‹ uvres des deux CorneilleChapitre 238 sur 433 · CI.ÉOPATRE · texte numérisé non relu

CI.ÉOPATRE

Vous pouvez dire encore, étant de même rang, Étant rois l'un et l'autre; et toutefois jo pense Que nos deux intérêts ont quelque différence.

PTOLÉMÉE

Oui, ma sœur, car l'état, dont mon cœur est contenu Sur quelques bords du Nil à grand' peine s'étend : Mais César, à vos lois soumettant son courage, Vous va faire régner sur le Gange et le Tage.

CXÉOPATRE.

J'ai de l'ambition; mais je la sais régler ;

Elle peut m'éblouir, et non pas m'aveugler,

Ne parlons point ici du Tage, ni du Gange ;

Je connois ma portée, et ne prends point le change

PTOLÉMÉE

L'occasion vous rit, et vous en userez.

CLÉOPATRE

Si je n'en use bien, vous m'en accuserez.

PTOLÉMÉE

l'en espère beaucoup, vu l'amour qui l'engage.

CLÉOPATRE

Vous la craignez peut-être encore davantage; Mais, quelque occasion qui me rie aujourd'hui. N'ayez aucune peur, je ne veux rien d'autrui; Je ne garde pour vous ni haine, ni colère; Et je suis bonne sœur, si vous n'êtes bon frère.

PTOLÉMÉE

Vous montrez cependant un peu bien du méprit.

Ai.il. il, .^Là.:»!:. IV, 547

CU-OPATRK.

Le temps de chaque chose (iriloune et fait le prii.

PTOLi >u':f..

Votre fa^n ri agir le fait assez coiiiioitre.

CIT-OPATUE.

Le grand César arrive, et vous avez un maître.

PTOLLMKE,

Q l'est de toul le monde, et je l'ai fait le mien.

CLi;OP.VTRE.

Allez lui rendre hommage, et j'attendrai li- sien. Allez; ce n'est pas trop pour lui que de vous-même ; le {garderai oour vous l'honneur du diadème. Photin vous vienl aider à le bien recevoir; Consultez avec lui quel est voire devoir.

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