‹ uvres de Victor HugoChapitre 534 sur 599 · LE CHEF DES OUVRIERS · texte numérisé non relu

LE CHEF DES OUVRIERS

Il encourage du geste les manœuvres qui ajustent le dais.

L'ouvrage avance. Allons ! —Ce dais est assez ample.—

A un autre ouvrier qui se tient debout, une Bible à la main.

Frère , édifîez-nous ! lisez.

L'ODVRIER, lisant.

« Or, le saint Temple » Eut un lambris de cèdre , un plancher de sapin...-)

LE CHEF, aux ouvriers.

Frères , nourrissons-nous de ce céleste pain.

LE LECTEUR, continuant.

« Saloinon l'étaya , d'espaces en espaces ,

" De poteaux à cinq pans , de pieux à quatre faces ,

n Couvrit de lames d'or son ouvrage immortel ,

» Et plaça dans l'oracle , à côté de l'autel ,

» Deux chérubins debout, les ailes déployées. »

C:v orVRiER, jetant un coup-d'œil sur les préparatifs qui l'environnent.

Nos mains ont , celte nuit , été bien emjjloyées. Salomon, pour laisser des travaux plus complets , Mit sept ans îi son temple et quinze à son palais, [heure. Nous , pour tous ces apprêts, nous n'avons pris qu'une

LE CHEF

Bien dit , Enoch. —

Aux ouvriers qui disposent le dais.

Tenez, cette échelle est meilleure.—

A Enocb.

Peut-on se trop hâter...

Aux ouvriers qui attachent les rideaux du dais.

— Bon , à cette hauteur. —

A Enoch.

Quand on élève un trône à mylord Protecteur?

l?( SECO?ID OIVRIER.

C'est donc pour aujourd'hui , cette cérémonie?

l.E CUEF.

Oui. — Par bonheur l'estrade est à peu près finie.

A Enoch.

Ah ! nous n'avons jamais... —

Aux ouvriers qui clouent les planches Or çà ! VOUS , moins de bruit ! —

A Enoch.

Rien fait de si pressé , sinon celte autre nuit...

EPfOCH.

Quelle nuit ?

LE CHEF

Vous n'avez point gardé la mémoire , — Voilà huit ans passés , — d'une nuit froide et noire, De la nuit du vingt-neuf au trente de janvier ? Nous travaillions encor pour mylord Olivier.

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