‹ uvres de Victor HugoChapitre 556 sur 599 · LES BOURGEOIS · texte numérisé non relu

LES BOURGEOIS

Nous , des femmes?

LE SOLDAT

Oui , des femmes !

Vous , plus qu'elles encor !

Montrant les femmes.

Ce sont de pauvres âmes ; Mais que dire de vous , qui ne les surpassez Qu'en airs de follt* joie et qu'en ris insensés ?

OVERTON, frappant sur l'épaule du soldat.

Bien ! — On vous a sans doute abreuvé d'injustices , Mon brave? — Comme nous , après de vieux services , On vous a réformé ? privé de votre emploi ?

LE SOLDAT

On fait bien plus encore ; on veut régner sur moi !

OVERTON , à la foule.

Il a raison , amis ! En effet , est-ce l'heure

De rire quand Dieu tonne et quand Israël pleure?

Quand un homme , opprimant ceux qui l'ont protégé ,

Vient imposer un trône au peuple surchargé ? "Quand tout aigrit les maux que TAnglelerre endure?

PREMIER EOCRGEOIS.

C'est bon. — Mais le soldat a la parole dure.

I,a foule grossit peu à peu. — Entre l'ouvrier Tîahum. OVERTO^.

Ah ! frères , pardonnez à ce noble martyr L'accent d'un cœur troublé par les pompes de Tyr ; laissez-le seul ici mêler sa plainte amère Aux cris de la patrie , hélas , de notre mère , Que déchire aujourd'hui l'enfantement d'un roi !

TROISIÈME DOVRfiEOIS.

Un roi! ce mot me blesse , et je ne sais pounjuoi.

DEUXIÈME BOI RGEOIS.

Tout ce que je pensais , ce monsieur me l'explique.

NAIUM.

Un roi , c'est un tyran.

DEUXIÈME BOtRGEOIS.

Vive la républi([ue !

OVERTON

Et quel roi? ce Cromwell ! un fourbe ! un oppresseur ! Qu'étail-il donc hier?

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