‹ uvres des deux CorneilleChapitre 358 sur 433 · SCÈNE IV. — PHILISTE, DORANTE, CLITON · texte numérisé non relu

SCÈNE IV. — PHILISTE, DORANTE, CLITON

PHILISTE

Ami, notre l»nheur passe notre espérance.

Vous avez ctmpagnie ? Ah I voyons, s'il vous platt.

DORANTE

Laissez-les s échapper, je vous dirai qui c'est. Ce n'est qu'une lingère : allant en Italie, le la vis en passant, et la trouvai jolie ; Nous fimes connoissance; et me sachant ici. Gomme vous le voyez, elle en a pris souci.

' Cette scène r4i Mëtisse Toilée rient voir si on lui rendra son portrait, devait Itre d'autant plus agréable, que les femmes alors étaient en usage de porter n Basque de velours, on d'abaisser leurs coiiïes quand elles sortaient à ple4 l Mtte tn«de venait d'Espagne, ainsi que la plupart d« nos comédies.

(Voltaire.]

AGI i: III, se km: iv. .•■,17

l'IIlLISTE.

?ou> IrouTex en tous lieux dasscz bonnes (orlunes.

Celle-ci pour le moins n'est pas des plus coinaïune^

PUILISTE

Dio vous semble belle, à ce compte?

DORANTE

A ravir.

PniusTi:.

Je D'en sais point jaloux.

DORAHTE.

M'y \oulez-vous senir?

PDIUSTE.

Je suis trop maladroit pour un si noble rôle.

DORANTE

Voas n'avez seulemeat qu'à dire une parole.

PDIUSTE.

Qu'une?

DORANTE

Non. Cette nuit j'ai promis de la voir, Sûr que vous obtiendrez mon coiifjé pour c»' soif. Le eoDcierge est à vous.

PHIUSTE.

C'est une aflaire fait?.

DORANTE

Qdcî I TOQS me refusex un mot que je souhaite?

PIIILISTE.

L'ordre, tout au contraire, en est déjà donné; Et \olre esprit trop prompt n'a pas bien deviné.

Comme je vous quitlois avec peine à vous croit*, Quatre de mes amis m'ont conté voire liistoirc : Os marcboieat après vous deui ou trois mille pu; Oa vous ont vu eourir, tomber le mort à bas, L'autre toos démonter, et fuir en dili(;rnce : Ds ont TU tout cela de sur une émiuence, Et n'ont connu personne, étant trop éloignés. Voilà, quoi qu'il en soil, tous nos procès (gagnés, El plutôt de beaucoup que je n'osois prétendre. Je a'ai point perdu temps, et les ai fait entendre; Si bitn que, sans chercher d'autre éclaircissemeot, Vos juges m'ont promis votre élargissement.

Mais, (|iioiqu'il soit constant qu'on vous prend pour on autre.

Il Tandia caiilion, et je serai la vôtre :

Ce- sont fonnalilés que pour vous dcgaiîor

Los juges, disent-ils, sont tenus d'exi{^er ,

Mais sans doute ils en font ainsi que hou leur semble.

Tandis, ce soir dicz moi nous soupcrons ensemble :

Dans un moment ou deux vous y pourrez venir j

Nous aurons tout loisir de nous entretenir; *

El vous prendrez le temps de voir votre lingère.

Us m'ont dit loutefois qu'il seroil nécessaire

De coucher pour la forme une nuit en prison,

Et m'en ont sur le champ rendu quelque raison;

Mais c'est si peu mon jeu que de telles nïiitières,

Que j'en perds aussitôt les plus belles lumières.

Vous sortirez deuiain, il n'est rien de plus vrai ;

C'est tout ce que j'en aime, et tout ce que j'en mi

DORANTE

Que ne vous dois-je point pour de si bons ofQcesl

PHILISTE

Ami, ce ne sont là que de petits services; Je voudrois pouvoir mieux, tout me seroil fort doux. Je vais chercher du monde à souper avec vous. Adieu : je vous attends au plus tard dans une heure.

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