‹ uvres des deux CorneilleChapitre 277 sur 433 · SCÈNE V. - DORANTE. ALCIPPE», PHILISTE, CLITOJI · texte numérisé non relu

SCÈNE V. - DORANTE. ALCIPPE», PHILISTE, CLITOJI

PIIILISTE, à Aldppe.

V^Doi, sur reao, la musique et la collation?

ALCIPPE, i Pbiliitt.

Oui, la collation avecque la musique.

PUILiSTi:, à Alappe.

Hier ta soir?

ALCIPim:, k PhilUte.

Hier au soir.

PaiLISTE, à Alcipp«.

El belle?

ALCIPPK, i Piaiitta.

MajjuiBqm.

PHILISTK, à Alcippe.

Et par qui?

ALCIPPt:, à Pliiliit«.

Cest de quoi je suis mal éclairci.

DORANTE, let laluaot.

Que mon bonheur est (;raiid do vous revoir ici !

On oc connilt pat l'aclf ur qui joua dans la noureaulé le r61e J' Alcippe ; oa ma Makmrot qu'il fil <le fnodi cITorU pour briller; il iljit aDimc (l'uD<- motm\t jalootie coDlrr l'acUiir '{ui jiniail le rùlo <lp Dorante, et '|ne le cardinal de

Uebelieu avail grauDe d'uu habil in3t;tiirii|ue L'acloiir lialllle j>ar le, curMiual,

•I qal eut UD gnod tuccrt dau» le nde île D^raule, i un le rameux ViUtruu, tion e^f de la troupe de l'IiAtel de Iluni^'n^-re, et le (iremier ai.lcur du NiecU 4ui U trafique comm^aai le cnuiique. Il t'ippelail fur't Masiêr,

IQeoBnj.)

AI.CIPPF..

\a' mien est sans pareil, puisque je vous oinbrnsse

D0RANTI5.

J'ai rompu vos discours d'assez mauvaise grâce; Vous le pardoimerez à l'aise de vous voir.

PHII.ISTE.

Avec nous, de tout temps, vous avez tout pouvoir

DORANTE

Mais de quoi parliez-vous ?

ALCIPPE

D'une galanterie.

DORANTE

D'amour?

ALCIPPE

Je le présume.

DORANTE

Achevez, je vous prie.

Et souffrez qu'à ce mot ma curiosité Vous demande sa part de cette nouveauté.

ALCIPPE

On dit qu'on a donné musique à quelque dame.

DORANTE

Sur l'eau ■*

ALCIP9E.

Sur l'eau.

DORANTE

Souvent l'onde irrite la flamme,

PHILISTE

Quelquefois.

Et ce fut hier au soir"*

ALCIPPE

Hier au soir.

DORANTE

Dans l'ombre de la nuit le feu se fait mieux voir Le temps éloit bien pris. Cette dame, elle est belleT

AI.CIPPE

Aux yeux de bien du monde elle passe pour telle.

DORAKTE.

Et la musique? *

ACTF I, SCÈNE V.

Ai.r.ippE.

^89C7. poiii n\'ii rien dédaigner.

D()RA>TF..

Oodqnc collation a pu rari-(iiiipn(;iier?

AI.CIPPE

Od le dit.

DORANTE

Fort superbe?

ALr.IPPE.

Kl fort bien ordonnée.

n0RA>TE.

Et vous oc savez point celui qui l'a donnée?

ALCIPPE

Vous en riez!

DORANTE

Je ris de vous voir élonné D'un divertissement que je me suis donné.

ALaPPE.

VooB?

DORAMTE.

Moi-niéiiie.

ALCirPE.

Et déjà vous avez fait maltresM?

DORANTE

Si je n'en avois fait, j'aurois bien pou d'adresse, Moi, qui depuis un mois suis ici de retour. Il est vrai que je sors fort peu souvent de jour; De nuit, incognilo, je rends quelques visites. Ainsi....

