‹ uvres des deux CorneilleChapitre 253 sur 433 · ACTE IV, >CENE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV, >CENE IV

Pivi)ds-y garde, César, ou (ou sauR ri'paudu Bii'ulol parmi le siou se voi ra coufoiidii. Mes esclaves en sout; apprends de leurs indices l-'.iiileur de l'alleulat, el l'ordre, et les coni|)lice« : Je to les abandonne.

CÉSAR

0 cœur >raimcnl romain, i.. >Iigne du héros qui vous donna la main! .^' s mânes, qui du ciel ont vu de quel courage J<' préparois la mienne à venger sou outrage, ML^llant leur haine bas, me sauvent aujourd'hui lu- la moitié qu'en terre il nous laisse de lui. t,'iioi que la perfidie ait osé sur sa trame *, 1! vil encore en vous, il agit dans voire âme; l'- la pousse, et l'oppose à cette uidignité, l')ur me vaincre par elle en générosité.

CORNI'XIE.

i II te flattes, César, de mettre en ta croyance • "le la haine ait fait place à la reconnoissance : le présume plus; le sang de mon époux lompu pour jamais tout commerce entre nous. j ittends la liberté qu'ici lu m'as offerte, A lin de l'employer tout entière à ta perte; 1^1 je te chercherai partout des ennemis. Si tu m'oses tenir ce que tu m'as promis. M.iis, avec cette soif que j'ai de la ruine, J*' me jette au-devant du coup qui t'assassine, Il forme des désirs avec trop de raison \'ii\ir en aimer l'cifet par une trahison : U''i la sait et la souffre a part à l'infamie. Si e veux ton trépas, c'est eu juste ennemie : Jli 11 époux a des (ils; il aura des neveux : (Ju.iod ils te combattront, c'est là que je le veux, 1.1 iju'une digne main par moi-même animée, |);iiis ton champ de bataille,. aux yeux de ton armée, T'i:iimole noblement et par un digue effort Aux mânes du héros dont tu venges la mort.

' Ob 'lllblea, la Iramt dt la tie. Cela est prit de la lablo alliignrique daf Paniart ; mail comme on ne dirait pas le ^l de Hnmpéi, oo De doit point dire •oa i>lM (• trame de Pcmpif , |h4:t fis'i *i«r sa vi«. (VolUire.J

Tous mes soins, tous mes vœux hàleiit ci'Ue vi^iigoance :

Ta perle la recule, et ton sîilut l'avance.

Quelque espoir qui d'nilleurs nie l'ose ou puisse offrir

Ma juste impatience auroil trop à souffrir :

La vengeance cloiffnée est à demi perJue;

Et, quand il faut l'attendre, elle est trop cher voiidti' .

Je n'irai point chercher sur les bords africains

Le foudre souhaité * que je vois en les mains;

La tête qu'il menace en doit être frappée :

J'ai pu donner la tienne au lieu d'elle à Pompée;

Ma haine avoit le choix; mais cette haine entia

Sépare son vainqueur d'avec son assassin,

Et ne croit avoir droit de punir ta victoire

Qu'après le châtiment d'une action si noire.

Rome le veut ainsi; son adorable front

Auroit de quoi rougir d'un trop honteux affront,

De voir en même jour, r près tant de conquêtes,

Sous un indigne fer ses deux plus nobles têtes.

Son grand cœur, qu'à tes lois en vain tu crois soumis,

En veut aux criminels plus qu'à ses ennemis.

Et tiendroit à malheur le bien de se voir libre,

Si l'attentat du Nil affranchissoit le Tibre.

Comme autre qu'un Romain n'a pu l'assujettir.

Autre aussi qu'un Romain ne l'en doit garantir.

Tu tomberois ici sans être sa victime ;

* Au lieu d'un châtiment ta mort seroit un crime*;

Et, sans que tes pareils en conçussent d'effroi,

L'exemple que tu dois périroit avec toi.

Venge-la de l'Egypte à son appui fatale,

Et je la vengerai, si je puis, de Pharsale.

Va, ne perds point de temps, il presse. Adieu : tu peui

Te vanter qu'une fois j'ai fait pour toi des vœux.

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