ; cependant l'établissement leur prête volontiers son assistance, si cela coûte trop cher à la suite d'une maladie grave.

Quant aux habits , qui pourtant doivent être propres et pas déchirés , ainsi qu'aux livres , personne n'est obligé de faire de plus grandes dépenses que ses moyens ne le lui permettent.

Pendant leur séjour à l'école normale , les jeunes gens ne peuvent rien gagner , puisqu'il ne leur reste pas de temps pour donner des leçons particulières, ce qui entraînerait d'ailleurs de grands inconvénients.

Pour le logement , ils se trouvent répartis dans les cinq grandes pièces à feu destinées aux élèves , et ils demeurent et travaillent au nombre de huit, douze et seize dans une de ces chambres , laquelle est garnie de tables , de chaises , d'armoires , de bibliothèques , de commodes et de clavecins. Leurs lits et leurs coffres se trouvent dans deux dortoirs. Chaque chambre ,

DANS QUELQUES PAYS DE L'ALLEMAGNE

cbaiiiie dortoir a Km iatpectear pris parmi le$ élèves, q«i est respoDsable de Tordre. Tous les jours un des élèves de la chambre est cbargé de ranger et d'épousseter les meubles , eic. Celui qui se montre négligent à remplir ceue fonction f en reste cbargé plus longtemps (i).

Tant que les élèves restent à Técole normale et qu'ils le conduisent bien « ils sont exemptés tous les ans du service militaire.

Tons les élèves sont tenus de suivre les cours de Técole normale pendant trois ans ; leurs connaissances et leur instruction resteraient incomplètes s'ils ne se conformaient à cette disposition.

ÉDCGATIO!! DES ÉLÈVES À L'àJDE DE LA DISCIPLINE ET DE L'CNSEIGNEMENT.

Cet écrit prendrait une trop grande étendue, si Ton roulait épuiser ici une matière aussi importante. Nous nous réservons d'en parler dans d'autres occasions , et de montrer comment toutes les branches d'instruction sont traitées à Fécole normale. Cette fois-ci nous nous contenterons d'indiquer les principes qui président à l'enseignement et à la discipline en général.

Dans l'éducation des maîtres d'écoles primaires il ùut consulter les besoins du peuple.

Tout nous démontre que le bien-être temporel d'un individu comme d'un peuple n'est nullement assuré par un grand développement intellectuel et une civilisation raffinée. Le vrai bonheur d'un individu comme d'un peuple repose sur une moralité sévère, sur l'empire sur soi-même , sur l'humilité et la modération , tv l'accomplissement volontaire de tous les devoirs envers Dieu , ses supérieurs et son prochain.

L'éducation religieuse et morale est par conséquent le premier besoin du peuple. Lorsqu'elle manque, toute autre éducation est non-seulement sans utilité réelle , naais sous certains rapports même dangereuse. Si an contraire Féducation religieuse a jeté de bonnes racines , l'éducation intellectuelle réussira complètement et doit être alors d'autant moins refusée au peuple que Dieu lui a donné des dispositions réelles pour l'acquérir, et que le développement de toutes les facultés de lliomme lui assure les moyens d'arriver à la perfection, et par là à la félicité suprême.

L'instruction religieuse et morale, loin de conduire à la présomption et à Tespril raisonneur , inspirera à Thomme, au contraire, la conscience de sa faiblesse, et par conséquent l'humilité. Il faudra ensuite songer à donner au peuple des connaissances solides et pratiques , conformes à ses besoins , ce qui polira naturellement ses mœurs et ses manières.

Si telle est l'instruction que le peuple doit recevoir, edle des maîtres d'écoles primaires se trouve déter*

n) Voyei Prewnire partie du Rapport, Schulpforte.

minée, et les prindpeè k suivre j>0ttr rinstruction de nos élèves sont également tracés.

L'instruction morale et religieuse reçoit une direction plus spéciale par la croyance au Verbe révélé de Dieu dans l'Écriture sainte. Mais cette enfance ne doit pas être purement historique comme efaei les érudits, ni se complaire dans des idées obscures et mystiques, ni s'exprimer avec affectation dans les par rôles, les gestes et les actions. Elle doit au contraire tellement pénétrer le cœur de Thonuiie, qu'il travaille sans reUche à mettre ses pensées, ses seutimeots et ses actions dans l'harmonie la plus intime avec la volonté de Dieu. C'est donc sur la conviction vivante des vérités et des doctrines du christianisme que nous fondons le caractère religieux et moral de nos élèves. Ennemis de tout système de contrainte, nous accordons aux jeunes gens toute la liberté compatible avec notre responsabilité, avec notre obligation de les garantir de toutes les séductions, et avec l'ordre intérieur de l'établissement. Nous sommes indulgents pour les fautes qui ne tiennent pas à la mauvaise volonté, mais nous punissons la méchanceté et l'impolitesse jusque dans le regard et le geste. Un mauvais moyen de se recommander auprès de nous, c'est de se montrer ram* pant et hypocrite ; mais nous encourageons de tout notre pouvoir la piété réelle qui ne s'affiche point, la docilité, le zèle et l'amour du travail.

