‹ uvres des deux CorneilleChapitre 28 sur 433 · SCÈNE I. — D. ARIAS, LE COMTE · texte numérisé non relu

SCÈNE I. — D. ARIAS, LE COMTE

LE COMTE

Je l'avoue eutre nous, quand je lui fis l'affront*, J'eus le sang un peu chaud, et le bras un peu prompt: Mais, puisque c'en est fait, le coup est sans remède

D. ÂRIÂS. -

Qu'aux volontés du roi ce grand courage cède ; 11 y prend grande part; et son cœur irrité Agira contre vous de pleine autorité.

Aussi vous n'avez point de valable défense. Le rang de l'offensé, la grandeur de l'ofïense, Demandent des devoirs et des soumissions Qui passent le commun des satisfactions.

LE COMTE

Le roi peut, à son gré, disposer de ma vie.

D. ARIAS

De trop d'emportement votre faute est suivie. Le roi vous aime encore; apaisez son courroux ; Il a dit. Je le veux ; désobéirez-vous ?

' f AR. Je l'avoue entre nous, mon sang un peu trop chaad S'«»4 '.rof ém'i d'un mot, «t l'a porte trop haut.

ACTK II, SCKNE I. 31

LE COMIE.

Monsieui, pour rnnsorvor ma ploirp et mou estime*. Désobéir un \h'u iii'sl pas un si grand crime; El, quelque graml qu'il fût, mes services présent* Pour le faire abêtir sont pluâ que suffisants'^.

D. ARIAS

Quoi qu'on fasst» d'illustre et de considérable, Jamais à sou snjrl un roi n'est redevable. Vous vous llalliz beaucoup, et vous devez savoir Que qui sert bien son roi ne fait que son devoir. Vous vous perdrez, monsieur, sui- celle conûauoe.

LE COMTE

le ne vous en croirai qu'après l'expérience.

D. ARIAS

Vous devez redouter la puissance d'un roi.

LE COMTE

Un jour seul ne perd pas un homme tel que moi. Que toute sa grandeur s'arme pour mon supplice. Fout l'état périra, s'il faut que je périsse.

D. ARIAS

Quoi ! vous craignez si peu le pouvoir souverain...

LE COMTE

D'uD sceptre qui sans moi tomberoit de sa main. U a trop d'intérêt lui-même en ma personne, Et ma tête en tombant feroil choir sa couronne.

D IRIAS.

SoulTrez que la raison remette vos esprits. Prenez un bon conseil.

LE COMTE

Le conseil en est prii.

O. AKU8.

Que lui dirai-je enfin? je lui dois rendre compte.

■ Tak. MoDii ur, pour cootenrer tuut ce ()oe j'ai d'ettio*. ' C'est ia qu'il y avail :

Let M'.sl.i' uuui D'apaiteot poiot une ime; ij it I ;'. Il a lnrt,<|ui li-n fail se dilTanie; Cl !<' |..ii 'jU accDriU l'eiTel le plus commao. Kit de (Inbooorer dinix bommet au lieu d'un.

ùt* yen parurent Irop dangereux daot UL temp* où l'on puoUsail le* ta fa'oD Bc pouvait arrêter, et Corocille lei kupprlou (Voltaire.)

LE COMTE

Que je ne puis du toul consentir à ma honte.

D. ARIAS

Mais songez que les rois veulent être absolus.

LE COMTE

Le sort en est jeté, monsieur; n'en parlons plue,

D. ARIAS

Adieu donc, puisqu'sn vain je tâche à vous résoudre. 'Çout couvert de lauriers *, craignez encor la foudre.

LE COMTE

Je l'attendrai saa^ peur.

D. ARIAS

Mais non pas sans effet.

LE COMTE

Nous verrons donc par là don Diègue satisfait.

(D. Arias rentre.)

Qui ne craint point la mort ne craint point les menacet^ J'ai le oœur au-dessus des plus fières disgrâces; Et l'on peut me réduire à vivre sans bonheur, Mais non pas me résoudre à vivre sans honneur.

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