CUTON, i Doraate, à l'oreiUe.

Vous ne savez, monsieur, ce que vous dites.

DORANTE

Tai»-toi ; si jamais plus tu me viens avertir....

Cl.lTON.

J'enrage de me taire et d'entendre mentir

PIIII.ISTE, à Alclppe, Inat baj.

Voyez qu'heureusement dedans cette rencontre Votre rival lui-même à vous-même se montre. DOBANTi:, raveniDt à eus.

Comme h mes chers amis je vous veui tout conter, l'avois pris cinq baleaui pour mieux toit ajuster;

m LE MENTEUR.

Les quatre conlenoient quatre chœurs de musique,

Capables de charmer le phis mélancollquo.

Au premier, violons; en l'aulre, lulhs et \(n\;

Des llûlos, au troisièmo; au dernier, des hautbois,

Qui tour à tour dans l'air poussoient des harmonie»

Dont on pnuvoit nommer les douceurs infinies.

Le cinqnii'me étoit grand, tapissé tout exprès

De rameaux enlacés pour conserver le frais,

Dont chaque extrémité portoil un doux mélange

De bouquets de jasmin, de grenade, et d'orange.

Je fis de ce biitcau la salle du festin :

Là je menai l'objet qui fait seul mon destin;

De cinq autres beautés la sienne fut suivie,

Et la collation fut aussitôt servie.

Je ne vous dirai point les différents apprêts,

Le nom de chaque plat, le rang de chaque mets;

Vous saurez seulement qu'en ce lieu de délices

On Si rvil douze plats, et qu'on fit six services,

Cependant que les eaux, les rochers, et les airs,

Répoiidoiont aux accents de nos quatre concerts.

Après qu'on eut mangé, mille et mille fusées,

S'élançant vers les cicux, ou droites, ou croisées,

Firent un nouveau jour, d'où tant de serpenteaux

D'un déluge de flamme attaquèrent les eaux,

Qu'on crut que, pour leur faire une plus rude guerra>

Tout l'élément du feu lomboit du ciel en terre.

après ce passe- temps on dansa jusqu'au jour,

Dont le soleil jaloux avança le retour :

S'il eût pris notre avis, sa lumière importune

N'eut pas troublé sitôt ma petite fortune*;

Mai?, n'étant pas d'humeur à suivre nos désirS)

11 sépara ta troupe, et finit nos plaisirs.

ALCIPPE

Certes, vous avez grâce à couler ces merveilles; Paris, tout grand qu'il est, en voit peu de pareilles.

DORANTE

J'avois été surpris; et l'objet de mes vœux

Ne m'avoit, tout au plus, donné qu'une heure ou deux

i Tut, S'il eût pris notre avis, ou s'il e&X craint ma haiae, Il eût aataot tardé qu'à la couche d'Âicmôae

ACTi: I, SCf.NK VI. 405

PniUSTE.

Cependant l'ordre est rare, v[ la dépense bellew

IlOnANTE.

n s'esl fallu passer à fcllc l)ni^;nU'Ile :

Alors que le temps presse, on n'a pas à cîioisiç

ALCIPPE

Adieu : nous nous verrons a\ec plus de loisir.

DOUANTE.

Faites éta\ de moi.

ALCIPPE. i Pbiliste, es l'ea allaaU

Je meurs de jalousie!

PUIUSTE, i Aicipp«.

Sans raison toutefois >olre âme en est saisie; Les signes du festin ne s'accordent pas bien.

ALCIPPE, à PhilisU!.

I« lieu t'accorde, et l'heure : el le reste n'est riea. SCÈNE VI. - DORANTE, CUT05.

CUTOiN.

Uoosieur, puis-je à présent parler sans vous déplairel

DOKAME.

Je remets à ton choix de parler ou te taire;

Mais quand tu vois quelqu'un, ne fais plus l'insolent

Votre ordinaire est-il de rêver en pariant?

DORAME.

Où me vois-tu rêver?

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