‹ uvres de Victor HugoChapitre 211 sur 599 · HER^VAM · texte numérisé non relu

HER^VAM

Celui dont le Manc saigne a meilleure mémoire. L'affront que l'ofFeiiscur oublie en insensé Vit , et toujours remue au cœur de l'offensé !

Donc, je suis, c'est un titre à n'en point vouloir d'autres, Fils de pères qui font choir la tète des vôtres ? DONA SOL, A genoux devant l'empereur.

Sire ! pardon ! pitié ! sire ! soyez clément , Ou frappez-nous tous deux, car il est mou amant. Mon époux. En lui seul je respire ! Oh ! je tremble... Sire ! ayez la i>itié do nous tuer ensemble ! Majesté ! je me traîne à vos sacrés genoux ! Je l'aime ! il est à moi comme l'empire à vous ! — Oh grâce !

L'empereur la regarde immobile.

Quel penser sinistre vous absorbe ?

DOiV CARLOS, avec un soupir profond.

Allons, relevez-vous, duchesse de Ségorbe, Comtesse Albatera, marquise de Monroy... —

A Hernani.

Tes autres noms, don Juan?

HER?iANI.

Qui parle ainsi ? le roi ?

Non , l'empereur.

DOn A SOL , te relevant.

0 ciel !

DON CARLOS, la montrant à Hernani.

Duc ! voilà ton épouse.

HERNANI , les yeux au ciel.

Juste Dieu !

DON CARLOS, A Don Ruy Gomez.

Mon cousin , ta noblesse est jalouse.

Je sais, mais Aragon peut épouser Silva.

DON RI Y GOSEZ , sombre.

Ce n'est pas ma noblesse.

HERNANI , regardant dona Sol avec amour et la tenant embrat 8<ie.

Oh ! ma haine s'en va !

Il jette son poignard.

DONA SOL, dans les bras d'ileroani.

0 mon duc !

HERNANI

Je n'ai plus que de l'amour dans l'âme, Dona Sol!

DON CARLOS, à part, la main dans sa poitrine.

Éteins-toi , cœur jeune et plein de flamme ! Laisse régner resjirit que longtemps tu troublas. Tes amours désormais, tes maîtresses, hélas ! C'est l'Allemagne, c'est la Flandre, c'est l'Espagne.

fœil flxé sur sa bannière.

L'empereur est pareil à l'aigle sa compagne : A la place du cœur il n'a qu'un écusson !

HERNANI

Ah ! vous êtes César !

DON C.VRLOS.

De ta noble maison , Don Juan , ton cœur est digne...

Montrant dona Sol.

11 est digne aussi d'elU — A genoux , duc !

Hernani s'agenouille. Don Carlos détache sa Toison d'or et la ii passe au cou.

Reçois ce collier ;

11 tire son épée , et l'en frappe trois fois sur l'épaule Sois fidèle !

Par saint Etienne, duc, je te fais chevalier.

Il le relève et l'embrasse.

Mais lu l'as, le plus doux et le plus beau collier ! Celui que je n'ai pas, qui manque au rang suprême. Les deux bras d'une femme aimée et qui vous aime ! Ah ! lu vas être heureux j moi , je suis empereur.

Aux conjurés.

Je ne sais plus vos noms, messieurs; haine et fureur. Je veux tout oublier. Allez ; je vous pardonne ! C'est la leçon qu'au monde il convient que je donne.

LES CONJURÉS , à geaoux.

Gloire à Carlos !

DON RI Y GOMEZ, à don CarlOS.

Moi seul , je reste condamné.

HERNANI

DON C\RLOS.

Et moi !

DON RtJY roïiEZ, à part.

Biais comme lui je n'ai point pardonné !

Qui donc nous change tous ainsi?

TOUS

Vive Allemagne !

Honneur à Cliarles-Quint !

DON CARLOS, se tournant vers le tombeau.

Honneur à Charlemagne !

Laissez-nous seuls tous deux.

Tous se retirent au fond du théâtre.

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