Histoire
Total des leçons par semaine.
Noos ferons quelques observations sur ce plan :
1. Avec la lecture dans les classes moyennes, on oseigne, d'après Hempel {rAmi de$ écoles primaires)^ les connaissances les plus usuelles.
2. Les leçons de langue consistent , dans la classe iaférieure, en exercices logiques et narrations» et dans les classes moyennes , en exercices de langue et de gnmmaire ( d'après KrafUé).
3. L'écriture proprement dite n'est enseignée, dans b cbsse inférieure , qu'aux élèves les plus exercés ; à Um les autres on enseigne le dessin linéaire et la géométrie.
La dasse la plus avancée des élèves de Técole norsiale à employer dans Técole pratique , est divisée en cinq ccuus on divitions , dont chacune se compose de cinq 00 six élèves. Chaque division enseigne seulement deux objets , pendant deux mois et demi,, et passe easoite à deux autres objets , de sorte que chacun i>\erce d'une manière pratique successivement dans tGos les objets d'enseignement.
On traite. , autant qu'il est possible , dans toutes les fiasses de l'école pratique , le même objet à la même heure. Le maftre de l'école normale , qui a préparé <f avance les jeunes maîtres , est présent pendant la leçon ; il les écoute et les observe, les guide pendant h dasse , et leur communique ensuite ses observations H son jogemenl sur la manière dont ils ont donné b leçon. Sur chaque branche d'instruction il existe m journal pour chaque classe , où l'on inscrit après la leçon ce qui a été enseigné. Enfin , autant qu'il est possible , le jeune maître, chargé de la leçon suivante, assiste à celle de son prédécesseur. Par ces moyens, et sorlout par la direction spéciale de toute l'instruction pratique confiée à un maître de l'école normale, la con-
nexion et la gradation des études se trouvent parfaitement assurées.
11 est nécessaire que chaque élève de l'école normale enseigne successivement toutes les branches dans la classe inférieure ; car le maître d'école primaire , quelque instruit qu'il soit , ignore la partie la plus indispensable de son état , s'il ne sait pas enseigner les éléments.
SORTIE DE l'école NORMALE, EXAMENS , CERTIFICAT ET PLACEMENT.
Les élèves quittent l'école normale , après avoir suivi les cours pendant trois ans , car la prolongation de leur séjour serait un obstacle à la réception de nouveaux élèves.
Mais auparavant ils subissent un examen par écrit et de vive voix , comme il est déterminé par Tordonnance du ministre de l'instruction publique , des affaires ecclésiastiques et médicales , que nous donnons ici en abrégé.
I 1. Tous les élèves des écoles normales primaires du royaume subiront un examen à leur sortie.
c 3. Les examens se feront par tous les maîtres de l'école normale, et sur tous les objets enseignés dans la maison , en présence et sous la direction d'un ou de plusieurs commissaires délégués du collège des écoles de la province.
I 3. Une leçon d'épreuves, donnée par chaqiie élève sortant , constatera jusqu'à quel point il possède déjà l'art d'enseigner.
I 4. Après l'examen et les renseignements exacts donnés sur les élèves sortants par le directeur et tons les maîtres , il est délivré à chacun d'eux un certificat signé par le directeur, les maîtres et les commissaires.
< 5. Ce certificat spécifiera les connaissances et les talents de l'élève sortant; il marquera s'il possède l'art d'enseigner , et si son caraclèrq moral le rend propre à l'état de maître d'école primaire ; il renfermera en outre un jugement général sur toutes ses qualités et son savoir, exprimé par un des termes : parfait, bien, satisfaisant, et répondant aux numéros 1, â, 5*
c 6. Un tel certificat n'accorde à l'élève que la faculté provisoire d'entrer en place pour trois ans. Au bout de ce temps il a à se présenter de nouveau à l'examen de l'école normale. Afais celui qui , en partant de l'établissement , a obtenu le numéro 1 , et a été attaché dans le cours des trois premières années à une école publique , ne sera plus d'ordinaire soumis à un second examen. Tous les antres ne pourront entrer en fonction que provisoirement.
c 7. Ces nouveaux examens ne se feront pas en môme temps que ceux des élèves sortants ; mais toujours comme les premiers , en présence et sous la direction de commissaires du collège des écoles.
15t RAPPORT SUR L'ÉTAT DE
c 8. Dans les premiers examens on doit principalement s'assurer si les élèves ont bien saisi les leçiffis de récole normale et appris à les appliquer; les derniers doivent constater seulement Thabileté pratique du candidat.
c 9. Le résultat de ce nouvel examen sera également exprimé par un autre certificat joint au premier, et on aura soin d y spécifier les dispositions du candidat pour la profession de maître d'école. »
Cest pourquoi on donne aux élèves sortants un certificat qui sur la première page décrit leurs talents , leur caractère , leur moralité , et dont les deux pages suivantes contiennent le protocole exact du résultat de l'examen sur tous les objets enseignés.
