I-ORD 0RM0>D
Là-bas, c'est Plinlimmcin, Ludiow, parlementaires; Carr, qui nous suit d'un œil de haine et de frayeur; Le damné Barebone, in-spiré corroyeur...
Quel est ce Barebone ?
DAVENANT, b.is à sir Ricliard.
Ah ! c'est un homme unique.
Barebone , ennemi du pouvoir lyrannique , Corroyeur de nos saints, tapissier de Cromwell , Comme à deux râteliers manfteà ce double autel. 11 préi)are à la fois le massacre et la fêle. De Cromwell couronné sa voix proscrit la tête, Et le couronnemeni se marchande avec lui. Le brave homme , â deux fins se vouant aujourd'hui. Travaille, on louant Dieu, pour les pompes du diable. Marchand ofïicieux et saint impitoyable , Son fanatisme à Noll , qu'il sert de son crédit, Vend le plus cher qu'il peut ce trône qu'il maudit.
SIR RICHARD WILLIS
Son frère fut-il pas orateur de la Chambre ?
DAVEIVAIST.
Oui, du feu Parlement dont lui-même fut membre.
SIE RICHARD W'ILLIS, à lord Ormond.
Les autres ?
LORD ORMO'D.
Harrison , régicide ; Overton , Régicide ; Garland , régicide...
LORD CLIFFORD
Dit-on Qui des trois est Satan? —
LORD ORMOND
Paix , Mylord ! — Là, déclame Le ravisseur du Roi , Joyce?...
LORD ROSEBERRT.
Race infâme !
LORD ROCHESTER
Que j'aurais de plaisir à chamailler un peu Ces têtes-rondcs-là qui vont outrageant Dieu !
Que je voudrais , pour prix de leurs pieuses veilles , Les arrondir encore, en coupant leurs oreilles! Et quel doux passe-temps je me serais promis D'attaquer ces coquins , — s'ils n'étaient nos amis !
SCÈINE IX.
Les mêmes, le LiEUTE'yAnT géivéral LAMBERT, simp costume des autres têtes-rondes , longue épée large garde de cuivre.
A rarrivC-e de Lambert, les têtes-rondes^ s'inclinent av déférence.
LORD ORMOIVD.
Enfin , voici Lambert !
CARR, A part.
Quel bizarre mystère !
LE GÉ7IÊRAL LAMBERT
Salut aux vieux amis de la vieille Angleterre.
LORD nRMO:ND, i» ses adhérents.
Le moment va sonner de risquer le grand coup. Concluons l'alliance et déterminons tout!
Il s'avance vers Lambert, qui vient à sa rencontre. Jésus crucifié ! —
LE GÉNÉRAL LAMBERT
Pour le salut des hommes ! — Nous sommes prêts.
LORD 0RM0:SD.
Sous moi j'ai trois cents genlilshommc Dont voici les chefs.— Quand frappons-nous le maud
LE GÉ?<ÉRAL LAMBERT
Quand est-il Roi?
LORD ORMOND
Demain.
LE GÉNÉRAL LAMBERT
Frappons demain.
LORD ORMOND
C'est di
LE GÉNÉRAL LAMBERT
C'est dit.
LORD ORMOND
L'heure ?
LE GÉNÉRAL LAMBERT
Midi.
LORD ORMOND
Le lieu ?
LE GÉNÉRAL LAMBERT
Westminster même.
LORD ORMOND
Alliance !
LE GÉNÉRAL LAMBERT
Amitié !
Ils se serrent un moment la main.
A part.
— J'aurai le diadème !
Quand tu m'auras servi , comme j'aurai voulu ,
L'échafaud de Capell n'est pas si vermoulu Qu'il ne supporte encore un billot pour ta tête !
LORD ORMOIvn , à part
11 croit marcher au trône , et son gibet s'apprête ! Une panse.
LE GÉNÉRAL LAMBERT, à part.
Allons ! c'en est donc fait... me voilà compromis !
Ils m'ont ciioisi pour chef !— Pourquoi l'ai-je permis ?.. .
Ah ! n'importe ! avançons. — Ma crainte est ridicule ;
Et sait-on où l'on va, d'ailleurs, quand on recule?
Parlons. —
11 croise les bras sur sa poitrine et lève les yeux au ciel. Les
puritains prennent leur attitnde d'extase et île prières. Les
cavaliers sont assis à table ; les jeunes boivent jouyeusement.
Orniond, WiUis, Davenant et Jenkins paraissent seuls écouter
la barangue de Lambert.
Pieux amis ! il nous est parvenu , Que , nonobstant ce peuple et son droit méconnu , Un homme , qui se dit protecteur d'Angleterre, Veut s'arroger des rois le titre héréditaire. C'est pourquoi nous venons à vous, vous demandant S'il convient de punir cet orgueil impudent ; Et si vous entendez , vengeant par votre épée Notre antique franchise abolie , usurpée, Porter l'arrêt de mort , sans merci ni pardon , Contre Olivier Cromwell, du comté d'Huntingdon, Écuyer?
TOUS, excepté Carr et Harrison.
Oui , qu'il meure !
LES TÊTES-ROIVDES.
Exterminons le traître !
LES CAVALIERS
Frappons l'usurpateur !
LE COLONEL OVERTOPf.
Point de Roi!
LE GÉNÉRAL LAMBERT
Point de maître !