‹ uvres de Victor HugoChapitre 471 sur 599 · SCÈNE vm · texte numérisé non relu

SCÈNE vm

THURLOE . WHITELOCKE , WALLER , poêle du temps; i.E SERGEPiT MAYNARD , en robe ; le colonel JEPH- SON , en uniforme ; le colonel GRACE , en uniforme; SIR WILLIAM MURRAY, en ancien habit de cour; M. WILLIAM LENTHALL, précédemment orateur du Parlement ; lord BROGHILL, en habit de cour; CARR.

Carr arrive le dernier, et s'arrête au fond du IhéAtre sur lequel il jette un regnrd .scandalisé , tandis que les autres parlent sans rapercevoir.

WHITELOCKE, à TliurlOë.

Son Altesse estabsenle?

TIIIRLOE.

Oui, mylord.

M. WILLIAM LENTIIALL, à Thurioé.

Je voulais Lui rai)peler mes droits...

LE SERGENT MAYNARD, A Thurloë.

Je venais au palais Pour une chose urgente...

LE COLONEL JEPIfSON, A Thurloè.

Une importante affaire M'amenait...

sir' WILLIAM MIRRAY, A Tluirloé.

Ce placet (|u';i Mylord je défOre Dans sa future cour sollicite un emploi...

WALLER, A Thurloe.

Ne point importuner Son Altesse, est ma loi : Cependant...

Ils parlent avec une volubilité extrême et presque tous ensemble. Thurloe parait faire des efforts inutiles pour se faire entendre et se délivrer de leur importunllé.

CARR , d'une voix éclatante et les yeux fixés A la voûte. Voilà donc la nouvelle Sodome .'

Tous se retournant avec surprise, en attachant leurs regards sur Carr qui demeure immobile , les bras croisés sur sa poitrine.

SIR WILLIAM aCRRAT.

Mais quel est cet étrange animal ?

CARR , avec gravité.

C'est un homme.

Je conçois qu'il apporte un visage inconnu Dans cet antre, où Baal montre sa face à nu, Où l'on ne voit que loups, histrions, faux-prophètes, Ivrognes, éperviers, dragons à mille tètes, Serpents ailés, vautours, jureurs du nom de Dieu, Et basilics, portant pour queue un dard de feu !

wr ALLER, riant.

Si ce sont nos portraits, grand merci, Monsieur l'homme!

CARR , s'aniraant.

Convives de Satan ! la cendre est dans la pomme ; Mangez ! — Le peuple est mort, vampires d'Israël ;

Mangez sa chair, la chair des saints élus du ciel, La chair des forts , la chair des officiers de guerre, La chair des chevaux !...

WALLER , riant plus fort.

Bon ! le mets n'est pas vulgaire Ainsi nous avons tous cet honneur sans rival. D'être des basilics qui mangent du cheval ! Rire général p.irrai les courtisans.

CAKR, furieux.

Riez, bouches d'enfer !

WALLER, ironiquement.

J'aime la politesse.

TOtS.

Mettons-le hors !

M. WILLIAM LENTHALL.

Il s'approche de Carr, et cherche A le faire sortir.

Bonhomme , allons, si Son Altesse Entrait...

Ils veulent l'entraîner; Carr leur résiste. CARR.

Ce n'est pas moi qui sortirais, c'est vous.

WHITELOCKE.

C'est un saint.

WALLEH.

C'est un fou.

CARR

"N ous êtes ivres tous !

Ivres d'orgueil, d'erreur, de vin troublé de lie : Et c'est vous qui nommez ma sagesse folie !

LORD BROGHILL.

Mais Son Altesse , ami, va venir...

CARR

Je l'attend.

LORD BROGHILL.

Pourquoi, de grâce?

CARR

Il faut que ma bouche à l'instant Parle à cet Ichabod que vous nommez Altesse.

LORD BROGHILL.

Monsieur, confiez-moi ce qui vous intéresse. Je le dirai pour vous, et le crédit que j'ai... — Je suis lord Bioghill.

CARR, amt-rement.

Ah ! qu'Olivier est changé !

Un vieux républicain fait tache en son cortège ! Broghill,— un cavalier, — chez Cromwell me protège

THIRLOE, qui jusqu'alors a paru considérer Carr avec attentior A part.

Cet homme m'est connu !... Ce qu'il dit n'est pas clair Mais, quelque fou qu'il soit , le drôle ma bien l'air De manquer à Bedlam , moins qu'A la Tour de Londr( Allons chercher Mylord.

Il sort.

GROMWELL.

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