‹ uvres des deux CorneilleChapitre 260 sur 433 · ACTE V, S CF. m; III · texte numérisé non relu

ACTE V, S CF. m; III

CU;OPATBE.

Ah! ce n'est pas ses soins que je veux qu'on mt' die;

ic sais qu'il fll trancher et clore ce conduit

Pnr où ce [;rand secours devoil être introduit;

Ou'il manda tous les siens pour s'assurer la place

Où Photin a re^u le prix de son audace;

Quo d'un si prompt supplice Achillas étonné

S'est aisément saisi du port abandonné;

Que le roi l'a suivi; qu'Antoine a mis à terre

Ce qui dans ses vaisseaux resloit de gens de guerre;

Que César l'a rejoint; et je ne doute pas

Qu'il n'ait su vaincre encore et punir Achillas.

ACnORÉE.

Oui madame, on a vu son bonheur ordinaire...

CLÉOPATRi:.

Ditfs-moi seulement s'il a sauvé mon frère, S'il m'a tenu promesse.

ACHORÉE

Oui, de tout son pouvoir.

cLÉoPATr.r.

C'est là l'unique point que je voulois savoir. Madame, vous voyez, les dieux m'ont écoutée.

CORNÉLIK.

lis n'ont que différé la peine mérilcc.

CLrOPATRE,

Vous la vouliez sur l'heure, ils len ont garanti.

ACIIOIIÉK.

il faudroil qu'à nos vœux il eût mieux consenti.

CLÉOPATRE

Que disiez-vous naguère? et que viens-je d'entendre? Accordei ces discours que j'ai peine à comprendre.

AcnoKÉi:.

Si vo» vœux ni vos soins n'ont pu le secourir; M;i!;;ré César et nous il a voulu périr : Ma- il est morl, madame, avec toutes les marques Doul éclatent les morts des plus dignes monarques* Sa \' rtu rappelée a soutenu son rang, £t SI perte aux Romains a coûté bien du sang, il <ombatloit Aaloioe avec tant de courage,

'Vit. Qu* puiueol lalM*r d'eni le* plui digiei BoBar^o**.

Qu'il emporfoit déjà sur lui quelque avaulage î

Mais l'abord de César a chaujifé le deslin ;

Aussitôt Achillas suit le sort de Photiu :

Il meurt, mais d'uue mort trop belle pour un traître.

Les armes à la main, en défendant son niaître :

Le vainqueur crie en vain qu'on épaigiic le roi;

Ces mots au lieu d'espoir lui donnent do l'elfroi;

Son esprit alarmé les croit un arliOce

Pour réserver sa tète aux hontes d'un supplice *.

Il pousse dans nos rangs, il les perce, et fait voir

Ce que peut la vertu qu'arme le désespoir;

Et son cœur, emporté par l'erreur qui l'abuse,

Cherche partout la mort, que chacun lui refuse.

Enfln perdant haleine après ces grands efforts,

Près d'être environné, ses meilleurs soldats morts,

11 voit quelques fuyards sauter dcfns une barque ;

II s'y jette ; et les siens, qui suivent leur monarque,

D'un si grand nombre en foule accablent ce vaisseau.

Que la mer l'engloutit avec tout son fardeau.

C'est ainsi que sa mort lui rend toute sa gloire,

A vous toute l'Egypte, à César la victoire.

II vous proclame reine; et, bien qu'aucun Romain

Du sang que vous pleurez n'ait vu rougir sa main, *

Il nous fait voir à tous un déplaisir extrême;

Il soupire, il gémit. Mais le voici lui-même,

Qui pourra mieux que moi vous montrer la douleur

Que lui donne du roi l'invincible malheur.

SCÉiNE IV. - CÉSAR, CORNÉLIE, CLÉOPATRE, ANTOINE, LÉPIDE, ACHORÉE, CHARMION, PHILIPPE.

CORNÉLIE

C<tisar, fiens-moi parole, et me rends mes galères. Achillas et Photin ont reçu leurs salaires : Leur roi n'a pu jouir de ton cœur adouci ; Et Pompée est vengé ce qu'il peut l'être ici. Je n'y saurois plus voir qu'un funeste rivage Qui de leur attentat m'offre l'horrible image. Ta nouvelle victoire, et le bruit éclatant

Tai, a l'alTroDt d'UD supplice

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