‹ uvres de Victor HugoChapitre 562 sur 599 · I.E(.II\MI'I · texte numérisé non relu

I.E(.II\MI'I

.l'attends !

LE VIErx SOLDAT, à part, remaniant le champion.

Faquin ! salellile arrogant !

SYIXDERCOMB, bas à Oveiton.

.le ne sais qui nie tient que je ne le châtia

Il fait un pas vers le gantelet. Overton l'arrête. OVERTOiS, bas A .Syndercoinl).

Soyons prudents !

GRAMADOCn , bas A ses camara<les en leur montrant le groupe des conjuras puritains.

Ces fous vont brouiller la partie.

S'ils relèvent ce gant , adieu le dénoûment. Il faut les eiupf'cber de tout jierdre.

TRICK

Comment ?

tirani.idocli hoche la tûte d'un air capable. LE r.HAMPI0>, toujours l'épéc haute.

Donc , nul ne répond ?

GRAMADOCH, sautant de sa loge dans la salle.

Si fait , moi !

Surprise dans la Toulc.

LE CIIAMPIOn, «itonnC.

Tu ramasses Ce gant ?

GRAHADOCH , relevant le gantelet.

Oui.

LE CHAHPIOn.

Qu'es-lu donc?

GRAHADOCH.

Un marchand de grimaces, Comme toi. Notre masque A tous deux est trompeur. Ma grimace fait rire et la tienne fait peur. Voilà tout.

LE CHAMPION

Tu m'as l'air d'un drôle.

GRAlIADOCn.

Et toi de même.

LE CnAMPIO?»' , aux hallebardiers.

C'est un fou.

GRASIADOCH.

Justement. — Par goût et par système.

Oui , je tiens à la cour en qualité de fou , Tu l'as dit,

VOIX DAAS LA FOULE

L'arlequin expose là son cou. — —C'est un bouffon de NoU.— La démarche est hardie ! — —Un vrai fou ! —

MIITON.

Ou'est-ce donc ipio celte parodie?

Longs C-Clats de rire dans la tribune des boulTons-. GRAMADOCn.

Allons î prenons du champ.

LE CHAMl'IOX.

Malheureux baladin !

Va-t-en , ou Je te fais fouetter.

GRAMADOCII.

Ouel fier dédain !

Mannequin comme moi . ta grimace est moins gaie; Je le répète, ami : Cromwell tous deux nous paie Pour faire un peu de bruit dans ce concert falot Oii ta voix est la cloche et ma voix le grelot.

LE CHAMPION

Maraud !

GRAHADOCH.

Sans déroger nous pouvons , il me semble , Pour nu contre Olivier nous mesurer ensemble : Je suis son porte-queue , et toi, son porte-voix.

LE CHAMPio:^ , avec colère.

Quelle arme choisis-tu?

GRAHADOCH.

Moi ?

Il dégaine sa latte.

Ce sabre de bois !

Il l'agite d'un air martial.

C'est bien l'arme (ju'il faut contre un guerrier de paille. En garde , capitan ! —

A la roule.

Ha ! bataille ! bataille !

Au Champion.

Voyons si nous ferons un pendant à Dunbar, Et si ta Durandal vaut mon Excalibar!

A la foule.

Vous, venez voir, —

Honlrant Hilton.

Soit dit sans fâcher cet aveugle,— Lutter Falstaff qui chante avec Stentor qui beugle. Venez voir un bouffon rosser un spadassin. OVERTOX , bas à Syndercomb.

Cette scène m'a l'air préparée à dessein.

GRAMADOCH, paradant devant le Champion.

Hé bien , mons champion ? qu'as-tu donc ? tu balances ? Toi, qui sans les compter voulais rompre des lances! Je ne veux que te mettre en poudre en deux assauts, Et tu pourras après ramasser tes morceaux.

LE CHAMPION, montrant Graraadoch.

Qu'on arrête ce fou.

Les gardes entourent et saisissent Graraadoch.

GRAHADOCH.

11 se débat en riant dans sa barbe.

Je suis dans mon droit, lâche ! —

H a peur! — Je !iii fais intenler, s'il me fâche, Une bonne action de quare inipedit !

Les bouffons de la tribune l'applaudissent avec des éclats de rire.

LE CHAMPIOIV, d'une voix solennelle.

Nul n'ayant contesté, peuple, ce que j'ai dit, — Qu'un aveugle et qu'un fou, — devant toute la terre, Je proclame Olivier Cromwell, Roi d'Angleterre !

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