‹ uvres de Victor HugoChapitre 551 sur 599 · LES QUATRE FOUS , MILTON · texte numérisé non relu

LES QUATRE FOUS , MILTON

MlLTO.'V, accompat;né de son guide.

Il «'avance lentement et se tourne longtemps vers le trùiic comme abattu par un sombre d<}$espoir.

Il le faut. — C'en est fait ! — Cuvons tout le calice ; Sans en perdre un tourment acceptons le supplice ; Voyons faire ce roi ! — Le théâtre est dressé. — Il sera donc , avant que ce jour ait passé , Descendu dans la tombe ou tombé sur un trône !

TRICK , bas â Gramadoch.

Le chantre de Satan tourne assez bien un prône.

MILTO:h, poursuivant

Âh! qu'il meure ou qu'il règne, oui, dans cejour de deuil, C'est là que de Cromwell va s'ouvrir le cercueil. Hélas ! à Cromwell roi , Cromwell héros s'immole. Et pour le diadème il quitte l'auréole. Des plus sublimes fronts ù rare abaissement ! Cromwell veut être prince ! — 11 donne avidement Sa gloire pour un rang et son nom pour un titre !

GRAHADOCU , bas ;\ Trick.

11 ne prêche point mal , pour n'avoir pas de mitre !

MILTO?i , continuant.

Qu'il m'est dur de haïr cet archange mortel Dont j'eusse écrit le nom aux pierres d'un autel ! Comme il nous a bercés d'une erreur décevante , L'homme en qui j'adorais la vérité vivante ! Ah! pour jamais ici je viens te dire adieu , Roi fatal , révolté contre le peuple et Dieu ! Prends donc la royauté de César et de Guise : La couronne se dore et le poignard s'aiguise.

Il se relire dans un coin du théâtre, au c«jté opposé à la loge des fous, et demeure immobile.

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