‹ uvres des deux CorneilleChapitre 241 sur 433 · ACTE m. SCÈNE t · texte numérisé non relu

ACTE m. SCÈNE t

Rapptilcnl sa grande âme à peine sép.iié»':

* Kl son rourroui nioiiraiil fait un (U-rnii'i- ('(Tort

Pour ivpriM'lier aux dirux sa «li'faile et ^-a mort.

*r#sar, à cet asp«'«l comme tVap|)é du foudre,

El comme ne snchaul (jue croire ou «pie résoudre,

Imuiohilo, et les yeu\ sur l'objet attachés,

Nous lient assez long-temps ses sentiments cachés;

El je dirai, si j'ose en faire conjecture,

Que, par un mouvement commun à la nature,

Queiquf maligne joie en son cœur s'éle>oit,

Dont sa gloire indignée à peine le sauvoit.

I/aise de voir la terre à son pouvoir soumise

Chatouilloit malgré lui son âme avec surprise,

Kt de celte douceur son esprit eombatlu

Avec un peu d'effort rassureit sa vertu.

S'il aime sa grandeur, il bail la perfidie,

Il se juge en autrui, se tâte, s'étudie,

Examine en secret sa joie et ses douleurs,

* Les balance, choisit, laisse couler d< s pleurs; Et, fortjant sa vertu d'être encor la maîtresse. Se montre généreux par un trait de foiblesse :

* Elnsuite il fait ôtcr ce présent de ses yeux.

Lève les mams ensemble et les regards aux cieus,

Lâche deux ou trois mots contre cette insolence;

Puis tout triste et pensif il s'obstine au silence,

El même à ses Romains ne daigne repartir

<Jue dun r< gard farouche et d'un profond soupir.

Enfin ayant pris terre avec trente coiiortcs,

Il se saisit du port, il se saisit des portes.

Met des gardes |)artout et des ordres secrets,

Fait voir sa défiance ainsi que ses regrets,

Parle d'É^yple en maître, et de son adversaire.

Non plus comme ennemi, mais comme son beau-père.

Voilà ce (lue j'ai vu.

ciiARMioy. Voilà ce qu'atlendoit, Ce qu'au juste Osiris la reine demandoit. Je vais bien la ravir a%ec celle nouvelle. Vous, continuez-lui ce service fidèle.

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