Ceux qui dans Tintervalle des deux examens n'ont pas été placés , devront présenter ce certificat aux surintendants et aux inspecteurs d'école des lieux qu'ils iraient babiter, et , à leur départ , demander un certificat de conduite qu'ils poissent produire lors du second examen. Ceux qui auront été placés dans les trois premières années, seront tenus de produire les certificats de leurs supérieurs immédiats.
Tous les élèves ne sauraient être placés immédiatement à leur sortie de l'établissement; mais un grand nombre d^entre eux sont proposés par le directeur aux places vacantes , et demandés par le goovernement royal et par les surintendants , les magistrats , etc. ; de sorte qu'au bout d'un an , on peut admettre qu'ils se trouvent tous établis.
Je puis répondre, M. le ministre, de la parfaite fidélité de cette description de l'école normale de Potsdam ; el dans la visite longue et détaillée que j'ai faite moi-même de ce grand établissement , j'ai pu juger que le tableau que je viens de mettre sous vos jeux et qui a été fait en 4826, était en i85i an-dessous de la réalité.
L'école normale primaire de Polsdam possède aujourd'bui quatre-vingts élèves : toussent pensionnaires. La pension est de 48 tbalerspar an. La moitié des élèves paye cette pension ; les antres ont des bourses et des demi-bourses. Le directeur et les maîtres, au nombre de cinq, sont tous logés dans la maison. Le directeur a 4 ,060 thalers de traitement, lescinq maîtres onl 550, 480, 400, 230, 200 thalers, non compris les indemnités pour le bois , 180 thalers sont employés par an à l'entretien d'un jardin et d'un jardinier, qui donne des leçons de jardinage. Cent vingt thalers sont consacrés chaque année à la bibUothèque , qui a déjà plus de mille volumes. Il y a un petit cabinet de minéralogie et d'histoire naturelle, une collection de semences, un lf//tirttiin pour lliistotre do monde terrestre et céleste; il y a aussi un bel oi^e , car chacun des élèves doit pouvoir être organiste. Chaque salle d'études a son clavecin , chaque élève un violon
L'INSTRUCTION PUBLIQUE
et une petite bibliothèque particulière. J'ai dit qo'il j avait quatre-vingts élèves : il se présente tons les ans une centaine d'aspirants, sor lesquels on choisit TÎngisix ou vingt-sept élèves , à peu près autant qu'il en sort chaque année. On n*y entre point avant dii-sepi ou dix-huit ans , mais on y peut entrer plus tard , et j'y ai vu des élèves qui ont jusqu'à vingt-quatre ans. On subit , pour ôtre admis, im examen qui est un vni concours par Tidentilé des matières sur lesquelles il porte et la multitude des aspirants. Pendant les trois années de séjour , le service militaire est suspende. A la fin des trois années , il y a on examen de sortie : si on le subit convenablement , on est reçu eandidal à une place de maître d'école élémentaire ou bourgeoise.
Pour les fautes commises , il y a d'abord admouition du directeur en particulier , puis à la conférence des maîtres , qui a lieu tous les huit jours ; cl si la mauvaise conduite continue , on fait une enquête et l'élève est renvoyé.
L'enseignement est très-solide et en même tempi très-étendu , comme on a pu le voir par le plan fondamental qui se trouve dans la notice précédente, ei par le tableau ci-joint , qui contient le programme des leçons de l'école pour le semestre d'été de 4851.
J'ai vu ce programme en action. L'esprit qui a présidé à l'organisation et à la disiribulion de l'enseignement est excellent , et il gouverne tous les détails. Le cours normal , qui est de trois années , se compose , pour la première année , d'études destinées à ouvrir l'esprit en quelque sorte , et à inculquer aui élèves de bonnes méthodes en tous genres et le senti- ' ment de la vocation d'instituteur primaire. C'est là ce qu'on appelle instruction formelle, en opposition ï l'instruction maiérielle; c'est-à-dire plus positive de la seconde année , où les élèves font des études spéciales très^solides et assez élevées , et apprennent beaucoop plus qu'en général ils ne seront forcés d'enseigner. La troisième année est toute pratique et consacrée à renseignement de l'art d'enseigner. C'est précisément le plan que je m'honore d'avoir suivi dans Forganisatiwi des études de la grande école normale centrale de Paris, pour le recrutement des professeurs des collèges rojaox et communaux. À Potsdam aussi , la troisième année résume les deux autres , et les élèves y sont considérés comme des maîtres. Il y a pour cela, annexée à fècote normale , une école primaire, dans lequelle les élèves de la troisième année donnent des leçons sons la surveillance des maîtres de l'école normale. Les enfanis qui fréquentent cette école primaire payent par an seulement , on plutôt la ville paye pour eux , 4 thalers : il y en a cent soixante et dix , qui sont partagés en quatre classes , selon leurs connaissances, entre les vingt ou vingt-cinq élèves de la troisième année, lesquels font sur eux leur apprentissage avec l'ardeur
( Counny t. III tn-S"», Twà-râ la page i52. )