Pour entretenir et affirmer l'esprit religieux et moral de nos élèves, nous usons de plusieurs moyens. Nous tenons singulièrement à ce que les jeunes gens aillent tous les dimanches à Téglise ; ils ne sont pas forcés d'aller exclusivement à l'église du Saint-Esprit qui est la paroisse de l'école normale, et pour laquelle elle fournit aussi un chœur de chantres ; mais le lundi ils sont tenus de rendre compte de l'église où ils ont été et du discours qu'ils ont entendu. Tous les dimanches à six heures du malin, alternativement un des plus anciens élèves lit un sermon en présence de tous les élèves et d'un maître. On chante au commencement et à la fin un verset accompagné de l'orgue. On fait tous les matins et tous les soirs une prière qui dure environ dix à quinze minutes. Elle est récitée par un des maîtres. On commence par chanter un ou deux versets; vient ensuite une allocution religieuse ou la lecture d'un chapitre de la Bible , et on termine par un verset.

Pour influer sur le moral des élèves, nous considérons leur position individuelle, leurs besoins et leur conduite. D'un grand secours sont à cet égard les conférences hebdomadaires des maîtres, et surtout la eemure trimestrielle des élèves ou le jugement porté sur l'application, les progrès et la conduite de chacun d'eux. Ces notes, inscrites dans un livre particulier appelé iivre de censure, forment la base des certificats

RAPPORT SUR L'ÉTAT DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE

délivrés aux élèves à leur sortie de rétablissement, et les avis particuliers à leur donner.

Les moyens de correction employés sont des avertissements, des exhortations, des réprimandes, d^abord en particulier, ensuite dans la conférence des maîtres, enfin devant tous les élèves. Si ces moyens ne suffisent pas, on a recours aux arrêts , on retire les stipendia accordés, et en dernier lieu on renvoie de rétablissement. Mais nous cherchons, autant qu'il est en nous, à prévenir ces punitions, en entretenant des rapports bienveillants avec les jeunes gens, en distinguant ceux qui le méritent, en nous efforçant d'exciter une noble émulation, et de provoquer dans leur àme le désir de gagner Testime et de s'honorer par une conduite sans reproche.

C'est de l'impulsion donnée aux leçons que dépend surtout l'application à l'étude en dehors des classes. Cerlaines heures du jour sont consacrées au travail particulier des élèves, et chaque maître à son tour est chargé de veiller à ce que la tranquillité ne soit pas troublée dans les salles d'études, et que tout le monde soit convenablement occupé.

A la lin de chaque mois, la dernière leçon, dans quelque branche d'instruction que ce soit, est une récapitulation en forme d'examen des objets traités dans le courant du mois*

Quant aux objets de l'enseignement et à la marche suivie dans les études, voici le plan fondamental.

La première année, c'est Vinêlruelion formelle des jeunes gens qui prédomine ; la seconde année, Vinstruc- Iton maiérielle^ et la troisième, YinstrticUon pratique. Les élèves ayant alors environ dix leçons à donner par semaine dans l'école annexe , leçons pour lesquelles ils doivent être bien préparés, suivent moins de cours à l'école.

Notre but principal dans chaque genre d'instruction est de pousser les jeunes gens à penser et à juger par eux-mêmes. Nous sommes contraires à toule étude pu rement mécanique et servile d'après des cahiers. Les maîtres de nos écoles primaires doivent avoir de l'intelligence, pour pouvoir l'éveiller chez leurs élèves ; autrement l'État préférerait sans doute les écoles moins coûteuses de Bell et de Lancastre.

Nous partons toujours des éléments, parce que nous sommes obligés de recevoir, au moins jusqu'à présent, des élèves dont les études ont été négligées, et parce que nous voulons oi^aniser renseignement de toutes les branches de manière qu'il puisse servir aux élèves de modèle et de règle dans les leçons qu'ils auront un jour à donner eux-mêmes.

Relativement à l'éducation matérielle, nous nous attachons bien plus à la solidité qu'à retendue des connaissances. Cela n'est pas seulement d'accord avec nos instructions, mais la raison dit elle-même que la soli-

dité des connaissances rend seule le maitre capabled^enseigner avec fruit, et de continuer ses propres études avec succès. Ainsi des sujets faibles sont quelquefois dispensés de certaines branches d'études, comme les mathématiques la basse fondamentale et la physiqoe. Le jardinage est enseigné dans un emplacement situé devant la porte de Nauen, et l'on montre à nager dans l'école de natation établie devant la porte de Berlin, dans les saisons propres à ces études, de sept à neuf heures du soir.

L'instruction pratique des élèves est considérée par nous comme de la dernière importance.

Toutes les études et tout le savoir de nos élèvei resteraient infructueux, et l'école normale ne rempli» rait pas le but de son institution, si en quittas l'établissement les jeunes maîtres n'avaient pas d^ appliqué méthodiquement ce qu'ils ont appris, et si ne savaient par expérience ce qu'ils ont à faire et coT ment ils doivent s'y prendre.

Pour obtenir ce résultat, il ne suffit pas que Ijeunes gens voient faire des cours devant des maitt habiles, ou qu'ils se chargent quelquefois euï-mèa de quelques leçons à leurs camarades; il faaiqif aient enseigné longtemps à des enfants dans Téoi— annexe, sous la direction des maîtres de l'école m roale. Ce n'est qu'en se familiarisant avec le ^ d'enseignement pour chaque branche en particulierren enseignant eux-mêmes pendant un certain teil chaque objet, qu'ils peuvent prendre l'habitude M traiter avec méthode. —,

Page 1